LE TEMPLE D ËSCLLAPE ET SES DÉPENDANCES
générale du terrain ne permettait aucune autre orientation. Il n'était pas possible que le temple eût sa façade du côté opposé, c'est-à-dire au sud. Les fidèles venus de la ville par le pont Fabricius et du Transtévèro par le pont Cestius n'auraient aperçu devant eux, à leur arrivée, que le mur de fond de la cella. Il n'était pas possible non plus que le sanctuaire fût orienté de Test à l'ouest ou de l'ouest à l'est. L'île tibérine n'avait pas assez de largeur dans ce sens pour que le temple et toutes les constructions secondaires qui l'entouraient pussent s'y développer. Les Romains la comparaient à un navire qui remontait le fleuve. Nulle place ne convenait mieux à Esculape que celle du pilote, à Tarrière, regardant l'amont ^ .
Le temple sous la République. — On connaît mal l'histoire du temple et de ses transformations successives. Une inscription mutilée, découverte à la Renaissance devant l'église Saint- Barthélémy, est ainsi conçue- :
...A.L.. .s L[ucii) [{iliua) Flaccus \ aid{iles) d[e) stipe ALsculapi I faciundmn locavere \ eidem pr[œ tores) probavere.
D'après l'apparence des lettres et les formes orthographiques ce texte remonte aux derniers temps de la République. Il se rapporte, selon toute vraisemblance, à une réfection partielle du monument. Les édiles, parmi lesquels était un personnage portant le cognomen de Flaccus-', ont fait entreprendre le travail, que plus tard en qualité de préteurs, ils ont reçu et approuvé. Il arrivait souvent qu'un préteur eût à recevoir un travail dont il avait lui-même, auparavant, pendant son édilité, prescrit l'exécution. C'est ainsi qu'en 560/194, Cn. Domitius Ahenobarbus, préteur, dédia dans l'île tibérine un temple de Faunus, commencé en 558/196, ce même Cn. Domitius Ahenobarbus étant édile ^ La réfection eut lieu de stipe .^scidapii; le mot stips a dans le langage rehgieux un sens très précis ; il désigne l'argent offert aux dieux par une collecte des fidèles,
1. NissEN, Veber Tempel-Orieiitirung, dans le Rheinisches Muséum, t. XXVIII, 1813, p. 547, et t. XXIX, 1874, p. 392. '