‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 60 sur 231 · III - , , - ^ ^ M II · texte numérisé non relu

III - , , - ^ ^ M II

(1) Yoioi quel serait le chiffre de U populfttion, d'après restimation d'na missionnaire :

Hi-kien 880000 hab.

Hieou-nmg 470 000

Ou-yuen 550000

K'i-men 205000

l'hien 250000

Tn-kH 200000

Cette évaluation, qui a été faite en prenant ponr base le nombre des Pào (ffli) et la densité de leur population, comprend les fermiers du Kitmg-pê^ mais non point celle à peu près égale des commerçants Pen-H, répandus au debors.

Total pour la préfecture : 3 005 000 bab.

IiA PROVINCE DU NGAN-HOBI.

Industries.

Fortune.

Thé.

loin. Toutes les routes qui relient cette préfecture aux territoires voisins sont sillonnées par des convois qui lui apportent leurs denrées. Vers le Nord, de longues files d'&nes, de mulets, de chevaux, viennent déposer sur les marchés et les Ma-t'eou le riz et le coton; de nombreux troupeaux de porcs suivent les mêmes chemins, tandis que les porteurs des deux provinces voisines affluent jusqu'au cœur du Hoei-tcheou, qu'ils enrichissent de leurs grains et de leurs victuailles.

J'ai parlé plus haut du génie commercial des gens de ce pays. C'est la note commune de toute cette région ; mais chacune des six sous-préfectures a sa spécialité de négoce. Les habitants de Hieou-ning dirigent les monts-de-piété, et ont aussi quelque part dans les banques. . Ils se servent d'une écriture de convention dont eux seuls ont le secret. Ceux de Hi-hien sont de préférence & la tête des banques ; ceux de I-hien fournissent des marchands de drap et des tailleurs; ceux de Tsi'k*i, des maîtres d'hôtel et des marchands de grains. Enfin ceux de E^i-men et de Ou-yuen s'adonnent principalement au commerce du thé, production dont leur territoire est plus largement pourvu que celui des 4 autres sous-préfectures.

Les grosses fortunes sont principalement de Hiemi^ning et de Hi-hien. Dans un seul village appartenant à Hicou-ning et appelé Chang-chan, on dit qu'avant les rebelles, sur 200 familles qui le composaient, cent possédaient chacune un million de taëls. Ce fut le commerce du thé à Canton qui, dit-on, les enrichit ainsi. Le nom significatif àe IS IS V ^st resté & cette localité.

Actuellement encore, malgré les ruines accumulées par la rébellion des Tai-pHng et le bas prix du thé, les millionnaires ne sont pas rares au Hoei-tcheou.

La production qui a enrichi le plus ce pays est le thé. Mais depuis 10 à 15 ans, la concurrence des thés étrangers a fait tellement baisser les prix sur les marchés de Chine, que la culture et le négoce donnaient dans ces dernières années des avantages très problématiques. En 1888, il y eut reprise; le prix ayant haussé notablement, l'exportation reprit avec activité, et une grande quantité de fabriques, fermées depuis plusieurs années, se sont ouvertes de nouveau. Le seul bourg de Toenk*i occupe ainsi, pendant l'automne, une moyenne de 500 ouvrières dans chacun des 60 Tse-hao (^ Ht) qui ont été rendus récemment à l'industrie du thé. C'est surtout le territoire de Ou-yuen qui fournit aux fabriques les mains dont elles ont besoin, pour la préparation de la précieuse denrée, destinée à la consommation des Européens.

Le ICi-men-hien donne le thé rouge; les 5 autres Hien préparent le thé vert. Le premier se vend à Han-k'eou {j§^ P), l'autre à Chang-hai. Depuis que les steamers font le service du Kiang, l'on a renoncé au long voyage de Canton, qui s'accom-

COMMUNICATIONS INTÉBIBUBES. 37

plissait autrefois en remontant les torrents du Kiang-si et en descendant ceux de la province de Koang-iong (Jff ^). Nous lisons ceci dans les Chroniqiies du Hoei-tcheou-fou :. «Le thé que produit la montagne Song-lou (^ 2) ©st le meilleur. On «distingue les variétés Tsio-ché (^ ff), Lien-sin ()|| è^) et fiKin-ya (^ 3p).» La dénomination générique de Song-lou comprend aussi les thés produits par le Ning-kouo-fou.

