Mommsen, dans le G. I. L., 2° éd., p. 30o
JUPITKR JURUUCS ET VEJOVIS 2G5
simt^ et tout' un membre de phrase supprimé; c'est abuser vraiment des conjectures et des hypothèses. Et pourquoi tant d'efforts? la théorie ne pèche-t-elle pas par la base? Jordan s'ingénie à rétablir partout le nom de Vejovis. Mais c'est à Jupiter que le temple de l'île était consacré; le de Architectura de Vitruve, les Fastea d'Ovide et l'inscription du pavage en mosaïque le prouvent ; le calendrier de Préneste i)arlo, il est vrai, d'un sacrifice fait in insiila; mais cela n'implique aucunement, on l'a vu, l'existence d'un temple de Vejovis en ce lieu. Les corrections proposées ne sont pas fondées. On aurait le droit, à la rigueur, de maintenir au livre XXXI la leçon œdemqiie deo Jovi '; si insolite qu'elle soit, elle n'a rien, après tout, d'incorrect ni de barbare. En tout cas, mieux vaut lire avec Sigonius œdesque duas Jovi- que âsdemque Vediovi avec Jordan. On concilierait ainsi les passages des livres XXXI et XXXIV avec celui du hvre XXXV : L. Furius Purpureo promit, à la bataille de Crémone, d'élever à Jupiter deux temples: celui de l'île tibérine, dédié en 560/194, et l'un de ceux du (\ipitole, dédié en 562/192. Aux livres XXXIV et XXXV il faut conserver œdcs Jovis, sedes diiœ Jovi. Point n'est besoin de supprimer un seul mot. Les deux sanctuaires de Jupiter au Capitole furent voués par Purpureo, l'un pendant sa préture, à la bataille de Crémone, en même temps que celui de l'île tibérine, l'autre, pendant son consulat. Tite-Live en effet, nous apprend ailleurs que Purpureo, étant consul, eut à combattre les Boïens et remporta sur eux des victoires '^\ il aura fait au cours de cette compagne son second vœu à la divinité qui l'avait déjà favorisé^.
Le culte de Jupiter Jurarius dans l'île. — Un seul point reste obscur. Comment expliquer que L. Furius Purpureo, pour tenir l'engagement pris à Crémone, ait construit simultanément deux temples de Jupiter et qu'il ait mis l'un d'entre eux dans l'île, tandis qu'il plaçait l'autre sur le Capitole?
On pourrait essayer de résoudre cette difficulté en rappro-
1. M. MuELLER, dans son édition de Tite-Live, Leipzig, 1897, écrit : aedemque Diiovi, reprenant une conjecture peu heureuse de Valesius, à laquelle Jordan n'avait pas cru pouvoir s'arrêter (Cf. Jokdan, loc. cit., p. 266; — Preller-Jor- DAS, Rœm. Myth., t. 1, p. 262, en note.