‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 104 sur 237 · Frôhner, loc. fil · texte numérisé non relu

Frôhner, loc. fil

3. Von Duhn, liullell. dell'Inslil. archeol., 187!), p. 7 et 8 ; en arrivant au terme d'un voyage par mer, on ollrait un sacrifice aux dieux.

l'arrivée du serpent d'épidaure 177

invoquant le dieu médecin. Il faut reconnaître dans le vieillard ïiberinus, la divinité protectrice du fleuve qui traverse Rome et qui entoure l'île oii s'élèvera le temple d'EscuIape. Il était de tradition, dans l'art gréco-romain, qu'on représentât les fleuves sous les traits de vieillards couchés, un roseau à la main. Sur un autre médaillon d'Antonin le Pieux, Tiberinus est assis dans la même posture, le bras gauche s'appii3'-ant à une urne renversée, la main droite posée sur une barque à laquelle il s'adosse ^

Interprétation ancienne. — L'identification do l'édifice en forme de portique à gauche et celle des édifices au second plan à droite ont été très discutées. On croyait en général, jusqu'à ces dernières années, que l'artiste avait voulu mettre sous nos yeux à droite l'île tibérine, à gauche l'un des ponts voisins de l'île. Le serpent semble prendre son élan pour abandonner le navire d'Ogulnius et aborder au rivage ; la terre vers laquelle il se dirige est celle oii désormais il résidera. L'arbre indique que l'île était boisée, et les constructions qui l'entourent rappellent qu'elle était habitée et occupée par divers temples. Ces constructions sont au nombre de trois ; Canina voyait en elles les trois temples d'Esculape, de Jupiter et de Faunus-; c'était prêter gratuitement à l'auteur du médaillon un souci de scrupuleuse exactitude que sans doute il n'a pas eu. Il est permis de supposer du moins qu'elles font allusion particulièrement au sanctuaire d'Esculape, dont le bois sacré est symbolisé, selon l'usage, par un arbre isolé. Sur la gauche les arcades juxtaposées sont les arches d'un pont sous lequel passe la trirème revenue d'Epidaure; c'est donc ou le pont yEmiUus, le dernier que rencontraient les navires remontant le Tibre, avant d'arriver à l'île, ou le pont Fabricius, qui la reliait à la rive gauche du fleuve.

Interprétation nouvelle. — M. Mayerhofer a proposé en 1884 une explication nouvelle : le pont serait, d'après lui, l'antique pons Suhlicius en bois. Il apparaît sur le médaillon comme situé au sud de l'île tibérine, en aval, tandis que le pont Fabricius aboutissait dans l'île même, en amont du sanctuaire d'Esculape. D'autre part, dans le système de M. Mayerhofer, le pont Sublicius s'élevait entre le pont ^mihus et Vinsida tiberina, tout

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