Le pays est beau, sain et agréable. L'aspect de ses mon- Arbres. tagnes est grandiose. Elles sont garnies de pieds de thé, de bambou, de cunninghamia {chan-ckou if^ i^), bois d'une grande utilité. Celui qui crott dans le Ou-ymn est renommé dans toute la Chine. Le camphrier (laurus camphora ^ fjj) atteint dans cette région des dimensions prodigieuses.

Ces montagnes et le pays en général abondent en bois de construction ; ceux des forôts de Ki-men et de Ou-yuen descendent en radeaux les torrents qui se jettent dans le lac P*o-yang. Les autres prennent le chemin du Tché-hiang,

Hieou-ning est le centre d'une industrie qui a enrichi ceux Encre. qui l'exercent. C'est cette sous-préfecture qui approvisionne d'encre toute la Chine, où ses fabricants comptent pour la vente des succursales dans les ports les plus fréquentés. L'exportation de ce produit à l'étranger est assez considérable.

L'encre de Hou-h'ai-wen (JSfl ^ ^SC) est connue du monde entier. Cette famille, du Tsi-ki-hien, habite la ville de Hieouning depuis plusieurs générations.

Elle vend ses produits depuis 300 sapèques jusqu'à 48 FàbHeataëls la livre, contenant 30 à 32 morceaux ou bâtons de taille '*^' moyenne. Le noir de fumée dont se compose cette encre est classé comme qualité suivant les matières qui l'ont produit et suivant son degré de finesse. La première classe s'obtient par le vernis et l'huile de sésame ; la seconde, par la môme huile et la graisse de porc; la 3* se tire de l'huile de colza; la 4* de l'huile Tong-yeou (Elœococca vemicifera, ;||9). Chacune de ces matières comprend elle-même des encres de qualité fort différente, selon la lenteur plus ou moins grande et le nombre de mèches employées. La pâte, faite de noir de fumée et de colle {Kaochoei), est battue sur des billots en bois par des masses d'acier. Deux bons frappeurs peuvent ainsi préparer par jour 80 morceaux d'une demi-livre chacun, auxquels ils additionnent une certaine quantité de musc et de feuilles d'or. Ces dernières, destinées à donner à la pâte un éclat métallique varient de 20 à 160 par livre. Des moules en bois sculpté reçoivent la matière ainsi préparée; après la dessiccation, qui demande environ vingt jours quand le temps est beau, l'on ébarbe les bavures et l'on dore.

Les travaux de vernis de Hicou-ning ont aussi une réputa- Vernit. tion méritée. Disons enfin que les vallées de Ki-men-hien envoient, flottée sur leurs torrents, jusqu'aux fabriques de King-

38 LA PROVINCE DU NQAN-HOBI.

U'tehen {^ H ^), une grande quantité de bois de ohaufEiBbge, pour la ouisBOn de la porcelaine. On trouve aussi dans les mêmes montagnes la pierre dont on fait la poudre et la pâte de Kaolin. Ce dernier mot doit vraisemblablement son origine à un col élevé nommé (]|J HD Kao-lhig, qui relie le territoire de K*i-fnen à celui de Kien-té-hien au Nord-Ouest. Mines. «n y a, écrivait le P. Du Halde, dans les Montagnes, des

«Mines d'or, d'argent et de cuivre.» Malheureusement, les préjugés superstitieux du Fong-choei (JHl ^) s'opposent à l'exploitation régulière de ces trésors. L'on craindrait, en creusant des puits ou en dégradant les formes d'un rocher, d'attirer sur la contrée les vengeances du DragoUy dont les mineurs auraient troublé le repos et atteint la veine (|6 BR)- Tout au plus ose-t-on exploiter superficiellement quelques carrières de schistes et de calcaires pour les besoins de l'industrie et du bâtiment; mais nul n'oserait fouiller le sol profondément pour lui dérober ses richesses métalliques.

L'an dernier, au mois de Décembre, l'un de nos missionnaires, soupçonné d'employer à la reconnaissance des gisements du Ou-yueVy les yeux d'Argus que la population ignorante et fanatique prête à tout européen, vit un de ses catéchistes assassiné à ses côtés.

