‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 13 sur 237 · Codex vaticanus lalinus 3439, f · texte numérisé non relu

Codex vaticanus lalinus 3439, f

4. J.-J. Boissard, Topographia urbis Romœ, Francfort, 1681, t. II, p. 13.

ci^ et de Dosio-; sur ces dernières la partie méridionale figure seule. Mais au xvi" siècle même ces représentations brillantes ne répondaient pas à la réalité. On aurait tort de se fier à ces dessins et à ces gravures, qui sont œuvres de pure fantaisie. Les architectes et les archéologues de ce temps ont donné libre cours à leur imagination ; ils ont restauré File, et ne l'ont pas copiée.

h' état actuel que Gamucci lui-même a inséré dans son livre à côté de sa reconstruction hypothétique-', et surtout la planche très sincère et très soignée de du Pérac'*, ont permis à Jordan d'affirmer que de la décoration antique — sauf quelques murs sans intérêt — rien ne subsistait à la Renaissance qu'on ne pût voir encore en 1867. Le dessin du recueil Orsini n'a pas plus de valeur historique que ce navire de marbre, sculpté par Ligorio, qui existe dans les jardins de la villa d'Esté à Tivoli, au centre de la Rometta, où il représente l'Ile tibérine en réduction, parmi d'autres souvenirs et imitations des monuments de Rome\ Et peut-être même ce dessin a-t-il pour auteur, lui aussi, ce Pirro Ligorio que ses restitutions architecturales et ses falsifications épigraphiques ont rendu célèbre. Jordan a remarqué en effet qu'il ressemble beaucoup à la gravure publiée par Boissard, et l'on sait que Boissard s'est servi très souvent des manuscrits de Ligorio.

Caractère de la décoration antique. — La destruction des revêtements de Tile tibérine a commencé bien avant le xvf siècle. Il est certain du moins que dans l'antiquité, avec sa ceinture de travertin et ses ornements sculptés, elle ressemblait à un immense vaisseau de pierre. D'après Jordan, l'unique fragment conservé appartiendrait à Tavant du navire, à la proue ; la tète d'Esculape avec le serpent était l'enseigne ou T.y.^y.-f^\xy.\ on mettait d'ordinaire le T:apa!jY;;j.a à l'avant : c'est la place qu'il occupe sur plusieurs bas-rehefs où l'on voit l'image de navires anciens ; le vaisseau du dieu de la médecine descendait le Tibre et regardait vers la mer". Cette opinion

1. Gamucci, le Anlichilà délia cilla di Borna, Venise, éd. de 1580, p. 173.

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