‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 41 sur 231 · I. Blook'house · texte numérisé non relu

I. Blook'house

50 l'ÎLB DJS T80N0-1CING.

Je ne parlerai que des résultats de ces dernières années qui vont toujours croissant, et encore devrai-je me borner à exposer les résultats du centre principal, appelé le Grand Kong-souo (^ J^, Grande Eglise). Placé au centre de l'île à 35 kilom. Est de la sous-préfecture, cet orphelinat chrétien est dirigé par des vierges indigènes et soumis au contrôle du missionnaire.

Pénétrez dans cette enceinte, qui voit chaque jour arriver 4 ou 5 de ces déshérités, entrez avec eux dans ces vastes dortoirs où les vierges chrétiennes veillent comme des mères attentives, sur les berceaux des nouveau-nés. Feuilletez ces registres, toujours entr'ouverts sur la table, et lisez ces chifTres véridiques: en 1884, 1264 enfants apportés au Grand Kong-souo; en 1885, 1204; en 1886, 1423; en 1887, 1432; en 1888, 1438; en 1889, 1475!...

Approchez-vous des petits lits; la plupart de ces êtres chétifs portent en eux les germes de la mort, lorsqu'ils nous sont remis, et les soins dévoués qu'on leur prodigue ne peuvent en sauver qu'un nombre très restreint. Derrière l'orphelinat se trouve le champ mortuaire ; un tertre surmonté d'une croix en fer indique le lieu où reposent deux anciens missionnaires. De chaque côté, de beaux ombrages, et au milieu, la terre sainte ou le charnier des innocents. La poussière de 18.000 enfants repose dans ce champ des morts (1).

avant le règne de K^ang-hi. C'est manifestement à l'influence des missionnaires que Ton doit l'institution de cette bonne œuvre, et les géographes de l'empereur, les Pères de Mailla, Henderer et Régis qui exécutèrent leurs travaux sur le territoire du Kiang-soUy en Tannée 1713 ou 1714, ont dû avoir la meilleure part dans l'érection de l'orphelinat de Taong-ming^ qui était fondé précisément à la môme époque.

(1) M. Reclus qui n'omet jamais l'occasion de glisser une insinuation malveillante contre les catholiques, ne pouvant nier contre toute évidence la plaie de l'infanticide et l'utilité des orphelinats, se dédommage en disant qu'en Chine «la plupart des conv. :-' Ions CSC font dans les classes que leur pauvreté dispense de la célébration des rites funéraires \ «qu'en outre, les enfants recueillis par les prêtres en temps de guerre ou de famine, ou bien «achetés à des parents misérables, sont élevés dans la pratique du culte catholique; c'est «ainsi que se recrutent les «Chrétientés» de Chine.»

n est faux que les païens m^me pauvres se croient dispensés de la célébration des cérémonies funéraires; il n'est que trop fréquent, môme à Tsong-ming, ainsi que le déplo" rent les OhroniqueSf de les voir à cette occasion, contracter de folles dettes que leur vie ne suffira point à payer. 11 est également faux que les «chrétientés» de Chine ne comptent point un bon nombre d'«adhérents» parmi la classe aisée. 11 est faux enfin que les enfants dont parle M. Reclus, composent une partie notable de la population chrétienne. A Ttong-mingt où il semble que la proportion devrait ôtre plus considérable que partout ailleurs, les pupilles de la S^ Enfance, âgés de 2 à 40 ans, forment moins du dixième des

chrétiens. «

Hotons en terminant que les «parents misérables» qui nous abandonnent leurs enfants, à Taong-mvngt ne les vendent pas, et que l'on se contente de donner au porteur, pour prix de sa course, la modeste somme de cent sapèques ; environ 40 centimes.

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