La chaîne de Hoang-chœnf^ llj), située au Nord-Ouest de la préfecture, est fameuse entre toutes par ses pagodes, son aspect pittoresque, ses sources thermale» et ses dépôts métallifères. Il y a quelque vingt ans, des mineurs, rompant avec les ridicules traditions du passé, s'installèrent dans ces gorges sauvages qu'ils commencèrent à exploiter. Mais bientôt, l'amour aveugle du lucre et le défaut de police ayant donné occasion à des meurtres, les mandarins trouvèrent plus commode d'interdire ces travaux qui contrariaient leur paix et leurs antiques préjugés. Habita- Les habitations du Hoei-tchemt peuvent ôtoe dites confor-

**'^* tables, si on les compare à celles que l'on rencontre dans les autres parties du Ngan-hœi. Un grand nombre d'entre elles sont bâties avec un vrai luxe : les murs en briques et les colonnes sont portés sur des bases de grès rouge, de marbre ou de granit finement sculptées. Les colonnes et les boiseries intérieures sont délicatement fouillées, et j'ai vu dans les demeures de simples paysans du Ou-yticn-hienj des scènes historiques ou mythologiques, sculptées dans de grands panneaux avec une délicatesse incroyable. Les artistes qui ont produit ces chefsd'œuvre à bon marché sont d'ordinaire des ouvriers du Kiang-si ou du haut Ning-kouo-fou.

Les maisons sont presque toutes à étages et fort élevées. Les villages sont d'ordinaire situés au bord d'un torrent, dont les eaux limpides, contenues dans un quai de belles pierres bordé de rues à l'aspect animé, contiennent de gros poissons auxquels les disciples fervents de Bouddha garantissent une

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paisible existence.

Adossées à des montagnes bien boisées, ces superbes cons- P^aileou, tructions présentent de loin un coup d'œil enchanteur, et lors- ^ ^' *"^' que le voyageur, au détour d'une montagne, aperçoit un de ces villages, qui contient parfois jusqu'à trois mille familles, il se croirait subitement transporté dans une des plus jolies villes do son pays natal.

Le touriste qui aurait le temps d'étudier quelques-uns de ces monuments, qui pourrait fixer sur un album les silhouettes de ces kiosques et de ces pagodes, de ces imposants P^ai-î-ean (JK ^Ê) ^^^ ^^ triomphe, qui décorent les villes et les faubourgs de Uieou-ning et de Hi-hien; celui-là surtout qui reproduirait les traits de ces grandioses Ts'e-Vang, dont on voit jusqu'à dix et vingt s'élever dans un môme village du Oit-yuen, rendrait un véritable service à la science, et son œuvre donnerait de l'architecture chinoise, une idée plus complète que les rares travaux parus jusqu'à ce jour. C'est surtout dans ces Temples des ancêtres (dits j|3 ^) que se retrouvent les lignes les plus gracieusement caractérîstiques du génie ou de l'art chinois, appliqué aux constructions.

Les ponts n'attirent pas moins l'attention des étrangers : Ponts. de puissantes familles ont gratifié leur pays de ces travaux utiles, et les communautés veillent avec im soin jaloux à la conservation de ces œuvres d'intérêt commun. Rien de plus hardi que ces arches, dont la courbe formée de longues dalles cintrées, mesure parfois une portée de 15 mètres et plus. J'ai relevé dans mes notes de voyages les particulai'ités les plus remarquables de ces ponts; il serait fastidieux de les énumérer ici. Hâtons-nous du reste d'ajouter, qu'à part quelques ponts plats que Ton trouve en plusieurs endroits, les autres sont en général construits sur le même plan que ceux que Ton rencontre dans la plaine de Clmng-hai, La faible épaisseur et la trop grande longueur des claveaux, qui forment la voûte de ces ponts, me font penser que de pareils travaux ne résisteraient pas à de lourdes charges.

