Plaut., Curculio
Hoc .Esculapi fanum"st.
et d'oisifs qui encombrent les abords de la place publique, et caractérise en quelques mots les occupations plus ou moins licites de cette foule bigarrée^. De même que cette place publique est le Forum romain, et non pas une agora de la Grèce, de même aussi le temple d'Esculape dont il est question dans la pièce est un temple de Rome, et non pas celui d'Epidaure. Or le seul sanctuaire romain où dès le temps de Plante on invoquât Esculape était situé dans l'île tibérine. Le Ciirculio nous permet d'affirmer que ce culte, une centaine d'années environ après l'arrivée du serpent sacré, était organisé et célébré régulièrement dans l'île. Les Romains le connaissaient bien. Ils n'auraient pas compris la comédie de Plante s'ils n'avaient été au courant des rites et des cérémonies familiers aux prêtres médecins, des nuits passées dans le temple et sous les portiques, des remèdes prescrits par le dieu en songe.
L'un des personnages est un leno qui souffre d'une fièvre violente et d'un gonflement du bas-ventre ; il se rend le soir au sanctuaire; il n'en sortira que le matin, quand les gardiens rouvriront les portes 2, Le dieu se refuse à lui rendre la santé. Le leno de gémir : « Il faut partir, puisque tel est l'avis d'Esculape ; il méprise mes prières et ne veut pas me guérir ; mes forces diminuent, mes douleurs augmentent. Quand je marche je suis oppressé comme si j'avais une corde autour du corps. On dirait que j'ai deux jumeaux dans le ventre 3. » Le dieu lui est apparu en rêve^, mais sans vouloir s'approcher de lui, sans même prendre garde à son encombrante personne ^. De