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JUPITER JUBARIUS ET VEJOVIS 269
de Jiipiter-Zeus, Le rapprochement des deux cultes dans l'île devait paraître très justifié et presque nécessaire; la célébration des deux fêtes le même jour le consacra.
Quant au temple de Jupiter, élevé sur le Capitole par les soins de L. Furius Purpureo, il faut remarquer qu'on l'inaugura huit ans seulement après la bataille de Crémone. Purpureo le fit construire pour épuiser, en quelque sorte, les effets de sa promesse exaucée et manifester sa gratitude envers le Jupiter Capitolin des Romains en même temps qu'à l'égard du Jupiter Jurarius au Zîj; op-Aioq des Grecs. Sur ce point particulier l'explication à laquelle nous avions songé tout d'abord reste vraie, à condition seulement de restituer au dieu des serments sa véritable nationalité et de le rattacher non pas à la Gaule mais à la Grèce.
Le culte de Vejovis dans l'île. — C'est donc à Jupiter Jurarius que le temple de l'île tibérino était dédié. Il faudrait savoir cependant pourquoi l'on y offrait un sacrifice à Vejovis le 1" janvier, jour de la fête de Jupiter. D'où vient que ces deux divinités aient été ainsi honorées à la même date et au même lieu?
Klausen croyait que le culte de Vejovis était célébré dans l'île depuis une très haute antiquité et longtemps même avant la fondation du sanctuaire d'Esculape'. Vejovis paraît être d'origine purement latine. On lui offrait des sacrifices sanglants, en souvenir des usages cruels de l'époque primitive ; des chèvres lui étaient immolées t'itu hinnano-. Un petit autel trouvé à Bovilla dans le Latium-^ porte à sa face antérieure les mots :
Vediovei patrei \ gentiles Jidiei à la face opposée :
Leege A Ibana dicata sur le côté (Jroit :
Vedi... ara
« A Vejovis patei\ les membres de la gens Julia ; dédicace faite en vertu de la loi albaine. »
1. Klausen, Aineasunddie Penalen, Uamhowrg, 1840, t. II, p. 1091-1098. Klausen suppose que le temple de l'ile était dédié à Vejovis, et non à Jupiter; il raconte à sa manière toute l'iiistoire de ce sanctuaire et celle du temple de Faunusininsula. Ses déductions sont trop fantaisistes pour qu'on s'attarde k les réfuter. Merkel, dans les Proleyinn. de son édition d'Ovide, Berlin, 1841, p. ccxiv, les apprécie sévèrement : Talia non semper aequo animo legi possunt.