Qu'il me suffise, à titre d'exemple, de transcrire ici quel- Notes de ques lignes des notes prises dans un récent V03rage : «31 Oct. ^^^9^- «1889; à Ih. 32, laissé à gauche un beau pont de 7 arches; «1 h. 45, rencontre d'un 2* torrent venant de gauche et se réimis- «sant au premier ; un 2^ pont assez éloigné s'aperçoit devant «nous, traversant ce nouveau bras d'eau. H me semble qu'il «mène à la porte du Nord de Hoei'tcheoU'fau ; 1 h. 48, anivé au «faubourg; 1 h. 49, nous traversons un 3' pont de 16 arches «conduisant au Si-men; sa longueur, culées comprises, est «d'environ 300 mètres ; il est magnifiquement dallé et fort «large.»

Quelques jours plus tôt, je notais les détails suivants : «17 «Oct.Trois minutes après avoir traversé leMa-VeouàQ Ts^ing-hoa-

Boutes.

Travaux publics.

Kchan (^ $ |I|)» 20 grandes tables de pierres gravées rappelant «les noms des souscripteurs, qui ont élevé un pont de 6 arches «que nous traversons. Presque tous ces ponts sont munis, à «une de le\irs extrémités et dans le sens de l'axe, d'une stèle «ou d'une tour, destinée à détourner la venue des mauvais «esprits. Ce peuple est extrêmement superstitieux. . . La route «est dallée de pierres mesurant 1" sur l^ôO. . . Dîner à Hoa- ^yuen (^g B|), de 11 h. 45 à midi 24. A 12 h. 34, passé à Touo- ^k'eou (fg P), village très pittoresque. En sortant, nous sur- «plombons le torrent, des parapets en pierre nous protègent du «précipice. Travaux grandioses; puis beau pont à 3 arches et «inscriptions des contribuables... A 1 h. 31, passé Chan-k'eng «(lll Kt); tour octogonale à 7 étages, en face d'une stèle hexa- «gonale fort élevée, qui couronne un pic dont le torrent baigne «le pied... A 2 h. 7, pont couvert, suivi d'un Liang-Ving (J^ «I^); 3 arches. Les piles, à éperons recourbés, ont 6"50 de «largeur, et en amont, dépassent le tablier du pont de 7 mètres. «Sur le prolongement d'une pile, en aval, petit sanctuaire dédié «à la déesse Koan-yn (f^ ^).»

Je relève sur mon carnet, à la date du lendemain, 18 Oct., les détails suivants, qui donneront une idée assez exacte du soin accordé par la population du Hoei-tcheou à l'entretien de ses routes. «De 8h. à Bh. 40, ascension du col de Tché-ling «(^ 'fi) 8»^ po-s accéléré. Là-haut, un lettré a écrit au pinceau, «sur les murs de la pagode : 2 700 degrés. En donnant 3 poupées à chaque marche, cela fait à peu près 800 mètres de hau- «teur. Le dallage de ce col a été fait sous le règne de Kia-k'ing «(il y a presque un siècle) et est fort bien conservé. Vingt et «une grandes tables dressées auprès de la pagode perpétuent le «souvenir des citoyens généreux qui ont contribué à cet impor- «tant travail. On a inscrit les noms de tous les donateurs; «les uns ont donné 100 sapèques; d'autres, jusqu'à 30 et 40 «taëls.»

Bien entendu, les mandarins ne sont pour rien dans ces travaux. Les familles influentes par leur position, leur science ou leur fortune, les notables Chcji-toiig {ffif H) en ont seuls l'initiative et la direction. Ce sont eux qui décident de l'urgence d'une souscription publique, en font circuler les listes et surveillent l'emploi des fonds. Ce sont eux pareillement qui prohibent l'emploi des brouettes sur le territoire de la préfecture. Ces véhicules qui ruinent promptement les routes les plus solidement construites, n'ont point le droit de circuler au delà d'une zone très étroite concédée sur les confins du Hoci-tchecnc. Arrivés au terme de cette concession, les brouettiers confient à l'aubergiste la garde de leur instrument, moyennant une redevance de 3 sapèques par jour, puis armés du Picn-tan (j^ |^), ils vont porter plus loin les objets de leur négoce.

