Voir ci-dessous, p
2. Justin. Martyiî, Apol. Pr., 26 : Kal 'EXévy^v rivà, tyjv <TV!A7r£pivoi7tr|<TaTav aÙTw 7.az' èxeïvoy xoû xaipoû, TrpéTspov ItzI -réyo-j; TTaÔetaav, ttjv aTt'a-jtoC k'vvotav 7:po)TY)v yevo(/.£vr)v Xé-^ouTt.
3. Voir, outre le texte de saint Augustin cité plus haut, Pseldo-Clemens, Recognit., II, 9 : Adorabor uL deus, jjublicis divinis donabor honoribus, ita ut simulacrmn mihi statuentes tanquam deum colenl et adorent. — Iren., Contra hsRves., 1,23, in fine: hnaginem quoque habent fuctam ad fir/uram Jovis et Selenap {aliter Helenae) in figura Mincrvœ, et has adorant. Saint Irénée distingue cette statue de Simon sous les traits de Jupiter de celle que lui éleva Claude et qu'il cite au même paragraphe quelques lignes plus haut. — Epiphan., Adv. haeres., 21, 3 : 'A/Xà xai slxôva Ttvà 7rapîSs6(ùX£ toïc aÙTrii, w; 5f|6cv a-JTO-j o'jaav. Kal Ttpooxyvovo-tv a-jTY|v èv stSet Ato; ■à).Xr|V cï oïday-rw? 'EXsvvjç elxova itapéôwxev a-JToï; k'v 5(pr,(AaTi 'Aôrivôtç, xal Ttpoaxyvo-jo-t xa-jTa; oî Ttpoç a-jToO
f|7iaTr||A£V0t.
4. Cass. Dio, LX, 23 : 'H ttôXc; ttoXXwv elxôvwv àTiXïipovTO (i^v yàp àvéûr// toi; PouXo!i.évc>tç £v Ypa9yi xal èv yaXxw XtOw xe 8r|(ji,oiTt£U£(i9at).
noms, et cru que la statue de Scino Suncus était celle de Simon le Magicien. On peut admettre que l'imposteur est venu à Rome, qu'il a réussi à s'y faire passer pour un dieu, que les Romains lui ont dédié des statues, sans cesser de soutenir que le fait particulier relaté par l'auteur de V Apologie à Aiilon'ui est inexacte
Remarquons tout d'abord qu'aucun autre écrivain n'affirme que l'image de Simon était située « au milieu du Tibre, entre les deux ponts ». Ceux qui parlent plus tard des honneurs divins rendus au Magicien par les Romains ne disent pas où se trouvait sa statue ; cette omission ne serait-elle point volontaire? L'erreur commise n'aurait-elle pas été aperçue et signalée? Le silence des contemporains est encore plus probant. Saint Justin a pu se tromper lui-même ou se laisser abuser par quelque chrétien de Rome, d'origine étrangère. Les Romains de naissance qui ont écrit à la même époque ou au siècle suivant des libelles apologétiques ou de polémique, tels que saint Hippo- Ivte par exemple, ne mentionnent même pas le monument élevé à Rome au Magicien.
La légende romaine de Simon comme on l'appelle généralement, est plus récente que la tradition rapportée par saint Justin, et toute différente; elle la contredit même sur quelques points. C'est un décalque de la légende syrienne du même personnage, tardivement localisée à Rome : en présence de l'empereur Néron, les apôtres saint Pierre et saint Paul s'unissent pour combattre l'imposteur samaritain ; Simon veut s'envoler dans les airs, afin de montrer sa toute-puissance magique; les prières de saint Pierre conjurent ses sortilèges ; il tombe sur le pavé du Forum et se brise les os ''. D'après cette version, le séjour du Magicien à Rome aurait eu lieu sous le règne de
1. M*' DucHKS.NE, les Orir/ines chrétiennes (cours autographié, Paris, s. d.), p. 92. — Cf. du même auteur, dans le Bullelt. di archeol. crist., 1882, p. 106. — M'' Duchesne conteste l'affirmation de saint Justin et veut montrer que Simon n'a pas eu de statue dans l'île tibérine. Parmi les arguments qu'il fait valoir, il en est un qu'on ne saurait adopter : les disciples de Simon n'auraient pu lui consacrer une statue dans l'île où se trouvaient les sanctuaires de plusieurs anciennes divinités romaines ; le culte nouveau d'un magicien oriental n'aurait pu s'établir si près des cultes de Jupiter, de Faunus, d'Esculape. En réalité, tous ces sanctuaires prétendus anciens sont de fondation relativement récente et l'île recevait justement sur son territoire les cultes que, pour une raison ou pour une autre, on ne voulait pas admettre dans la cité môme, à côté des vieux cultes urbains.
