‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 198 sur 237 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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4. Consulter sur ce point, outre le commentaire des Fastes, par Mommsen, dans le G. I. L., I, 2" éd., p. 283, l'intéressante Conclusion du livre de Fowler, the Roman festivals.

sivement agreste qui ont empêché de l'introduire dans la cité. Nous ne possédons sur lui que fort peu de renseignements authentiques et anciens i. On n'a retrouvé à Rome ou aux environs aucune inscription qui lui soit dédiée 2. Les textes littéraires qui le concernent sont relativement récents et souvent suspects. Quand les érudits et les lettrés grecs ou disciples des Grecs entreprirent de mettre en harmonie la religion romaine et la religion hellénique et de les confondre l'une avec l'autre, ils assimilèrent Faunus à Pan^ et les faunes aux satyres^; il ne faut pas être dupe de ces rapprochements tardifs ; ils ont toujours quelque chose d'artificiel et de forcé ; le Faunus italique ressemblait sans doute par certains côtés au dieu Pan, mais il devait aussi s'en distinguer par quelques traits, que, malheureusement, les écrivains postérieurs laissèrent dans l'ombre. D'autre part, les annalistes, qui interprétaient à leur façon les vieilles traditions, racontèrent qu'il était un roi des Aborigènes divinisé'', le troisième sur la liste légendaire des rois du Latium^, et qu'il représentait une

1. Voir sur Faunus : Preller-Jokdan, Rœm. Mythol., t. I, p. 379; — Hild, article Faunus dans le Dictionn. des Antiq. de Dakemberg et Saglio ; — WissowA, article Faunus dans le Lexicon de Rosciieh ; — P'owler, op. cit., p. 236 et p. 312; — Aust, die Religion der Rfimer, p. 138.

2. On a découvert, au contraire, dans la campagne et dans Rome môme un très grand nombre d'inscriptions consacrées à une autre divinité rurale et ancienne, analogue à Faunus, Silvanus. Le culte de Faunus semble avoir été assez vite oublié ; le culte de Silvanus a survécu en se transformant : le dieu rustique des bois fut honoré comme le gardien des jardins et des propriétés, custos horluli, tutor finium (Fowler, op. cit., p. 2o8).

3. Probus, ad Georg., 1, 10 : Eundem Pana, eundem Inuum, eundem Faunum quidam interpretanlur.

4. Les Fauni ressemblaient au dieu Faunus, dont ils étaient comme autant de répliques inférieures et atténuées; ils possédaient les mêmes attributions que lui; c'étaient des génies lubriques, errant dans les campagnes ; ils apparaissaient aux paysans ; ils exerçaient sur les récoltes et les troupeaux une influence tantôt salutaire, tantôt néfaste. — Wissowa {loc. cit.) pense qu'il n'y avait à l'origine qu'un seul Faunus ; par imitation de la mythologie grecque on imagina ensuite des Fauni secondaires correspondant aux Satyres, comme Faunus correspondait à Pan. — D'après Fowler {op. cit., p. 260), la croyance aux Fauni serait antérieure au culte d'un P'aunus unique; on se figurait d'abord qu'un nombre infini de divinités toutes pareilles protégeaient les campagnes elles pâturages; la conception d'un seul Faunus est le produit d'un travail ultérieur d'abstraction et de simplification. Les textes qu'allègue M. Fowler (Varro, de Ling. lut,, Vil, 36; Servius, ad Georg., I, 10) prouvent tout au moins que les Fauni étaient connus et adorés en Italie, comme Faunus lui-même, avant toute pénétration hellénique et en dehors de toute assimilation aux divinités de la Grèce.

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