‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 106 sur 237 · Mayeriiofer, die Brilcken im allen Rom, p · texte numérisé non relu

Mayeriiofer, die Brilcken im allen Rom, p

2. IIuELSEX, il Foro Boario e le sue ndiocenze nell'antic/iilà, dans les Dissert, délia Ponlif. Accad. di archeol., série 11, t. VI, 1896, p. 253,

l'arrivée du serpent d'épidaure n9

navire pour prendre possession de l'ile au milieu du Tibre. Celle-ci n'est pas comprise dans le champ du tableau. Tiberinus, au premier plan, s'appuie à des rochers ; il n'y avait pas de rochers dans l'île. Derrière lui l'arbre, la tour et les deux édifices contigus forment un groupe à part, qui s'élève assez haut et domine les environs; l'île était, au contraire, basse et plate. L'artiste a voulu nous montrer, à côté du Navale^ une colline rocheuse et escarpée surplombant le Tibre : c'est l'Aventin, qui était situé effectivement en aval du Forimi boariiim^ et que le spectateur placé sur la rive opposée apercevait à droite du Navale inferuis. L'arbre signifie que l'Aventin était boisé, la tour, qu'il était fortifié, les deux autres édifices, qu'il était habité. Si Ton en croit M. Dressel, il ne reste donc rien de l'interprétation traditionnelle du médaillon d'Antonin*.

Critique. — M. Petersen a entrepris récennnent de défendre la tradition si vivement attaquée. La tâche n'était pas aussi ingrate qu'on pouvait le croire. Les opinions les plus neuves ne sont pas toujours les mieux fondées. M. Huelsen et M. Dresse!, en voulant trop bien expliquer le médaillon, le rendent inintelligible. M. Dressel persiste à croire que le graveur a voulu retracer l'épisode de l'arrivée d'Esculape : la légende inscrite en exergue l'y oblige. Mais que viendrait faire alors l'Aventin à l'arrière-plan ? Il n'a aucun rapport avec le culte du dieu médecin et son introduction à Rome; on ne voit pas pourquoi il serait représenté ici, tandis que la présence de l'île tibérine au fond du tableau est toute naturelle et même nécessaire. Le serpent, prêt à quitter le navire d'Ogulnius, se dirige évidemment vers l'arbre et les trois édifices, groupés ; ceux-ci ne peuvent donc appartenir qu'à l'île, puisque c'est là, et non au pied de l'Aventin, que débarquera Esculape et qu'il fixera sa résidence. Comme l'Aventin, l'île tibérine renfermait des arbres — le bois sacré de l'Asklépieion — et des édifices, temples et maisons particulières. La hauteur de l'arbre et des édifices au-dessus de la trirème et des arcades du portique est trop faible pour convenir à une colline. On comprend très l)ien, enfin, que Tibérinus s'adosse à des rochers, quoique l'île ne soit pas rocheuse : sur les monnaies et les bas-reliefs les divinités fluviales sont figurées le plus souvent assises dans une grotte.

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