‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 105 sur 237 · Camxa, Bullelt. delV Iiistit. archeoL, 18S4, p. xxxvni · texte numérisé non relu

Camxa, Bullelt. delV Iiistit. archeoL, 18S4, p. xxxvni

178 LE SANCTUAIRE D ESCÎJLAPE

auprès de celle-ci; le pont ^milius était trop éloigné pour qu'on eût pu le représenter de cette façon, touchant presque la pointe méridionale de Fîle. Enfin, quand l'ambassade d'Ogulnius fut envoyée à Epidaure, les ponts Fabricius et ^Emilius n'existaient pas encore; Rome ne possédait que des ponts de bois ; le j^ons Sublicius était le plus ancien, le plus célèbre, le plus proche de l'île tibérine au sud'.

M. Huelsen s'est avancé davantage : il conteste que l'édifice sous lequel on aperçoit la trirème soit un pont ; certaines particularités de construction rendraient cette hypothèse invraisemblable. Les soi-disant arches, au lieu de s'abaisser en dos d'âne vers les deux rivages qu'elles devraient relier, se dressent très hautes et très étroites, coupées net des deux côtés. Ce ne sont pas les arches d'un pont, mais les arcades d'un portique ; elles appartiennent aux Navalia^ aux hangars sous lesquels s'abritaient les navires le long des berges du Tibre. Sur des monnaies d'Hadrien sont figurés les Navalia ou vsoWciy.ot du port d'Ostie, avec une entrée à arcades qui ressemble à un long pont. A Rome le Navale inferius; était situé — M. Huelsen croit pouvoir l'affirmer — sur la rive gauche, en aval de l'ile, à la hauteur du Foriun hoarhim ; il semblerait, d'après le médaillon d'Antonin, qu'il se trouvât sur la rive droite ; pure licence qu'a prise l'artiste ; le médaillon nous donne, comme un miroir, une image renversée de la réalité '.

M. Dressel s'étonne à bon droit des conclusions auxquelles aboutissent les ingénieux raisonnements de M. Huelsen; on aurait sur le côté droit du médaillon une représentation directe et fidèle de l'île tibérine, sur le côté gauche une représentation fausse et renversée du Navale inferius. M. Dressel a voulu remédier à cette inconséquence. 11 s'est montré plus hardi que ses devanciers. Non seulement aucun pont n'est ici figuré, mais encore les édifices du second plan à droite ne sont pas ceux de l'île tibérine. La scène se passe tout entière sur la rive gauche du Tibre, vue de la rive droite. Comme M. Huelsen, M. Dressel reconnaît dans les arcades le portique du Navale inferitis^ mais il n'est pas besoin d'imaginer qu'on a renversé l'image ; elle est bien en place. La trirème d'Ogulnius vient de s'amarrer à la berge ; le serpent s'élance hors du

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