‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 29 sur 237 · JdHDAX, op. cil., p. 44 et pi. IX · texte numérisé non relu

JdHDAX, op. cil., p. 44 et pi. IX

2. Cr. les te.vtes latins et grecs cités plus haut, à la page 3, en note. — Les Anciens appréciaient particuli«'Tement parmi les poissons d'eau douce ceux qui avaient été pris dans le Tibre «entre les deux ponts». G. Tnas, contemporain de Lucilius, dans son discours pro Lege Fannia, cilé par Macrob. [Saturn. II, 12), vantait le lupxis: Edimus turdum pinguem, boninnque piscem, lupum f/ermanum, qui in'er duos pontes captas fuit. Un personnage mis en scène par Lucilius dans une de ses satires, citée par Macisob., ïtnd., préférait le caliîlo :

Hune pontes Tiberinos duo inter captus calillo.

Cf. IIouat., ,Sa/., Il, 2, 31 :

Unde datum sentis, lupus hic Tibcrinus, an allô Caplus hiet ? pontesne inter jactatus an amnis Ostia sub Tusci ?

Pi.iN., llist. ual., IX, 34 (79) : Quando eudem aqunlilium f/enera aliubi atque aliubi meliora : sicut lupi pisces in Tibevi amne inter duos pontes. Il est pos-

l'île TIBÉRLNE A l'ÉPOQUE IMPÉRIALE 61

Inscription en l'honneur d'un préfet de l'annone. — Il faut descendre jusqu'à la fin du iv*" siècle pour trouver un nouveau texte intéressant l'ile tibérine^.

En 389, le collège des j)ic/iso/'es Porluenses éleva une statue à Ragonius Vincentius Celsus, ancien préfet de l'annone. La statue a disparu, la base sur laquelle était gravée l'inscription dédicatoire, conservée longtemps dans l'église Saint-Barthéleniy, est déposée maintenant au musée du Vatican -.

sible que les deux ponts mentionnés dans ces textes soient les ponts de l'ile tibcrine et que les poissons si goûtés des Romains fussent précisément ceux que Ton capturait aux abords de l'ile. Le commentateur (^ruquius, au xvi' siècle, a proposé cependant une autre explication. Les deux ponts seraient le pont Milvius, le dernier qu'on ait jeté sur le Tibre avant son entrée dans Rome, et le pont Sublicius, le dernier qu'il rencontrât, h l'époque républicaine et au début de l'empire, dans sa traversée de la ville ; les vers d'Horace voudraient dire simplement que l'on aimait mieux les poissons péchés dans la ville que ceux péchés en amont, non pas, comme le suppose Cruquius d'après Acno (ad Ilor., loc. cit.) et Colum. (VIII, 1(5) parce que le courant y est plus rapide qu'à l'embouchure, mais parce qu'à cet endroit les égouts de Rome fournissaient au lupus et au calillo une nourriture plus abondante (Juvex., V, 104). L'hypothèse de C.ruquius est peu vraisemblable. Les mots inter duos pontes paraissent avoir eu dans l'antiquité un sens précis tout à fait passé dans l'usage; ils désignaient l'ile tihérine elle-même; remarquons que l'île était très favorablement placée pour la pêche, et tout auprès du débouché de la Cloaca Maxima. — Pour 0. Riciitkk {Topor/v. d. SI. Rom, 2° éd., 1901, p. 191), les mots inter duos pontes s'appliquent à l'espace compris entre le pont Sublicius et le pont ^milius, c'est-à-dire aux «abords de l'ile ». En réalité, ces deux ponts sont ceux de l'île môme, le pont Fabricius et le pont (-estius.

1. D'après Pighus, dans son recueil manuscrit conim sous le nom de Si/llof/e lAizaciana, une inscription dédiée à Apollon par Meuunius Vitrasius Orfitus, via clarissimus, préfet de Rome pour la seconde fois ,oo6-359), proviendrait de l'ile libérine (G. I. L., VI, 45). Mais cette indication de la Sf/llor/e Luzaciana est évidemment fautive. Tous les autres recueils d'inscriptions rédigés à la Renaissance et Pigliius lui-même, dans son livre imprimé des Annales, déclarent que la dédicace à Apollon a été trouvée au Ghetto près du Tibre (voir les textes cités au G. 1. L.); elle était déposée à l'origine dans le temple d'Apollon au Ghamp de Mars, situé entre le cirque Flaminius et le théâtre de Marcellus. L'erreur commise par Pighius s'explique peut-être par une confusion faite entre l'église San Bartolomeo de' Vaccinai-^, près de laquelle la découverte eut lieu en cll'et, et l'église San Bartolomeo in isola. — Un fragment très umtilé d'une inscription relative à une réparation de l'aqueduc de VAnio Novusen 381 est inséré dans le dallage de l'hùpilal des Frères de Saint- Jeau-dc-Dicu, près delà fontaine. Il était placé d'abord, très certainement, sur la rive gauche du Tibre, où aboutissait cet aqueduc sur l'Esquilin, et il n'a été transporté dans l'île que pour y être utilisé avec d'autres matériaux de construction (G I. L., VI, 38()5). — Rappelons enfin, à ce propos, qu'une autre inscription de l'époque impérial' proviendrait aussi, d'après Ligorio, de l'île libérine. C'est une dédicace à Hercule et à Silvain, faite par L. Junius Lyco, scriha librarius sedilium curulium. Elle a été trouvée, en réalité, assez loin de l'île, dans la via Giulia. Il n'y a pas lieu de tenir compte de l'assertion inexacte de Ligorio (G. I. L., VJ, 296).

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