‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 65 sur 237 · RoNXA, loc. cit., p · texte numérisé non relu

RoNXA, loc. cit., p

2. Entre autres : Nibby, op. cit., p. 167 ; — Reber, op. cit., p. 319; — Jordax, op. cit., p. 419. — Parmi les ouvrages postérieurs à 1888 : Middletox, t/ieRemaim of ancient Rome, t. H, p. 368 ; — R. Laxciani, the Ruitis and E.xcavaliom, p. 18.

3. PxuAXESi, Antichità romane, t. IV, pi. XXI (vue du pont), XXII (inscription), XXIII (élévation), XXIV (coupe). — Canina, gli Edifizi di Roma antica, t. IV, pi. CGXLII (plan, restauration en hauteur).

LE PONT CESTILS 117

arche centrale, d'une ouverture de 23", 65, et de deux petites arches complémentaires sur les côtés, d'une ouverture de 5"',80i.

Comme pour le pont Fabricius, les parties intérieures étaient en tuf et en pépérin, les revêtements extérieurs en travertin. Les piédestaux du parapet devaient supporter des statues à l'origine, sans doute celles des empereurs. II restait peu de chose de la construction de Cestius dans le monument de Gratien. Les ingénieurs et les archéologues qui ont étudié l'architecture du pont avant les récents travaux l'ont déclarée grossière et de basse époque; les voûtes étaient bâties en blocs irréguliers, mal reliés ectre eux, les revêtements inégaux et faits sans soin. A la base de l'arche centrale on voyait des pierres dépasser la ligne de la maçonnerie, avec des trous pour placer des charpentes, comme si l'édifice n'avait pas été achevé, ou comme si l'on avait songé à rendre plus facile les réparations ultérieures-. Nibbj compare son style à celui des portes du temps d'Honorius ; d'après Delannoy tout y annonçait un âge de décadence.

Détails révélés par les derniers travaux. — Les travaux exécutés par le Génie civil, s'ils ont fait disparaître presque entièrement le pont antique, ont permis du moins de constater, au sujet de sa structure intime, quelques faits intéressants'^. Ils ont confirmé tout d'abord ce qu'on savait du caractère hâtif et imparfait de la restauration de Gratien. Le pont a été rebâti au IV" siècle avec des matériaux de toute espèce et de toute provenance ; les constructeurs ont pris, sans ordre et sans choix, toutes les pierres qui leur tombaient sous la main. Dans les rampes d'accès et les épaulements, qu'il a fallu abattre de nos jours, on a retrouvé pêle-mêle des inscriptions, des fragments d'architecture, des blocs de nature géologique très diverse. Quelques-uns des cubes de travertin utilisés dans les rampes proviennent, d'après M. Lanciani, du théâtre de Marcellus, voisin de l'île tibérine^. Les pierres mêmes des voûtes

1. RoNXA, loc. cit., p. 43, remarque que « l'ouverture <le 3o"',2o pour le bras droit du Tibre, ajoutée à celle de 48'", 75 du pont Fabricius, assurait une largeur totale de 84 mètres, ce qui permit aux deux ouvrages, moins attaqués par les crues, de se conserver jusque de nos jours ».

Page 1