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LA FIN DU CULTE D ESCULAPE A HOME

s'est demandé si une église des saints Exuperantius et Sabinus ne s'élevait pas précédemment à cet endroit ' . Les chrétiens l'auraient construite au moment de la disparition du paganisme, sur remplacement du temple antique d'Esculapo et avec des matériaux empruntés aux ruines. On aurait fixé à dessein la fête du monument au 30 décembre : depuis longtemps les Romains avouent Tliabitude de se rendre dans l'île tibérine à ce moment de l'année pour assister à une cérémonie religieuse ; on voulut que le sanctuaire chrétien héritât de la popularité du sanctuaire païen et attirât la même affluence. Plus tard, Otton III le reconstruisit de fond en comble ; saint Adalbert en devint le patron, puis saint Barthélémy; les reliques des saints Exuperantius et Sabinus furent reléguées dans une chapelle latérale ; elles y sont encore. La fête du 30 décembre a perdu sa primitive importance, mais elle n'a pas cessé d'être observée ; si les hypothèses de M. von Duhn sont fondées, c'est un legs du paganisme au christianisme, une survivance inattendue et déguisée du culte d'Esculape.

Hôpital et hospice dans l'île tibérine. — Il ne faut pas cependant abuser des rapprochements et des coïncidences. On aurait tort de croire que le grand hôpital qui occupe maintenant tout un quartier de l'île ait été fondé en mémoire du temple d'Esculape. Sans doute les Asklépieia méritaient le nom d'hôpitaux ; les portiques sacrés servaient de dortoirs aux malades qui attendaient les révélations du dieu, et les prêtres étaient aussi des médecins. Mais les fondateurs de l'hôpital actuel n'ont point songé à perpétuer une tradition païenne. Les Frères de Saint-Jean-de-Dieu ne s'y établirent qu'en 1572, sous le pontificat de saint Pie V; le couvent qui leur fut concédé et qu'ils transformèrent en établissement de bienfaisance et d'assistance avait été occupé jusqu'alors par des religieuses bénédictines-. Quand l'île tibérine fut rendue à son antique destination et abrita de nouveau des malades, le souvenir du culte d'Esculape était depuis longtemps aboli.

Ce qui est vrai, c'est que par sa position, elle semblait pré-

1. NissEN, Ueber Tempel-Orienlining, dans le Rheinîsches Muséum, 1874, t. XXIX, p. 392; — Von Dlhn, dans le îiullett. delVInstit. archeoL, 1879, p. 7 ; — du même auteur, dans les M'dlheil. des archàol. Inslit., Riem. Abtheil., 1886, p. 172.

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