C. I. L., I, 1-" éd., 807; XIV
270 LES CULTES SECOiNDAlRES
Bovilla avait été colonisée par Albe la Longue ; ses habitants s'appelaient Albani Longani Bovillenses. La gens Jiilia prétendait qu'elle était venue d'Albe à Rome sous le règne de Servius Tullius^ ; on éleva une statue à Auguste après sa mort aux environs do Bovilla, comme au berceau de sa race 2. L'inscription dédiée sous la République par les gentiles Juliei nous montre que l'on invoquait très anciennement Vejovis dans le Latium. A Rome on l'adorait au Capitole et dans l'île; l'un était la citadelle de la ville, l'autre un poste avancé faisant face à la rive étrusque du Tibre; ces deux points du sol romain jouaient un grand rôle dans le système de défense de la cité; on y avait localisé le culte de Vejovis parce qu'il était lui-même un dieu guerrier : n'est-il pas le Jupiter mauvais et terrible, celui par conséquent dont on veut attirer les coups sur l'ennemi? Du jour où les Romains occupèrent l'île tibérine et songèrent à la fortifier pour repousser les incursions des Etrusques, c'est-à-dire dès le début de l'époque républicaine on y fit des sacrifices à Vejovis...
Jordan s'est rallié à cette théorie'^. On ne peut cependant l'adopter. Le dieu n'a jamais eu le caractère guerrier que lui attribue gratuitement Klausen. C'est de Jupiter, et non de Mars, qu'il faut le rapprocher. Les Romains firent des sacrifices dans l'île en son honneur et lui élevèrent un temple au Capitole, parce qu'ils adoraient en ces deux endroits Jupiter lui-même. On comprend que Vejovis prit place au Capitole, auprès de Jupiter très bon et très grand, optimns maxi?m(s, considéré dans l'universalité de ses manifestations et la plénitude de ses attributions. Pour qu'on l'ait associé aussi au Jupiter Jurarius de l'île tibérine, de préférence à tout autre, il faut qu'il ait eu avec lui particulièrement quelque rapport ou quelque ressemblance.
On sait seulement de ce Jupiter Jurarius ce que nous apprennent l'étymologie de son nom et l'exemple du Zeù; 'ipxicq des Grecs; les Anciens voyaient en lui le dieu des serments et des promesses ; on devait dire à Rome ce que disait Pausanias du Zeù; cpy.isç d'Olympie : « il inspire l'effroi aux