‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 144 sur 237 · Abistoph., Plutus · texte numérisé non relu

Abistoph., Plutus

LE CULTE D ESCLLAPE DANS L ILE TIBÉIUNE 225

dans le sanctuaire de l'ile tibérine, et de la même façon qu'en Grèce. Cicéron l'attaque très vivement et s'en moque, au livre second de son traité de Divinatione : « Comment admettre que les malades aillent demander des remèdes à l'interprète des songes plutôt qu'au médecin? Ainsi Esculape et Sérapis pourraient nous prescrire la guérison de nos maux par les rêves, et Neptune serait incapable de diriger les pilotes par le même secours ? Minerve fera des cures sans qu'interviennent les médecins, et les Muses ne communiqueront pas à ceux qui rêvent la connaissance de l'écriture, de la lecture et des autres sciences? Cependant, si la guérison d'une maladie s'obtenait par le sommeil, nous pourrions acquérir pareillement toutes les connaissances que je viens d'énumérer; comme il n'en est rien, j'en conclus que la médecine ne nous est pas plus donnée que le reste' ». Mais ces (critiques mêmes prouvent simplement qu'au temps de Cicéron l'incubation devait avoir à Rome de nombreux partisans. La passion folle pour le surnaturel qui régna sur le monde romain pendant l'Empire ne fit sans doute qu'augmenter son succès'-. La grande table votive de l'île, en langue grecque, atteste qu'Esculape manifestait ses volontés par les songes appelés 7pr,;j.a-:ic7[j.ou Sur deux inscriptions latines de Rome il est question d'offrandes faites au dieu de la médecine sur son ordre, pour obéir à une vision : ex jusso numinis dei'^^ ex viso''.

Il serait intéressant de savoir comment se préparaient les apparitions, et dans quelle mesure la supercherie des ministres du culte secondait la naïveté des croyants. Nous en sommes réduits malheureusement aux conjectures"'. 11 est probable

1. Gic, de Divin., II, 59, 123 : Qui igitur convertit œgros a conjecture somniortim potius qiiam a inedico petere medicinam ? An jEsculapius, an Serapis polest tiofjis prspsct'ihere per somnium cnralionein valetudiîiis, Nepfunus f/ubemanlibiis non polest? et si sine medico medicinam duhit Minerva, Musas scribendi legendi celerarum artium scienlium somniantif)us non dabunt? At si cuvatio daretur valeludinis liœc quoque quse dixi darenlur; quae quoniam non dantur, medicina non datur ; quasublala tollituv oninis auctoritas somniovum.

2. Lafaye, Btdlet.archeol.de la relig. rom., dans la Reo. de Vhist. desRelig., t. XVIII, 1888, p. 77.

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