De belles routes relient chacune des sous-préfectures avec le Fou; d'autres, qui ne le cèdent guère aux premières, font communiquer les .sous-préfectures entre ôlle»^ et celles-ci avec les pays voisins. Que ne peut-on en dire autant.du reste du Ngan-hoei! Voilà pour la qualité. Ajoutons èependajpt . que l'étroitesse de ces voies, jointe à la raideur de leurs pertt^ -en beaucoup d'endroits, s'oppose absolument à ce qu'elles soient carrossables. Quant au nombre, il est bon d'observer une fois pour toutes, que les chemins et sentiers sont infinis, et cette dernière remarque s'appliquera à plus forte raison aux pays de plaines.

La vigilance des notables s'étend aussi à la sécurité publi- Sécurité, que. Les mendiants sont fort rares dans le pays ; et cela tient, je pense, en grande partie, à la richesse des habitants, mais plus encore à la constitution de la famille. Ce pays ofire dans le Ngan-hoei le spectacle unique de familles très nombreuses, groupées compactes dans les mêmes vallées, à l'ombre des mêmes temples, inscrites dans les mêmes registres généalogiques Kia-pou {^ î^), possédant les mêmes fonds communs (^ ^), et soumises pour toutes les affaires d'ordre intérieur à l'autorité des anciens, qui forment le conseil puissant et respecté du groupe familial.

La passion de l'opium, qui commence à s'introduire dans les campagnes, ne tardera malheureusement point à renverser la force de ces institutions, dont l'observation pendant de longs siècles a été la principale sauvegarde de cette région.

Les hôtelleries et auberges du Hoei-tcheou, sans rien oQiir Auberges. qui rappelle le confort ni même la propreté des hôtels d'Europe, sont pourtant bien supérieures à celles du Wan-jpé. Les voyageurs, que leur trop mince bagage ou leur mine suspecte désigne aux défiances des aubergistes, sont exclus par ceux-ci de l'hospitalité commune, et une surveillance assez stricte est exercée par les indigènes du Hoei-tcheou sur les étrangers qui séjournent dans leurs confins.

Les transports, nous l'avons dit, s'opèrent de diverse® rhwwfaçons. ports.

Par porteurs. — Le coût moyen est de 7 sapèques par li; la nourriture est alors aux frais des porteurs. On peut aussi les prendre à la journée ; dans ce cas on les nourrit, et ils reçoivent au plus 150 sapèques par jour comme X ^. Il faut en outre leur payer le retour; de ce chef il suflBt communément de leur donner pour 100 li : 1°) 100 sapèques pour la nourriture, 2°) et autant pour prix de leur course {$ ^.

Ces dernières conditions sont également celles des courriers et commissionnaires.

Un grand nombre d'habitants de la frontière se font poiv teurs à leur propre compte. Ils vont par exemjfle de Tong-men (S n) à. Chang-k'i'k'eou (J; f^ P) porter des œufs, de la

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volaille et aatres dencéos. Ce dernier bourg est un entrepôt considérable de seU'dojit. ils rapportent une lourde charge au pays. Il arriva terfois*qtie, tout compte fait, ces pauvres gens ne retirenJi.-gH^î^:^tI'un bénéfice de 50 sapèques par jour pour les ipdçïbpi^iVd'es peines de ce long et fatigant voyage. /\**Èfi(S!r*1barque8, les transports se font & des conditions assez tfot^îes. De Chang-hai à To&ii-k'i (1200 li), le frôt des \ marchandises varie de 10 à 20 sap. par livre; soit une k deux mexicaines par picul {tan |||), assurance (^) comprise.

Les hôtes de somme dont on se sert sur les chemins du Hoei'tcheou venant en grande partie du Ning-hmo-fou, nous en reparlerons plus tard.

Voya- Lioa frais de barque sont peu considérables pour les voya-

^^"'■*- geurs qui descendent le torrent et consentent à vivre en communauté avec d'autres voyageurs qui leur sont étrangers. Le Père Frin, à qui je dois presque toutes les notes qui précèdent, descendit une fois dans ces conditions à Toen-k'i de Hang-icheou, (700 1%), et ne paya que 900 sapèques pour sa personne et celle de ses deux compagnons indigènes. La nourriture, 30 sap. par repas» pour le riz et un plat de légiimes, n'était point comprise dans cette modeste somme. Mais les fréquentes escales que les bateliers font alors pour les besoins de leur commerce, plus encore que la gène d'une vie commune menée avec les voyageurs indigènes, rendent ce mode de voyage difficile aux Européens.

