‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 50 sur 237 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LK PONT FAIÎRICII S

rendre moins raides qu'elles ne l'eussent été sans cet artifice ^

La pile centrale. — La pile qui sépare les deux arches a des dimensions considérables. On n'en voit plus aujourd'hui qu'une petite partie au-dessus des ensablements qui obstruent le bras gauche du Tibre. Pour se faire une idée exacte de ce qu'elle

FiG. 11. — LE PONT FABRICIUS.

Vue prise avant les récents travaux du Tibre (cliché d'Alessandri).

était autrefois il faut se reporter aux dessins et gravures des siècles derniers^ et surtout aux planches de Piranesi. La pile, terminée en forme de coin vers l'amont pour briser l'effort des eaux, plus petite et arrondie vers l'aval, mesure 20 mètres de longueur dans le sens du courant, et 12"", 50 d'épaisseur ; elle va en s'élargissant du sommet vers la base, par assises sail-

1 . Ro>NA, le Tibre et les travaux du Tibre, p. 42 du tirage à part, remarque que la chaussée est sensiblement horizontale dune clé de voûte à l'autre ; la ligne des corniches et des parapets se trouve plus élégamment brisée qu'elle ne l'est ailleurs par le dos d'âne que présentent la plupart des ponts romains construits ensuite.

96 LES PONTS DE l'iLE TIRÉRINE

lantes. La hauteur totale au-dessus des sables atteint encore 12 mètres. Une petite arche pratiquée dans la maçonnerie et large de 6 mètres surmonte le soubassement massif. Elle dépasse tout entière le niveau des alluvions ; jadis les eaux ne l'atteignaient qu'au moment des plus fortes crues ; elle servait alors de décharge : en facilitant l'écoulement du trop plein, elle diminuait d'autant la pression que le pont avait à subir. Deux pilastres d'ordre dorique, dont les traces sont assez reconnaissables, décoraient ses côtés.

Les fortes proportions de la pile centrale du pont Fabricius ne doivent pas surprendre. « Les piles que construisaient les Romains étaient de vraies culées, suffisantes pour que les arches se maintinssent isolément sans le concours de la poussée des arches voisines. Il est à présumer que cette disposition était due soit à la préoccupation constante des constructeurs d'éviter la dépense de cintres multiples et compliqués, soit à l'insuffisance des procédés de fondation pratiqués à cette époque i. » Le comte de Tournon, passant en revue les anciens ponts de Rome, disait avec raison: « Le peu d'ouverture des arches, l'épaisseur excessive des piles, l'empâtement des' assises inférieures prouvent que les Romains n'avaient pas perfectionné la construction des ponts autant que d'autres parties de l'art de bâtir. » Mais il ajoutait justement que le bel appareil des matériaux et la solidité de tout l'ouvrage, attestée par vingt siècles de résistance au temps, aux eaux et souvent aussi aux hommes, faisait pardonner sans peine cette imperfection relative et cette inélégance 2.

Les petites arches latérales. — Dans les très larges et très résistantes culées sur lesquelles reposent les extrémités du pont sont pratiquées deux ouvertures semblables à celles de la culée centrale, mais plus petites ; elles ont seulement 3", 50 de largeur. On ne les aperçoit plus ; elles sont enclavées dans les constructions élevées aux débouchés du pont. Elles figurent sur les planches de Piranesi et de Canina. Au cours des travaux de systématisation du Tibre et d'établissement des quais la petite arche, située du côté du Capitole, a été pendant quelque temps mise à découvert et presque entièrement déblayée. A l'origine, toutes les deux devaient être apparentes ; elles

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