Cf. ci-dessus, p. 70 (C. 1. L., VI, 29.454 et
La découverte de l'année 1854 a fait connaître l'emplacement occupé par le temple de Jupiter et le nom spécial sous lequel on y invoquait le dieu.
Emplacement du temple. — Ovide ne dit pas en quelle partie de l'île se trouvait le temple. Il se borne à déclarer qu'il était au même endroit que le sanctuaire d'Esculape, et relié à celuici. L'expression est vague et équivoque. Aussi les érudits, avant les fouilles de 1854, avaient-ils émis sur la question des avis discordants. D'après Venuti, par exemple, les murs en grand appareil qu'on voyait encore au xviif siècle à la pointe nord de l'île tibérine vers l'amoni, marquaient la place de l'ancien temple de Jupiter i. Il aurait suffi cependant de se reporter à un autre passage des Fastes d'Ovide — sur lequel nous reviendrons plus loin — pour se convaincre que l'édifice situé dansl'île» à l'endroit oti se partagent les eaux du Tibre » était dédié à Faunus-. Canina a commis une autre erreur : sur l'un des plans restaurés qu'il a publiés, le temple de Jupiter figure à la pointe sud, vers l'aval, tandis qu'il réserve au sanctuaire d'Esculape et à ses dépendances toute la partie centrale, au nord des deux ponts 3. Mais nous avons démontré précédemment, à l'aide des inscriptions et de quelques vestiges subsistants, que le sanctuaire d'Esculape s'élevait à la pointe sud; il fallait chercher ailleurs la demeure de Jupiter. Désormais le doute n'est plus possible : on l'avait construite dans la partie centrale de l'île, au nord de la rue qui reliait les deux ponts Fabricius et Cestius, à peu près au lieu même que Canina assignait d'abord à Esculape. Il n'est pas inutile de rappeler que l'archéologue Ficoroni avait acquis au xvuf siècle une tête de Jupiter, découverte dans cette région « sur le site de l'hôpital des Frères de Saint-Jean-de-Dieu ^ » ; elle appartenait sans doute à une statue qui décorait l'édifice antique.
La majeure partie du pavage en mosaïque se trouve sous l'une des salles du couvent des Frères; l'église Saint-Jean-
1. R. Vexuti, Descriz. topogr., parte II, capil. IV. — II donne au Jupiter de l'ile, comme Casimiro, Ficoroni, Guattani, etc., l'épithète de Lycaonius, que rien ne justifie (Cf. plus haut, p. 81).