‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 142 sur 237 · Plut., Pyrrli · texte numérisé non relu

Plut., Pyrrli

LE CULTE d'eSCULAPE DANS l'iLE TIBÉRlNE 223

la ferme conviction qn'ils en sortiraient guéris ; n'était-ce pas le meilleur moyen de guérir vraiment? Les médecins comptent souvent sur Teffet moral de leurs ordonnances bien plus que sur leur action matérielle. Esculape ressemblait sur ce point à ses modernes héritiers.

L'incubation. — C'est par des oracles que le dieu a manifesté ses volontés à Gains, à Lucius, à Julianus, à Valerius A})er. Les mêmes mots sont répétés quatre fois dans rinscriptiou de l'ile tibérine : 6 6îbç ixpr^sj.âTiasv. Nous savons comment les choses se passaient. On avait recours à la méthode oniromantique, à l'incubation^. Servius nous dit en propres termes que l'incubation consistait à dormir dans les temples pour y recevoir en songe les avis du ciel-. Les anciens distinguaient cinq espèces de songes : èvJ7:viov,9âvTai7;j.a, cvsipcç, opa[;.3{. y^^r,\j.x-i'j\).zz. Par l'incubation on se procurait des rêves de la cinquième catégorie, les plus précieux; un dieu apparaissait au dormeur pour l'instruire et le conseiller. Tous les dieux pouvaient être ainsi évoqués, mais l'incubation servait surtout à interroger les divinités guérisseuses. Esculape donnait toujours aux fidèles ses consultations médicales pendant la nuit, au moyen des songes ou des visions qu'il leur envoyait. Dans la plupart des Asklépieia un espace plus ou moins vaste et des édifices spéciaux étaient réservés exclusivement à la pratique de l'incubation. Le temple lui-même n'avait pas en général des dimensions assez considérables pour qu'il pût abriter la foule des malades ; les prêtres seuls y pénétraient. Mais près de là s'élevaient des portiques aménagés pour recevoir les suppliants qui venaient y dormir'^. Pendant leur sommeil, Esculape se manifestait à

1. Sur lincubalion, consulter : Bouché-Lecurucq, Hisl. de la divination, t. m. p. 271 et suiv., avec une bibliographie de la question à la page 271. — Le principal travail arvcien sur l'incubation est celui de II. Meikomil'S, de Incubatione infanis deoruin medicinae causa oliin facta. Helmstadt, 16o9. — 11 faut citer le livre de vox Rittehshai.n, der Medicinlsclie Wiinderr/laiibe und die Incubation im Alferthume, Berlin, 1879. — Parmi les études parues depuis la publication de l'ouvrage de M. Bouché-Leclercq, citons : C'""' Caet.vxi Lo- VATEI.LI, / sogni e Vipnotismo nel monda antico, dans la \uova Antologia, i" décembre 1889, réimprime dans ses Miscellanea archeologica, Rome, 1891, p. 108; — Deubnek, op. cit.; — Lecii.vt, article Incubalio, dans le Dictionn. des Antiq. de DAHE.MBEitG et Saglio.

2. Sekvius, ad Mn., VU, 87 : Incubare dicuntuv propvie hi qui dormiunt ad accipienda responsa, unde est : ille incubât Jovi, id est dormit in Capitolio ut responsa possit accipeve. — Le mot incubalio est la traduction du mot grec

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