C. L L., VI, 14 (inscription de la villa Albani
4. G. I. L., VI, 8 (inscription du musée du Vatican, galerie des Candélabres).
5. L'un des textes les plus intéressants sur ce sujet est un passage de SïHABO, XIV, p. 6i9, à propos du Plutonium d'Acharaia, entre Tralles et Nysa : les prêtres indiquent aux dévots qui viennent passer la nuit dans le sanctuaire ce qu'ils doivent faire ; ils interprètent et commentent leurs visions : au besoin même ils couchent dans le temple à leur place et pour leur compte.
qu'au début on se contentait d'abandonner les malades à leur propre imagination surexcitée. On leur avait tant parlé d'Esculape et de ses cures qu'ils ne pouvaient faire autrement dans le silence et l'obscurité de la nuit, que de s'imaginer, par autosuggestion, le voir et l'entendre. Les prêtres se bornaient à provoquer les songes par leurs réflexions savamment ménagées, et à les interpréter : « C'est sur les conseils d'Asklépios qu'ils composent les remèdes, et disent quelles herbes il faut appliquer aux plaies humides ou sèches, comment faire les potions qui guériront les hydropisies, arrêteront les hémorragies, mettront un terme aux phtisies^». Plus tard, il fallut trouver mieux. On a supposé que l'incubation était devenue une véritable comédie jouée par les prêtres : ils se déguisaient euxmêmes en Esculape; prenant ses traits et ses attributs, ils profitaient de l'émoi des malades pour parcourir les portiques à la faveur de l'ombre, palper et ausculter les suppliants et donner des avis qu'on tenait pour divins et proférés par le dieu lui-même-. Cette hypothèse nous aiderait à comprendre la scène du Plutus et les stèles d'Epidaure ; tous les clients d'Asklépios affirment qu'ils l'ont vu et entendu. Elle nous expliquerait aussi la valeur médicale de quelques-uns des traitements prescrits. Le déguisement que prenaient les prêtres leur permettait de faire profiter les malades de leur expérience et do leur savoir. Il est fâcheux que les noms des habiles gens qui opéraient au nom d'Esculape dans l'île tibérine soient oubliés et que nous ne connaissions pas Torganisation de leur collège. Tout rapprochement avec Epidaure serait vain. Mieux vaut avouer notre ignorance, faute de documents.
Les animaux sacrés. — L'Asklépieion romain renfermait, comme les Asklepiéia de Grèce, un certain nombre d'animaux consacrés, qui servaient aux cérémonies religieuses. On peut le conclure d'un passage de Festus où cet auteur, après avoir rappelé la fondation du temple de l'île, recherche le sens de quelques attributs ordinaires d'Esculape. Le dieu tient k la main un bâton noueux, emblème des difficultés de l'art médical. Il porte une couronne de laurier, parce que de cet arbre on tirait des remèdes. On voyait dans son sanctuaire, au rap-