CHAPITRE 1 JUPITER JURARIUS ET VEJOVIS
Examen d'un passage de Vitruve. — Il y avait dans File libérine, au siècle d'Auguste, un temple de Jupiter^. Vitruve le mentionne expressément. Au livre III du traité de Architectura, le temple de Jupiter et de Faunus dans l'ile tibérine est cité comme exemple de monument prostyle''. Ce texte est embarrassant et prête à la discussion. S'il n'y avait eu entre les deux ponts, outre le sanctuaire d'Esculape, qu'un seul temple, consacré à la fois à Jupiter et à Faunus, le témoignage de Vitruve serait très précieux ; on pourrait l'accepter de confiance. Mais il est certain, d'après les auteurs et les inscriptions, qu'il faut distinguer deux édifices, dédiés, l'nn à Jupiter, l'autre à Faunus. Vitruve est le seul qui associe ces divinités si étroitement et ne leur attribue qu'une demeure en commun. Se serait-il trompé? n'aurait-il pas pris pour un temple unique deux temples séparés? En général, cependant, il est exact et bien informé ; il vivait à Rome ; il a vu lui-même tout ce qu'il décrit; on ne peut guère le supposer capable d'une erreur si grossière.
Jordan, prenant sa défense, s'est demandé si en effet, malgré le silence des autres sources, Jupiter et Faunus n'étaient pas adorés ensemble et dans le même temple"'. La fête de Faunus
1. AusT, de Mdihus sacris popuU romani, p. 20 n" 41, [aedes Vediovis) — Kiepeut-Hlelsex, Nomencl. topog., p. 89 [lemplum Vejovis); — Homo, Lex. de topogr. rom., p. 023 {lemplum Vejovis). — Cf. Jordan, de AEsculapii Fauni .Vejovis Jovisque sacris urbanis, dans les Comme ntationes in honorem Mommseni, p. 359.
2. ViTRUv., III, 2 : Prostijlos omnia habet quemadmodum in atitis, columnas auLem contra anlas angidares duos, supraqiie epislylia quemadmodum et in an'lis, et dexlra ac sinistra in versuris singula. llujus exemplar est in însula tiberina in œde Jovis et Fauni.