‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 6 sur 237 · Cf. ci-dessous, p. 288 et p · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessous, p. 288 et p

3. MiNUTOLi, de Urbis Romae topographia, Rome, 1689, sectio /F, réédité dans le Novus Thesaiir. Antiquit. roman, de Sallexoke, t. I, p. 66.

4. Nardini, Roma vêtus, Rome, 1666, VI, 12, réédité dans le Thesaur. Antiquit. roman, de Griaivs, t. IV, p. Itl'j.

24 l'île tibértne dans l'antiquité

l'on préfère l'autre version, sur le champ de Tarquinia ; rien n'était plus conforme à leurs croyances et à leurs habitudes : ils avaient consacré à Mars le terrain enlevé aux rois, ou donné par la vestale ; on se serait souillé en portant la main sur la récolte pour l'employer à quelque usage pubhc ou privé. La masse des chaumes et des blés jetés au fleuve a pu s'arrêter, comme on le dit, à la hauteur de l'île tibérine. Le lit du Tibre est très accidenté et son niveau très variable selon les saisons ; il y a encore maintenant, de distance en distance, de larges bandes de sable qui apparaissent seulement dans l'été; on les nomme les îlots aveugles, insiilce cœcœ ^. A l'origine, l'île tibérine n'aurait été qu'une insula cœca, un peu plus considérable que les autres, composée comme elles de dépôts sablonneux et d'alluvions ; les moissons du Champ de Mars sont venues s'y échouer ; le courant n'eut plus la force de surmonter ou d'entraîner l'obstacle sans cesse accru. De même que de nos jours, depuis les travaux de systémathation, nous voyons à cet endroit le bras gauche du Tibre se combler peu à peu, de même l'île aura pu progressivement se former et s'agrandir. La légende associe le nom des Tarquins à ce phénomène, après tout assez naturel et normal : la rencontre n'est pas fortuite. On attribue aux Tarquins d'importants travaux publics ; en avant du débouché de la Cloaca Maxima ils avaient fait bâtir sur le fleuve et dans le fleuve des murs épais ; ces constructions auront pu influer sur la force et la direction du courant, et provoquer en amont, à la place précisément de l'île, le dépôt de toutes les matières charriées par le Tibre '-. La narration de Tite-Livc n'est pas aussi absurde qu'il le paraîtrait d'abord. Les Romains disaient que Vi?isnla tiherina tirait son origine des moissons des Tarquins précipitées dans le fleuve; cela signifie, en langage scientifique : l'île tibérine doit son origine à des alluvions fluviales d'époque récente'^.

Appréciation, — Est-ce à dire cependant que cette interprétation complaisante puisse entièrement nous satisfaire ? Si les apports du Tibre ont contribué certainement à accroître l'île

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