Bouché-Leci.ercq, Hist. delà divination, t. III, p
2. AuG. Gauthier, Recherches historiques sur l'exercice de la médecine dans les temples, p. 116.
3. Festl'S, p. 237 : Qïiœ ob quasdam religiones per pacem sunt petita, ut ex Phrygia Matris Magnœ, ex Grxcia Cereris, Epidauro Aisculapi ; quse coluntur eorum more a quibus sunt excepta. — Pour les formes étrangères du culte rendu à la Magna Mater, voir Dionys., II, 19, et Sekvius, ad Georg., II,
4. Val. Max., I, 8, 2 : Legati cultu anguis a perilis accepta Isetiinde solverunt.
tuaire de l'ile'. C'est souvent en cette langue qne sont rédigées, à l'époque impériale, les inscriptions de Rome dédiées à Esculape. Dans quelques inscriptions latines mêmes, il est désigné sous son nom grec, qu'on ne prend pas la peine de déguiser'-.
En Grèce le culte d'Asklépios était inséparablement lié à l'exercice de la médecine sacerdotale. Les dévots qui fréquentaient ses temples étaient des malades implorant son intercession. Les prêtres s'appliquaient à soulager leurs maux. Interprètes des volontés d'Esculape et dépositaires de sa science, ils s'efforçaient de provoquer des cures heureuses. Le dieu passait pour l'auteur des guérisons ; son sanctuaire en recueillait tout l'honneur et le profit. Les Asklépieia servaient donc d'hôpitaux en même temps que de temples : « Avec ses vastes portiques mis à la disposition des malades, avec son prêtre et tout son personnel sacré chargé de recevoir les suppliants et •de veiller à leur bien-être, l'Asklépieion nous apparaît comme un établissement de bienfaisance, fonctionnant sous le regard de la divinité et avec le concours et les encouragements de l'Etat 3. » Il en fut de même à Rome. L'Asklépieion de File tibérine était lui aussi une sorte d'hôpital ouvert aux malades, où les prêtres, au nom d'Esculape, pratiquaient la médecine^.
La médecine sacerdotale à Rome. — Il faut avouer que la médecine sacerdotale ne paraît pas avoir été très florissante à Rome. Elle n'y rencontra pas la même faveur qu'en Grèce. Elle avait à lutter contre la concurrence à la fois de cette médecine empirique et grossière dont les Romains se contentaient avant l'arrivée du serpent d'Epidaure et de la médecine laïque et scientifique que les praticiens grecs apportèrent en Italie dès la fin du uf siècle avant l'ère chrétienne. Le temple modeste de l'île tibérine ne fut jamais aussi célèbre, aussi fréquenté que les sanctuaires d'Epidaure et de Pergame. Le silence des écrivains latins, qui ne disent rien des guérisons miraculeuses opérées dans l'île, a fait justement supposer que
\. Bouché-Leclehcq, op. cit., t. III, p. 297.
2. C. 1. L., VI, 8 : Asclepio; i3 : deo Sancto Asclep'Jo); 20 : Asclepio et Saliiti.