‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 43 sur 237 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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L INSULA LYCAONIA 81

plus haut. Il résulte cependant des recherches dont ils ont été l'objet pendant ces dernières années qu'ils furent écrits au plus tard pendant le vi" siècle i. On peut tenir pour avéré que dès le v° siècle l'appellation d'insula Lycaonia était populaire à Rome et le vieux nom plus simple d'insula tiberina laissé de côté.

D'où vient l'expression insula Lycaonia et quel en est le sens? A cette question plusieurs réponses différentes ont été faites ; aucune ne paraît satisfaisante.

Jupiter Lycaonius. — Un certain nombre d'érudits des derniers siècles font dériver le mot Lycaonia des mots Lycaon^ Lycaonius. La légende de Lycaon est d'origine arcadienne et liée au culte rendu à Jupiter ou Zeus sur le mont Lycée, Zsùç Auy.aîoç. Lycaon était un roi d'Arcadie (pie Jupiter métamorphosa en loup, AJxoç, pour le punir d'avoir voulu lui faire manger dans un festin de la chair humaine '-. Le temple de Jupiter dans l'île tihérine devait rappeler ces mythes ; il était dédié à Jupiter Lycaonius, et c'est de lui que Vinsula Lycaonia tirait son nom 3. — Mais on affirme gratuitement que Jupiter de l'île s'appelait Lycaonius ; nous ne possédons pas de texte où cette épithète lui soit donnée*; bien plus, jamais à Rome elle n'est appliquée à ce dieu par les auteurs ou les inscriptions ■'•, de même que jamais en Grèce l'épithète Auxacvîcç n'est attribuée à Zeus ; on rencontre en Grèce, il est vrai, un Zsùç A'jxaîcç*', mais la seule traduction possible en latin du mot A'jy.xtoç serait Lycœiis. Il faut donc renoncer à l'étymolpgie proposée.

Les Lycaonida, jeux du Tibre. — M. von Urlichs rapproche

1. Renseignement communiqué par Ms'Duchesne. — Cf. A. Dufoliscq, op. cil., p. 299, 300, 311 ; d'après M. Dufourcq, ces documents datent tous des dernières années du v° siècle.

2. Sur la légende de Lycaon, ses formes diverses et sa signification, voir l'article de C. Pascal, il Mito di Licaone, dans les liendic. deWAccad. dei Lincei, 1893, p. 216.

3. Voir, par exemple : Casimiuo, Memorie isloriche, p. 26.^; — Ficokoxi, Vesti(jia e rarilà di Roma anlica, Rome, 1714, p. 42; — Glattaxi, Roma descritta, Rome, éd. de 180.^, t. II, p. 67; — Venuti, Descriz. topogr., éd. de 1824, p. 177.

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