G. I. L., VI, 15 7. C. 1. L., VI
rium; peut-être provient-elle, de même que la plupart des donaria romains d'Esculape, de Tîle tibérine ou du lit du Tibre.
Inscriptions grecques. — On n'aurait de ce culte à Rome et particulièrement dans Tîle tibérine qu'une connaissance incomplète et très insuffisante si l'on ne tenait pas compte des inscriptions grecques en même temps que des inscriptions latines. Les textes les plus importants que nous ayons à citer, les seuls qui nous renseignent sur les méthodes et les procédés de la médecine sacerdotale, sont rédigés en langue hellénique. Ils datent de l'époque impériale. Rome sous l'Empire grêcisait. Habitée par une population cosmopolite, où les Romains de vieille souche et les Italiens eux-mêmes n'étaient plus qu'une infime minorité, et où dominaient les descendants des races vaincues de la Grèce et de l'Orient hellénisé, la civilisation, les mœurs, la langue de ces étrangers l'avaient envahie. Esculape était originaire de Grèce : il paraissait tout naturel qu'on eût recours à la langue de ce pays pour implorer son assistance. Il avait un temple aux environs de Rome, à Tibur ; on a retrouvé plusieurs inscriptions grecques qui proviennent de cet édifice. La principale est due à L. Minucius Natalis, consul, proconsul de Lybie, augure, légat propréteur d'Auguste en Mœsie inférieure, qui éleva au dieu de la médecine le temple et l'autel Je Tibur, en témoignage de reconnaissance'. L. Minucius Natalis est un personnage connu; il vivait au dél)ut du II" siècle de l'ère chrétienne; il descendait d'une ancienne famille de l'aristocratie ; d'autres textes épigraphiques concernant son père ou lui-môme ont été retrouvés en divers points du monde romain-. A Rome, Esculape n'eut jamais de clients aussi illustres. Sur une base découverte auprès des thermes de Trajan est gravée une longue inscription en vers, un pœan en l'honneur d'Esculape ; il y est dit que le médecin Nicomède, natif de Smyrne, a offert au dieu et placé dans le temple qu'il possédait à cet endroit une statue faite par Boéthos 3. Ce texte est du ii'' ou du m* siècle de l'ère chrétienne ;