PRÉFECTURE DE HOEI-TCHEOU-FOU
La province du Kinng-si au Sud et au Sud-Ouest, celle du Position Tché'kiavg à l'Est, la préfecture de Ning-kouo-foic au Nord-Est, Q^oçr^celle de Tch^c-tclieou-fon au Nord-Ouest, lui servent de limites.^ *^"^" Elle se divise en 6 sous-préfectures, dont une, colle de Hieou-
(1) L'on trouvera à la fin de cette étade les itinéraires détaillés des principales routes du Ngan-hoei, d'après les routiers indigènes.
Montagnes.
Torrents navigables.
Barques.
niit(j (ffc ^), peut être considérée comme \% centre. Au Sud de cette sous-préfecture, est celle de Chc-yiieyi (||| 3^), à l'Ouest celle de Ki-imn (ÎJJÇ P^), à l'Est celle de Ht (Jjt), Cheoii-hien ("M* JR)) dont le chef -lieu est accolé à la ville-préfecture; au Nord-Est, celle de Tsi-k'i (JKSD^ enfin celle de /(SD au Nord- Ouest.
Le Hoei'tcheoic est entouré et rempli de hautes montagnes. Seule la sous-préfecture de Hteou-ning, qui est comme le plateau de ce système, renferme quelques belles plaines. Le reste du pays est sillonné dans tous les sens par un nombre infini de vallées dont la largeur moyenne ne m'a pas semblé dépasser une centaine de mètres.
Les eaux qui arrosent le^ deux sous-préfectures de Ouyuen et de Ki-men descendent, comme nous l'avons déjà dit, dans le lac P'o-yang (Sl Hg), tandis que les autres forment le Ts^ien-t'ang-kianq (^ ijf^ 2C), et se rendent à la mer par Hangtchecm{^JW).
Chacune des sous-préfectures du Hoei-tcheou a un petit port où peuvent remonter les barques du pays, et cela pendant six mois au moins chaque année pour les plus déshérités. Ces ports (fli M) sont pour le Ou-yiœn-hien, Ts^ing-hoa-kiai (fff 1^ ^) ; pour le Ki-men, la ville môme; pour le I-hien, Yu-Ving (jî| ^); pour le Tsi'k'i, Ling-lci ([^ ;@|) ; pour le Hi-hien, la ville môme de Hoci'tchecni, dont le torrent vient de Tsi-k'i. La sous-préfecture de Hieou-ning est la mieux partagée ; le torrent venu de Yu-t%iig baigne la partie N. O. de la ville, pour aller rejoindre celui de Chang-k'i'k'eou (Ji ^ D) également navigable, au gros bourg de Toen-Vi ("^ ^). De Toen-kH à Hang-tcheou les barques communiquent en toute saison.
Les barques sont longues, légères et extrêmement mobiles. L'avant et l'arrière se ressemblent à peu près et rappellent les formes de la pirogue. A la saison des pluies, quand les eaux sont d'une bonne hauteur, ces barques font facilement en descendant, de 40 à 50 lieues par jour. Une fois engagées dans les rapides, leur vitesse égale celle de nos chemins de fer. Ces torrents sont remplis de récifs, dont ne s'effraient point les bateliers. Ils connaissent les passes dangereuses et savent si bien manœuvrer qu'il se brise assez peu de barques.
Le poids dont ils peuvent charger leur embarcation varie, suivant la grandem*, de 1 000 à 6 000 kilogrammes.
Quand il s'agit en remontant d'escalader les rapides, on les voit jusqu'à trente et quarante, hâlant Tune de ces grandes barques. Ils se servent, suivant les circonstances et les lieux, de la voile, de la rame, de la gaffe et de la godille. Pour diriger, ils usent du gouvernail, dont l'action est aidée par une très longue rame posée à l'avant et taillée en forme de lame. Quand il s'agit d'éviter brusquement un brisant dont on est menacé, un coup de cet aviron donné à propos est d'un effet merveilleux.
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Dans les mois de sécheresse, lorsque les eaux sont basses, les bateliers doivent rester les trois quarts du temps dans l'eau pour soulever et pousser la barque. De cette façon, ils trouvent moyen de faire franchir des fonds d'un pied d'eau à une barque qui en tire deux et quelquefois plus. Us font alors peu de chemin dans Une journée, mais ils ne s'en chagrinent pas, surtout s'ils n'ont pas entrepris le voyage à forfait, et ils répètent volontiers ce refrain qui peint leur insouciance : jB T •^ 3^ J8 ^ "*• ^ *Un jour de passé, encore un jour !»
Malgré le grand nombre de familles détruites sous le règne Populàde Hiefi'fong (J^^ JJ) et le commencement de Tong-éche (^ ^), ^*°^' la population du Hoei-tcheou-fou peut encore être évaluée à plus de deux millions d'&mes (1). Non moins éprouvée (à part la sous-préfeoture de Ou-yTien qui regorge d'habitants comme celle de l'hien) que les préfectures de Ning-kcmo et de Tch^e-tcheou ses voisines, ses familles, dont beaucoup de membres faisaient le commerce au dehors, ont été décimées. Elles ont pu, grÀoe à ces éléments qu'a sauvés l'éloignement, se refaire beaucoup plus facilement que celles d'autres régions, soit au dehors soit au dedans, après le rétabhssement de la paix.
On trouve au Hœi'toheou & peu près toutes les céréales Prodmecultivées dans la Chine centrale : riz, blé, orge, millet, siurasin, ^**^^' sorgho, colza, etc.
Toutes les terres de ses vallées, et môme les pentes accessibles de ses montagnes sont cultivées. Ses rizières et les champs, taillés dans le rehef du sol, dont ils suivent les sinuosités, s'étagent comme des rampes jusqu'à de grandes hauteurs, et procurent au voyageur, par leurs courbes gracieuses et la diversité de leurs couleurs, un spectacle à la fois grandiose et charmant.
Malgré cela, le pays ne suffît point à nourrir sa nombreuse Échangée, population. Heureusement les contrées voisines du Kiang-ai, du Tché'kiang, de Tch'e-tcheou et de Ning-kouo-fou viennent au Hoei-toheou échanger l'abondance de leurs grains contre l'argent que ce peuple entreprenant et industrieux va gagner au