‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 131 sur 237 · P. GinAHD, l'Asklépieion cF Athènes, p · texte numérisé non relu

P. GinAHD, l'Asklépieion cF Athènes, p

4. Cf. C.-A. BcETTiGEii, dev Aisculapiiisilienst auf der Tiberinsel, dans Sprexgel, Beitrilge zur Gesch. der Medicin, Halle, 1794, t. Il, p. 177, — reproduit dans les Kleine Schriften de Boettioer, Dresde, 1837-1838, t. I, p. 112.

LE CULTE d'eSCULAPE DANS l'iLE TIDÉIUNE 20^

les Romains eurent peu de confiance tout d'abord dans le dieu grec de la médecine ^. L'origine hellénique du culte d'Esculape lui nuisait malgré tout auprès de ce peuple traditionnalisto et routinier, obstinément attaché à ses vieux usages. Au début, sans doute, « l'oracle fut surtout fréquenté par les esclaves et les étrangers, car il est i)lus facile de décréter l'érection d'uit temple que de changer on un instant les habitudes populaires- ». Plus tard, lorsqu'on se lassa enfin des recettes anciennes, manifestement insuffisantes et démodées, les médecins grecs ofi'rirent leurs services'^. A cette époque, les hautes classes de la société romaine n'avaient plus une foi assez vive pour être capables de préférer à des méthodes raisonnées les interventions surnaturelles d'un dieu; les progrès croissants du scepticisme et de l'incrédulité les détournaient de s'adresser à Esculape. Dans les premiers temps on se méfiait des médecins grecs; on les blâmait de gagner leur vie en traitant les malades et de faire argent de la santé d'autrui'\ Peu à peu cependant on s'habitua à leurs soins ; ils se rendirent indispensables; les gens riches et instruits n'avaient recours qu'à leur art; les petites gens continuèrent à former seuls la clientèle d'Esculape.

Ls Curculio. — On ne peut citer à l'époque républicaine qu'un texte littéraire où il soit fait allusion au culte rendu par les Romains à Esculape dans l'île tibérine. C'est une comédie de Plante, le Ciircidio. La pièce est imitée du grec, mais; toute remplie de détails empruntés à la vie journalière des Romains. La scène se passe à Epidaure, devant le temple d'Asklépios^ En réalité Plaute ne pense qu'à Rome; il oublie sans cesse le cadre fictif de sa comédie; ce senties mœurs romaines qu'il dépeint, ce sont les goûts et les défauts de ses contemporains qu'il critique. Dans l'une des principales scènes il décrit le Forum romain, qu'il appelle par son nom ; sans songer à l'invraisemblance de cette digression, il s'attarde à nous énumérer les divers groupes de marchands, de curieux

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