2. Le plus ancien texte qui fasse allusion à la légende romaine de Simon le Magicien est l'ouvrage anonyme des Philosophumena, écrit vers l'année 225 :
Néron; saint Justin la place sous le règne do Claude, une quinzaine d'années plus tôt. Elle assure que les Apôtres empêchèrent Simon de se faire reconnaître comme un dieu par les Romains ; saint Justin laisse clairement entendre que l'apothéose ne souffrit aucune diiïïculté. La légende romaine n'a rien de commun avec notre récit et ne peut être invoquée pour le justifier. L'apologiste déclare qu'il y avait de son temps dans File tibérine une statue de Simon le Magicien avec une inscription qui lui était dédiée : Simoni Deo Sancto. Nous savons qu'il existait à cette place une statue et une inscription de Semo Sancus, Senioni Sanco Deo. Le seul rapprochement de ces deux textes fait ressortir l'erreur de saint Justin et l'explique. C'est bien l'inscription retrouvée en 1574 qu'il a vue dans l'île ou qu'a relevée le chrétien qui l'a renseigné. Il a rédigé son ouvrage aux environs de l'année 140 ^ L'inscription, d'après l'aspect des lettres, leur ferme tracé, leur belle gravure, ne peut être postérieure au ii" siècle de l'ère chrétienne 2. Il est naturel que saint Justin ait cru qu'elle remontait au règne de Claude, à l'époque même où vivait le Magicien. Comment s'étonner de la faute de lecture qu'il a faite ? Il a pris les mots Semoni Sanco pour Simoni Sancto ; l'E en latin était quelquefois indûment employé à la place de l'I ; Suétone attribue les premiers désordres provoqués dans Rome par la présence des disciples du Christ aux excitations d'un certain Chrestus^; un étranger, un grec chrétien, qui connaissait l'histoire de Simon le Magicien et qui avait le droit assurément d'ignorer le culte de Semo Sancus, a pu croire qu'une inscription consacrée à ce dieu s'adressait à l'imposteur. Si bien informé que soit en général saint Justin, on a relevé dans son œuvre des négligences plus graves et moins excusables : il cite avec con-
Simon se fait enterrer vivant, disant qu'il ressuscitera quand il le voudra ; les prières de saint Pierre empêchent qu'il tienne sa gageure, et il ineurt. C'est seulement au cours du ni" siècle et au début du iv que la légende prend sa forme définitive. Elle est exposée dans les Actes apocryphes des apôtres saint Pierre et saint Paul, les Actes des saints Nérée et Achillée, les Actes des saints Processus et Martinien. Cf. M^' Duchesxe, les Origines chrétiennes, p. 95; — et A. Dufourcq, Elude sur les Gesla martyrum romams, p. W'I.
1. On lit en effet au chapitre 46 : Ilpb èroiv éxaiov Ti£VTr,xovi:a yeYSvvfiTÔat
TOV Xpt(7T0V.
2. C. L. ViscoNii, Di un siimilacro ciel clio Semo Sancus, dans les Sludi di sloria e dirilto, 1881, p. 123.
3. SuETON., Claud., 23 {Claudius) Judœos, impulsore CJireslo assidue lumultuunles, Roma expulit.
LA STATLR DE SEMO SAÎsCUS 270
fiance les apocryphes, il fait d'IIcrode un contemporain de Ptoléniée Pliila<leli)he '. Peu importe qu'il ait passé sous silence les autres statues de Semo Sancus à Rome pour ne citer que celle de l'île tibérine. Peut-être ne connaissaii-il que cette dernière : un grand nombre de chrétiens habitaient les quartiers pauvres du Transtévère^; ils ne pouvaient manquer d'apercevoir, en traversant l'île, la statue de Semo; le Quirinal était plus éloigné de leurs demeures habituelles, et ils auraient dû, pour y déchiffrer les dédicaces consacrées au dieu, pénétrer à l'intérieur môme de son sanctuaire. Peut-être aussi les inscriptions du Quirinal prêtaient-elles moins à l'équivoque ; deux d'entre elles, qui nous ont été conservées, commencent par les mots Sanco Sancto Semon[i) et Semoni Sanco Sancto Deo ; on comprend qu'elle n'aient pas aussi bien rappelé aux chrétiens le souvenir de l'imposteur Simon,
L'erreur de saint Justin paraît bien évidente et indéniable. De ce passage de V Apologie à Antonin il n'y a qu'une chose à retenir : c'est qu'au if siècle de l'ère chrétienne la statue de Semo Sancus dans l'île, dont l'inscription de 1574 nous prouve d'autre part l'existence, passait auprès de quelques chrétiens de Rome d'origine étrangère. Grecs ou Orientaux, pour l'image de Simon le Magicien.
Le culte de Semo Sancus à, Rome. — Nous connaissons par d'autres documents que l'inscription de 1574 et le texte de saint Justin le culte que les Romains rendaient à Semo Sancus ; il est nécessaire d'y recouru- pour savoir ce qu'était en réalité ce dieu et pourquoi un petit monument en son honneur s'élevait auprès des temples d'Esculape, de Jupiter et de Faunus 3.
D'après la tradition, Semo Sancus Deus Fidius, ou mieux Semo Sancus Dius Fidius^, serait un roi sabin divinisé^. Son culte aurait été introduit dans la cité romaine par les Sabins