Une barque convenable descendant de Tœn-k'i à Rangtcheou et dont on se réserve l'usage exclusif, ne coûte guère plus de 4 à ô piastres. Et au temps des grandes eaux, trois jours suffisent pour parcourir ce trajet.

La modicité de ces prix est due en partie à la facilité de la navigation, en partie à ce que les barques ont peu de marchandises à porter au Tché-kiang. Des raisons tout opposées expliquent comment les prix sont doublés ou triplés lorsqu'il s'agit de remonter au Hoei-tcheou-fou. Ainsi^une fois, le môme *^ missionnaire dut payer vingt mexicaines pour se rendre de

Hang-tcheau à Toen-Ki. La barque qu'il avait prise et qui transportait tout le mobilier d'une chapelle, pouvait porter environ 30 piculs. Les batehers s*étai«:it engagés à remonter en dix jours, et ils purent gagner 48 heures sur le terme de leur engagement.

Les voyages par terre se font en chaise. Il est vrai qu'un nombre relativement bien restreint de voyageurs use de ce véhicule. Le Chinois est un peuple essentiellement marcheur, au moins dans nos contrées ; le culte des caractères et la consflience de leur dignité peuvent seuls faire ouUier aux lettrés chinois qu'ils ne sont point d'une autre nature que les autres représentants de leur race. Ils se prélassent donc dans une chaise, et ce luxe, au Hoci-tcheou^ n'est point coûteux pour ces

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seigneurs, car ce sont leurs serfs qui les portent pour leur corvée.

Les étrangers qui veulent louer une chaise doivent donner à peu près 7 sap. par li à chacun des porteurs.

Outre la chaise ordinaire, droite et légère, et telle qu'on la voit dans la plaine de Chang-hai, il en est une autre plus commode, dont se servent surtout les commerçants en thé : son dossier renversé permet d'y prendre une posture moins gênante que dans la litière ordinaire. Des arcs en bambou recouverts de toiles huilées forment une sorte de tente au-dessus de oe siège, connu ici sous le nom de Teou-tse.

J'ai prononcé tout à l'heure le nom de serfs. C'est qu'en Serfs. effet le Hoei-tcheon-fou en renferme un grand nombre. On m'a assuré que la sous-préfecture de E^i-men compte ^/s d'esclaves parmi sa population, celle de I-hien la moitié, et les autres sous-préfectures à peu près un tiers, sauf celle de Ou-yuen qui n'en aurait pas ^/e.

Comme il n'entre point dans notre sujet de traiter cette question du servage, nous ne dirons rien de son origine, ni de ses conditions, quoique de tels détails ne manquent point d'intérêt.

Outre les serfs attachés à la glèbe, il existe dans plusieurs Ma-t'emt du Hœi-tchecni, dans celui de Toen-k'i notamment, une classe de bateliers dont la coutume a fait une vraie caste de parias. Ils descendent, assure-t-on, d'anciens révoltés du FoU'kien (jJB j||{), transportés depuis plusieurs dynasties au milieu de ces montagnes. Ils sont incapables d'acquérir un immeuble sur terre, ou de s'y établir, et ils ne peuvent concourir aux examens. Le seul port de Toen-k^i possède 200 barques de ces familles appartenant à quatre Sing (^) seulement; un autre Ma-t'eou peu éloigné en compte 150.

Il est temps de clore oe premier chapitre. L'intérêt spécial Coticluqui s'attache à cette préfecture excusera, croyons nous, la Ion- **^*** gueur du récit que nous lui avons consacré. Nous expédierons plus rapidement ce qui nous reste à dire des autres préfectures (1).

(1) Je crois que les amateurs de raretés trouveraient de fort belles choses dans cette préfecture, que ses richesses, ses industries, sa proximité de Kinté-tchen, avaient prédisposée depuis des siècles à devenir un musée des raretés chinoises.

Nous regrettons de n'avoir ni le temps, ni les connaissances suffisantes, pour traduire au cours de cette étude un chapitre intéressant des Chroniques géfiérales du Ngan-fioei, intitulé «19 S» <iui énumère les productions de la province. Il occupe le volume (^) 85* dans l'édition de 1878 du SiKjAS-

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