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70 l/lLE TIBÉRINE DANS l'aNTIQUITÉ

neurs dont dépendait l'église Saint-Barthélémy et sous la place voisine ^ On peut y ajouter neuf autres textes indiqués dans les recueils manuscrits de Doni : ils étaient conservés au-delà du Tibre, dans les jardins Sabuntiani et provenaient de la poupe de l'île 2.

Tant que Vinsula tiberina resta en dehors de l'enceinte religieuse du pomerium^ on put y ensevelir les morts, et la découverte d'inscriptions funéraires sur son territoire n'a rien de surprenant. Mais dès le f siècle de l'ère chrétienne le 2)omeriitm fut reculé jusqu'au Transtévère ; l'île et quelques quartiers de la rive droite firent partie désormais du sol urbain ; on ne pouvait plus y enterrer-'. De toutes les inscriptions funéraires de l'époque impériale que signalent les auteurs de compilations épigraphiques, les plus anciennes seules proviennent réellement de tombeaux qu'on avait élevés in insula; les autres auront été apportées du dehors, soit aux derniers siècles de l'Empire, soit dans les temps modernes.

Epitaphe d'une Volcasia. — L'épitaphe de Volcasia Psamathe doit être citée la première. Elle est gravée sur une urne cinéraire de marbre qu'on a extraite à la drague du bras droit du Tibre pendant les récents travaux de réfection du pont.Cestius^. Sur le couvercle plat de l'urne trois lignes sont écrites :

Dis Man{ihus) \ Volcasia Psamathe \ vix[it) ann{is) LXXX.

Sur la face antérieure, deux lignes :

1. Gasimiro, dans ses Memorie isloriche (p. 330 et suiv.). donne onze inscriptions de l'île tibérine : quatre dédicaces (G. I. L., VI, 12, 821, 841, 10.317) et sept épitaphes (G. I. L., VI, 8842, 9-418, 10.405,11.882, 16.645, 22.684, 27.750). Une huitième epitaphe est publiée, d'après l&Sylloge de Polidoro auxvi" siècle, dans les Giunte aile memorie isloriche^ etc., par GASiMiito (p. 9).

2. DoNi cité au G. I. L., VI, 10.133, 12.024, 12.202, 12.650, 13.500, 15.369, 20.363, 29.080 : In horlo Barth. et Jul. Csesaris Sahuntiunorum trans Tlberim e regione puppis insulae Tiberinœ.

3. Les empereurs renouvelèrent à plusieurs reprises l'antique défense d'enterrer les morts dans la ville, à l'intérieur du pomerium : Gass. Dio, XVIII, 43; Vila. Anlonin., 12; Vlla M. Aurel., 13; Du;est., XLVII, 12, 3,3 (rescrit d'Hadrien); Go». Justin., III, 44, 12 (rescrit de Dioclétien et Maximien); CoD. Theodos. IX, 17, 6 (rescrit de Gratien, Valentinien, Théodosc). D'après Mahucchi, NoHz. d. Scavi, 1901, p. 277, «l'usage d'ensevelir à l'intérieur de l'enceinte des murs ne commença pas avant le vi" siècle de notre ère ; à cette époque remonte un tombeau chrétien des Caslra prœlorui (de Rossi, Bullelt. cVarcheol. crisl., 1863, p. 32) et un autre sur l'Esquilin (Bianchini, dans YAnastasium, t. III, p. 300).»

4. G. I. L., VI, 29.457. — Gf. Noliz. d. Scavi, 1889, p. 216.

L ILE TIIÎÉRINE A L ÉPOQUR IMPÉRIALE 71

Q[iiintits) Vnlcasius Hermès \ palronœ h[<'nf') i)i[erenti)fecit.

« Alix Mânes de Volcasia Psamathe, qui vécut quatre-vingts ans, Q. Volcasius Hermès a fait cette dédicace à sa patronne bien méritante. »

Ce sont très probablement les dernières lignes de ce texte qu'avaient copiées maladroitement les érudits du xvi" siècle ; rinscription se trouvait alors, disaient-ils, dans le jardin de Baptiste-Jacques Matthei en l'île ' :

Q[uintus) Volcasius \ Hermès \ patronœ \ b[ene) m[erentï) fiecit).

Le nomen de Volcasius ou Volcacius est très rare^. Une inscription de l'époque républicaine nous apprend que le pavement en mosaïque du temple de Jupiter Jurarius fut fait ou refait par les soins d'un C. Volcacius 3. Il n'est pas impossible que les Volcacii aient habité sous l'Empire l'île tibérine, à côté du sanctuaire qu'un de leurs ancêtres avait orné. Jusqu'au moment où les empereurs reportèrent au-delà du- Tibre la ligne du pomerium^ ils auront pu garder leur tombeau do famille auprès de leur demeure. Volcasia Psamathe était sans doute elle-même une affranchie ou une fille d'affranchie de la gens Volcacia.

L'épitaphe de Gallonia Maritima. — S'il est assez vraisemblable que l'épitaphe de Volcasia Psamathe était placée dès l'origine dans l'île tibérine, il est à peu près sûr, au contraire, que celle de Gallonia Maritima se trouvait primitivement dans un autre quartier de Rome. Sur une base octogonale de marbre conservée autrefois dans l'église Saint- Jean-Cabybite, on lisait, d'après les auteurs du xvi° siècle^ :

D[is) m[anibus) \ Galloniœ C{aii) filiœ Maritimœ quœ et Ejncharis \ C{aius) Galloniiis C[aii) f[ilius) Ulpiia) Marilimus et pater fecit.

« Aux Mânes de Gallonia Maritima, fille de Gains Gallonius, surnommée aussi Epicharis, son père Gains Gallonius Maritimus, fils de Gains, de la colonie Ulpia. »

La pierre est maintenant an musée du Vatican ; la troisième

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