‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 200 sur 237 · Oviu., Fast., m · texte numérisé non relu

Oviu., Fast., m

3. II faut ajouter qu'à notre connaissance, après la construction du temple de Faunus dans l'ile tibérine, les Romains ne lui en élevèrent aucun autre; le temple de l'île lui-même n'est mentionné que par le calendrier de l'Esquilin, Ovide, Tite-Live et Vitruve; nous ne savons rien de son histoire. Le culte de Faunus ne fut donc jamais florissant à Rome. 11 ne bénéficia, au début du second siècle avant l'ère chrétienne, que d'un retour de faveur tout momentané. Peut-être profitait-il alors du mouvement de renaissance religieuse provoqué par les désordres de la seconde guerre punique, qui avaient ranimé les sentiments de piété des Romains et rappelé leur attention vers les vieilles divinités nationales.

4. Prellek-Jordan, Rœm. MythoL, t. I, p. 3!)1 ; — 0. Gilbeht [Gesch. und Topo(/r. der St. Rom, t. II, p. 150, note) est du même avis.

.'i. Ovw., Fast., III, 291.

6. OviD., Fast., V, 148; — Cic, de Dom., 130; — Lydus, de Mens., IV, 52; — Macrob., Saturn., I, 12, 18 et 21.

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de Rome il aurait été honoré à Tinlérieur de la cité; son culte serait l'un des plus vieux du peuple romain. Il n'en est rien. Les Liipercales ont été l'objet récemment do plusieurs études qui tendent à prouver qu'à l'origine, en dépit de l'opinion généralement admise] usqu'ici, elles n'intéressaient pas Faunus'. Le dieru qui y présidait, c'était Lupercus, invoqué peut-être aussi, comme le croient M. Unger et M. Pascal, d'après Tite- Live'~, sous le nom de Inuus. Les Anciens assimilaient sans liésitatiou Lupercus à Faunus''. Inuus n'était plus, sous l'Empire, qu'un vocable particulier du dieu des champs \ On faisait venir Lupercus de lupum arcere et Inuus de inetindo'-'. Celui qui écarte les loups et celui qui féconde les troupeaux se confondirent désormais avec la divinité protectrice des pâturages. Mais nous connaissons assez l'ancienne religion italique, qui multipliait les êtres surnaturels, pour affirmer que primitivement des personnages différents répondirent à ces noms divers. L'identification de Faunus et de Lupercus, de Faunus et d'Inuus, est tardive, et due sans doute à l'inlluence des Grecs, qui s'efforçaient de simplifier le Panthéon des Romains et d'y mettre un peu d'ordre et de symétrie. M. Unger la conteste, et prétend que l'étymologie courante de Lupercus et d'Inuus ne fut imaginée qu'après coup, pour la justifier; il rapproche le premier du verbe luere, purifier; il voit dans Inuus un dieu étrusque*^, plus ou moins analogue au Mars des Latins. Pour M. Pascal, les cérémonies expiatoires des Lupercales et les fonctions rehgieuses des prêtres appelés Luperques se rapportent au culte de la louve qui allaita Romulus et Rémus, et celle-ci est elle-même une divinité du monde infernal, la Terre, nourrice des héros éponymes

1. Mannhardt. die Lupercalien, dans ses Mythologîsche Forschungen, Strasbourg, 1884, p. 12; — Pascal, le Divinità infère ei Lupercali, dans les R. C. dei Lincei, 189o, p. 138; — Fowlek, op. cit., p. 310.

2. Liv., I, 5 : Ibi Evandrum, qui ex eo f/enere Arcadum multis ante tempeslatibus tenue) al loca, sollenne adluLum ex Arcudia instituisse ut nudi jiivenes, Lyceum Pana vénérantes, per lusuni atque lasciviam currerenl; quem Romani deinde vocarunt Inuum.

3. JusT[N., XLIH, 1, 7 : /n kujus radicibus templum Lycœo, quem Gi^œci Pana, Romani Lupercuni appellant, constituit.

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