‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 32 sur 231 · HAI-MEN ET TSONG-MINC · texte numérisé non relu

HAI-MEN ET TSONG-MINC

D'après les Chroniques de

MILIEU DU XVIir SIÈCLE

sang et de T'ong-tcheou

XT. LB NOUVEAU HAI-ICBN. 37

kilom. carrés, dépassent notablement les limites de l'ancien continent (1).

C'est encore aujourd'hui sur la pointe Est du promontoire Haiménois que le travail des atterrissements du Kiang se montre le plus actif: on pourra s'en rendre compte en comparant dans une nouvelle carte que nous offrirons bientôt au lecteur, l'état actuel des côtes, avec la carte de LUfong^pao, dressée il y a 25 ans.

Ces rapides accroissements étaient providentiels et permirent à la population trop dense de Tsong-ming, d'aller chercher ailleurs des moyens d^ existence, que l'ile devenue trop étroite commençait à lui refuser. Déjà on avait vu au 14* siècle (1379) cinq cents familles se transporter sur la rive droite du Fleuve, à 50 kilomètres de l'île, sur les terres de Koen-chan hien (^ |lj), qu'elles couvrirent de leurs cultures et de leurs descendants (2)< Mais cette émigration partielle, ainsi que d'autres qui la suivirent, n'épuisaient pas assez rapidement le trop-plein de la population Tsongminoise, lorsque le bruit se répandit dans l'île d*une nouvelle terre promise et porta vers les îles de la rive gauche le flot pressé des émigrants.

C'est qu'en effet, après bien des péripéties, le chiffre de la population que nous avons vu, à la fin du 13" siècle, d'environ 12.700 familles, s'élevait au commencement du 18* à celui de 89.000 familles (2), et il fallait trouver de nouvelles terres pour occuper ces bras et nourrir ces bouches qui se multipliaient chaque jour. C'est sans doute à ce besoin de vivre, c'est à son nombre aussi, à son labeur persévérant que la race de Tsong* ming dut la pacifique victoire qu'elle remporta sur les aborigènes de la rive septentrionale. Tandis que ces derniers, dominés par cette exubérance de vie, restaient confinés dans les limites du territoire respecté jusque là par les eaux, et conservaient le nom de Kiang" pé-jen (2t4fc A)î hommes du Nord du Fleuve, les insulaires venaient dresser leurs huttes de roseaux sur les sables à peine nés d'hier, et recevaient de leurs voisins dédaigneux et jaloux,

(1) Une triangulation approximative de cette contrée donne pour la Section de Hointen 1130 kilom. et pour la partie S.-E., rattachée à la sous-préfecture de Tsong-ming^ 670 kilomètres carrés. Ce dernier chiffre, ajouté à celui de 780 kilom., surface de Tile, donne une surface totale de 1350 kilom. pour l'arrondissement de Taong-ftiing. C'est cent kilom. de plus que n'indiquait l'édition de 1881, citée plus haut. Mais cette augmentation, qui représente les atterrissements de ces dix dernières années, est normale et répond assez exactement aux 1800 kilom. formés en l'espace de deux siècles.

Le nouveau Hai-men ne possède pas de ville murée. Le mandarin qui gouverne cette section habite le bourg de Mao-kia-tchen \^ Jfi ^} •

(2) Ohron. de Tsong^ning. Edit. de 1881. 4* vol. Chap. des MiJBura (A fttr (8) Ibid. Chap. de la Population.

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répithète, qui leur est restëe, de Cha^ti jen {fp ff^ A)) Hommes des sables.

Un long canal parcourt la presqu^le de TEst à TOuest, appelé Hai^kiai (^ |{L)i Limite de la mer, en souvenir de la configuration des anciennes rives. Il trace la ligne de démarcation entre la préfecture de T'ong-to/ieou et la section de Hat-men. Au Sud de ce canal la population est d'origine exclusivement Tsongminoise.

Une seconde eône, allant vers TEst jusqu'au Mont-Loup, et bornée au Nord par le Canal des Salines, est habitée simultanément par les deux races, membres toutes deux de la grande famille chinoise. Mais chacune d'elles a gardé son langage, son costume^ ses mœurs différentes. Chacune d'elles surveille sa rivale, comme feraient deux sœurs ennemies. Entre elles, point d'alliances de familles, point d'intérêts communs (1). L'homme du Nord jette le nom de Afan-jen (^ A)» Barbare, à V Homme des sables dont il méprise la grossière simplicité, et ce dernier prodigue la même épithète à son frère du Kiang^pé, dont il déteste Torgueil et la brutalité (2).

(1) Le lait de cette mutuelle antipathie, qui pourra sembler étrange à des lecteurs •uropéani, n'est pourtant pas rare en Chine. Cest ainsi que dans la partie Sud de la pro^duoe du Ngan-hoei^ que repeuplèrent, après la terrible oocupation des rehelUs A la longue ûhevBlwTê (Vohang-mao ^ ^)i de nombreuses colonies descendues delà provincu âa Mou-pi^ une haine sourde a toujours régné entre les immi|,nrant8 et les rares survivants de la race indigène. Ce fait se remarque surtout dans les préfectnxes de Ning-kouo fou (^ H) et de Koangté tcheon (J| ^)-

Noos reproduisons à titre de curiosité le croquis de l'Embouchure du Kiang suivant plusieurs cartographes modernes. Sur la carte que nous proposons à la place de ces configurations fautives, des croix figurent remplacement de plusieurs chrétientés constituées durant ce dernier quart de siècle. Le lecteur verra que nos pauvres chapelles ont subi le sort commun de la cdte. Il constatera, par exemple, que telle église, construite il y % peu d'années à l'intérieur des terres, se trouve maintenant sur le bord de l'abtme, ou mftme a déjà disparu; d'autres au contraire, élevées jadis sur la rive du Fleuve, s'en trouvent aujourd'hui fort éloignées. N. D. Auxiliatrice et S. Barthélémy nous fournissent des exemples du premier phénomène; S. Kaphaël et le S. Nom de Marie nous donnent un exemple du second. Il y a 20 ans, cette dernière localité était un port considérable, ouvert sur un profond canal où pénétraient les vapeurs européens. Aujourd'hui c'est une plaino basse, tour à tour marécage ou sablonnière, dont les canaux obstrués ne peuvent plus verser à la mer les eaux qu'ils reçoivent du ciel.

Nous avons indiqué sur la m^me carte l'ancienne tle de Pan-hai-cha (ou Pai-hai-aouo^ T^ w Cr ' -^^ au milieu de la nter)^ qui occupait alors le milieu d'un bras de mer, complètement obstrué de nos jours. Voici ce que le P. Pfister, auteur du Kiang-nan en 1869, écrivait il y a 20 ans de ce banc de sable : "Sous peu, la grande tle de Pai-liai-so, formée "elle-même de cent tlots, sera unie au continent ; aujourd'hui on y passe à gué à marée "basse." Ne faudrait-il pas voir dans oette indication et dans ce membre de phrase copié par M. Reolos qui l'applique à Hi-tai-chaf la cause de la grave erreur que nous reprochons ^ sa carte ?

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