‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 143 sur 237 · Paus.vn · texte numérisé non relu

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eux « comme un sauveur et un médecin » ; il leur faisait connaître ses prescriptions, souvent il soignait lui-même les parties du corps dont ils souffraient ^

Deux contemporains des Antonins, ^lius Aristide, « le client modèle d'Asklépios »-, dans ses Discours sacrés, et Artémidore d'Ephèse, dans les cinq livres de ses Oneirocritica ou traité de l'interprétation des songes, nous ont laissé d'intéressants détails sur l'incubation. L'auteur qui nous la fait connaître le mieux est Aristophane. La comédie du Pliitus, composée aux premières années du iv*" siècle avant 1 ère chrétienne, renferme une amusante description des scènes qui se passaient la nuit dans l'Asklépieion d'Athènes. L'esclave Carion raconte à une femme comment, grâce à Asklépios, Plutus a recouvré la vue. Plutus se lave d'abord dans la mer, pour se purifier. Arrivé au sanctuaire, il dépose des parfums, comme offrande, sur les autels, se prosterne en signe d'adoration et se couche sur les tapis qui recouvrent les dalles du temple. Le prêtre d'Asklépios fait éteindre les lumières et recommande le silence. Bientôt paraît le dieu, accompagné de Jaso et de Panacéa ses filles. Il visite les malades et les examine tous; il prépare les remèdes qui les guériront; il broie dans un mortier diverses herbes dont il fait un collyre et l'applique aussitôt sur les yeux de l'aveugle Néoclidès. S'approchant de Plutus, il essuie ses paupières avec un linge fin ; Panacéa enveloppe la tête de l'aveugle dans un voile de pourpre ; Asklépios siffle, deux serpents sacrés accourent, se glissent sous le voile, lèchent les paupières ; Plutus voit 3. Les cures miraculeuses que rappellent les stèles d'Epidaure ne diffèrent en rien de celles qu'opérait Asklépios à Athènes et qu'Aristophane a transportées au théâtre. C'étaient partout les mêmes hallucinations que le dieu de la médecine suggérait et les mêmes moyens qu'il mettait en œuvre.

Le Curculio de Plante nous montre que les Romains à l'époque républicaine connaissaient parfaitement l'incubation. On a le droit de supposer qu'elle fut pratiquée dès l'origine

i. EusEB., Vita Consfanlini, 111, 56 (à propos de la destruction d'un temple d'Asklépios en Cilicie, sur l'ordre de Constantin) : M-jpt'wv iTtTorijAÉvwv in' aù-roi (I)i; av £7:1 crwxript xai tatpM, tzozÏ [aÈv èTttçatvoixévo) xoïç èyy.aÔeuSoyTt, ttotÈ Se twv Ta <TM\).a,za. xafxvdvTwv îwjjlévw ràç v^croui;.

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