Pausan., il
3. PANO^fKA, Asklepios und die Asklepiaden, dans les Abh. der Rerlin. Akad., 1845, p. 321.
LE TEMPLE d'eSCULAPE ET SES DÉPENDANCES 195
comme eux de la popularité dont jouissait Esculape auprès des hommes de cette époque. Il est très probable qu'elle fut exécutée sur l'ordre d'Antonin le Pieux, pour orner la cclla restaurée par ses soins.
Aspect et décoration du temple. — C'est donc au règne d'Antonin le Pieux qu'il faut se reporter par la pensée pour se représenter dans tout son éclat le sanctuaire de File tibérine. Construit en souvenir et à l'imitation des sanctuaires grecs d'Asklépios, il devait leur ressembler; il présentait le même aspect, il avait reçu une décoration analogue. Il était, comme eux, de petites dimensions. On a dit justement des Asklépieia que « d'impérieuses nécessités s'y imposaient à l'architecte ; il fallait y ménager de grands espaces vides pour construire les portiques destinés à loger les malades, des cours et des dégagements pour permettre à la foule des pèlerins de circuler et de se mouvoir à l'aise. Aussi le temple y était-il peu de chose, une simple chapelle contenant la statue du dieu et les offrandes de prix, ou celles dont les dimensions exiguës ne permettaient pas de les exposer en plein air dans le téménosi ». Au pied des marches qui conduisaient à la colonnade du vestibule, s'élevait l'autel où l'on sacrifiait solennellement les victimes consacrées. Au fond de la cella se dressait l'image colossale que nous pouvons voir maintenant au musée de Naples. Les jours de fête, par les portes entr'ouvertes, on l'apercevait [de loin dans la pénombre, présidant aux cérémonies du culte ; vers elle montaient les hymnes des prêtres, les prières des fidèles, l'encens des sacrifices.
Ovide, racontant l'arrivée du serpent d'Epidaure à Rome, nous dit qu'Esculape s'est montré en Grèce aux ambassadeurs romains « tel qu'on le voit d'ordinaire dans son temple, tenant de sa main gauche un bâton noueux et de la droite caressant sa longue barbe 2 ».
Peut-être le poète fait-il allusion à une statue qu'il a vue dans le temple de l'île tibérine, et qu'aura remplacée au siècle des Antonins celle du musée de Naples. Les mots mêmes qu'il