V. LES CHOIX OU X DB FER
EnHii nous empnitons aux monuments de l'Inde le tracé d'un sujet ou plutôt d'un objet de culte, dont la silhouette générale lient à la fois du nailjra et du fei-lai tslcn (lig. 308), et dont la signification symbolique est du même ordre que ces derniers. C'est la partie importante d'une scène intitulée KiiAgns adorant le trixul. n Ce trisiil, placé sur uq pilier et entouré de flammes, est le monogramme de Bouddha, comme l'arhre est l'emblème de Sanghn et la roite celui de Dharma. (1), Le lecteur notera aisément les analogies possibles entre nos X /■„,. 208, de fer et ce Irisul (Cf. supi-A p. 10 fig. 7.)
Ces croyances superstitieuses des bon/ea^ des brahmes, du peuple et de ses mandarins de tout rang, rendent moins improbable l'hypothèse émise ici : le fei-la.i Uian tombé du ciel ne serait qu'un foudre comme celui du Jupiter tonnant; c'est une sorte de tchakra, de trisul, de vadjra^ symboles indous modifiés au cours des âges, chinoises par le bouddhisme, transportés des bords du Gange ou de l'Indus sur ceux du Yaug-tue hiang, amalgame, alliage ou macédoine de croix, de roue, de swasliha, et de foudre en fer.
Notre interprétation dans un sens superstitieux et cabalistique de talisman et d'amulette symbolique, trouve un argument de vraisemblance en ce fuit, signalé précédemment, que les trois fei'iai tsien sont encore, ou étaient, dans l'enceinte de honzerics, au pied de tours bouddhiques, annexes de pagodes, existantes ou ruinées. (2).
A tout prendre pourtant, hypothèse pour hy^iothèse, le mot de la (in n'est pas dit :' la lice reste ouverte. Des trouvailles subséquentes, des arguments décisifs, prouveront à coup sûr le mal fondé de la majeure partie do nos suppositions, dont plusieurs, bientôt peut-être, sembleront à peine plausibles, puériles, l'idicules même. Mais c'est le sort ingrat des pionniers d'avant-garde, datis une voie peu frayée jusque là : la poursuite désintéressée
(1) Dtscrlpliv» of Ikt .
Soc. Vol. III. l'art I. ncw s.
{2) On objectem que i deux mils tranavcnnux en s.
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En termimuit l'iiniireiaion de ce iniïnil. je regrette d'avoir à dieliiter que j'ui ci irop tiir.1. iiotir en fmliter. \fK Chiuttiteh! fUuilicn voii Friedrich Rirth. (Lei|.iig, 1: Qaelqaei une» des iluiuo \'«-é-:', forni.mt iih clini.itre intitulé Uber -len Màandcr uni. Ti-iqtKtram in ilcr ChiHCëiiclitn und JapanàiAcn Oinamcntik, ont tr.-iit ù plmieura motifi chinoii dont j'û eu à parler.
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du vrai, sinon sa conquête, est le souci obligé du chercheur, dût-il se meurtrir aux aspérités de la route, et y laisser en lambeaux sa gloriole de critique.
Pour le cas présent, notre plus sensible regret est d'avoir eu à combatre, dans cette dernière partie, d'aussi nobles contradicteurs, présents et passés, en travaillant à déconsidérer une thèse, pleine d'honneur, à première vue, pour notre foi chrétienne. Le respect impérieux de la vérité nous y contraignait. C'est notre excuse dans une tâche où nous avons essayé de mettre autant de réserve que de conscience.
En ce domaine du folklore ethnographique, dans le vaste champ d'observation que revendique la hautaine Science des Reli^ gions pour ses études comparatives, ses synthèses analytiques et ses enquêtes, quoi de plus ardu que de démêler l'influence, la valeur et le nombre des dogmes originels, des traditions primitives, des vérités altérées, des faits historiques, insensiblement travestis en mythes légendaires par la pitoyable infirmité des cœurs et des cerveaux humains ? Toutefois, malgré les ténèbres où s'enveloppent les premières migrations, l'incertitude de l'antique chronologie, les mensonges de l'histoire ignorante ou faussée à plaisir, les lacunes des chroniques, les incohérences doctrinales des sectes, les insaisissables divagations des Sages et l'illogisme naturel aux races asiatiques, en dépit de ces résistances et de ces obstacles, grossières ou policées, les vieilles et les modernes religions de la Chine devront un jour livrer aussi leurs secrets, et rendre hommage à Celui qui les a vaincues par la Croix.
Fig. 209.