AusT, op. cit., p. 22. n
4. On sait cependant par Cass. Dio, LU, 30, et LIV, 6, (ju'Auguste prit encore des mesures pour maintenir au moins les temples des divinités égyptiennes au-delà du pomerium. Ses efforts devaient être vains.
l'akrivée du sekpent d'épidaure iVô
il fut apporté à Roino longtemps avant la seconde guerre punique, alors que les vieilles interdictions étaient encore en vigueur : le temple devait être, par conséquent, en dehors du pomerium. L'ile tibérinc satisfaisait à cette première et nécessaire condition. Elle })résentait, en outre, de nombreux avantages qui la firent préférer ;i tout autre point des abords de Rome. Peut-être sa forme même et sa vague ressemblance avec un navire à l'ancre au ndlieu du fleuve n'ont-elles pas laissé les Romains indifférents : le serpent sacré était venu d'Epidaure par mer; l'île rappelait le navire qui l'avait amené. En tout cas le voisinage (lu Champ de Mars, où était locaHséle culte des dieux grecs précédemment reçus à Rome, contribua très certainement à les décider. Elle apparaissait comme le prolongement et la continuation du Champ de Mars ; il semblait naturel que les dieux pérégrins annexassent ce nouveau domaine, tout proche de celui qui leur était d'abord assigné, et que le sanctuaire d'Esculape se dressât en face du temple d'Apollon. Enfin il est probable qu'une préoccupation d'hygiène, ainsi que Plutarque l'a soupçonné, s'est jointe à ces diverses considérations. Les Asklépieia servaient aussi d'hôpitaux ; les malades y accouraient de toutes parts ; on devait, dans l'intérêt de la santé publique, les éloigner des quartiers habités; l'isolement était une sage précaution'. A Epidaure une distance de cinq milles séparait le temple de la ville. A Rome, entre l'un et l'autre, s'interposa le Tibre. On comprend que les Romains, obligés de construire le sanctuaire hors de la cité, aient fixé leur choix sur l'île tibérine, que tant de raisons leur recommandaient. Ils ont attribué ensuite au dieu lui-même les intentions qu'ils avaient eues et les calculs qu'ils avaient faits. La légende qui représente le serpent ([uittant le navire d'Ogulnius et descendant de son plein gré sur la rive n'a pas d'autre sens.
Le médaillon d'Antonin le Pieux. — Cette légende était très populaire dans l'antiquité. Non seulement des historiens comme Ïite-Live et Valère Maxime l'avaient rapportée et des poètes comme Ovide l'avaient célébrée, mais encore elle inspira des artistes, graveurs et sculpteurs, qui la représentèrent sur leurs œuvres.
1. Beschh. n. st. Rom, t. lll, 3, p. 577 ; pendant la peste de 1656, les mo-
LE SANCTUAIRE D ESCDLAPE
Le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale possède deux exemplaires très bien conservés d'un beau médaillon d'Antonin le Pieux où l'on s'accorde à voir figurée l'arrivée même du serpent d'Esculape à Rome. Ces monuments ont été souvent décrits et publiés ^ Ils no diffèrent l'un de l'autre que par d'insignifiants détails. A gauche, sous la première arcade d'une grande construction en forme de portique, s'avance une trirème ; un serpent se dresse à la proue, derrière lui un petit personnage, debout, lève le bras. A droite, au premier plan, un
vieillard est k demi couché ; la partie inférieure de son corps baigne •dans l'eau; son dos s'appuie à des rochers ; il tient dans la main gauche un roseau et tend le bras droit vers un serpent ; au second plan on distingue très nettement, ramassés en un seul groupe et dominant tout le reste, un arbre couvert de feuilles, une sorte de tour, et deux édifices : l'un à fronton triangulaire, l'autre terminé par un toit plat. En exergue est écrit le mot A^lsculapius . Comme le fait justement remarquer M. Frôhner, « le tableau est pittoresquement composé, on dirait une fresque de Pompei^ ».
La scène est bien claire: le navire dOgulnius amène à Rome le serpent sacré, emblème d'Esculape. Le personnage débouta l'arrière est ou bien un marin maniant le gouvernail, ou bien, comme le croit M. von Duhn, qui voit dans le geste de son bras levé une attitude habituelle aux suppliants'^, un fidèle
KiG. 19.
MÉDAILLON d'aNTONIN LE l'IBUX.
D'après un exemplaire du Cabinet des Médailles.
dernes ont tiré parti de la position de l'île tibérine, comme avaient fait les Anciens; les pestiférés furent évacués sur l'ile, transformée en hôpital.
1. Ils appartiennent à l'importante série de médaillons frappés par les soins d'Antonin le Pieux, sur lesquels sont représentées les scènes principales de l'histoire romaine. — Gohe.n, Monnaies de VEmpire romain^ 2" éd., t. II, p. 271-272; — Frôhner, les Médaillons de V Empire romain^ p. 53; — Von Duhn, dans les Miftheil. des archaol. Inslit., Rœm. Abth., 1886, p. 170 ; — Dressel, der AvenUn auf einem Médaillon des Fins, dans la Zeilsch. f. Numism., 1899, p. 32, PI. II, n" 10 et 11.