‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 66 sur 237 · Cf. BoNATO, HuELSEN, locis cilalis · texte numérisé non relu

Cf. BoNATO, HuELSEN, locis cilalis

4. Notiz. d. Scavi, 1886, p. lîiO; 1889, p. 70. — Bulletl. Comun., 1886, p. 171 ,

étaient gauchement jointes et en très mauvais état. Des crampons de fer les unissaient ; les trous où s'enfonçaient le métal avaient favorisé Taction destructive des agents atmosphériques et le poids des attaches nuisait à la solidité de l'ensemble ^ D'autre part, en établissant les fondations du pont actuel on a retrouvé celles qui servaient au pont de Gratien, et peutêtre même au pont de Cestius. Les renseignements recueilhs par les ingénieurs modernes ont montré, comme à vrai dire on le soupçonnait déjà, que la description de Piranesi était toute fantaisiste. D'après cet auteur les piles auraient reposé sur une assise de blocs colossaux en travertin, et ceux-ci sur un lit très profond de pilotis. En réalité, les

FiG. 18. — RESTAURATION DU PONT CKSTIUS.

D'après Ganiiia, gli Edifizi di Jioma antica, t. IV, pi. CCXLII.

constructions de travertin étaient supportées immédiatement par un ouvrage de métal, entourés d'une double ligne de pieux enfoncés 2. La profondeur du fleuve paraît avoir peu changé en ce point depuis l'époque romaine : le lit s'est seulement exhaussé légèrement.

Aspect du pont Cestius dans l'antiquité. — On voit combien

et 1892, p. 172. — La présence de fragments enlevés au théâtre de Marcellus prouve que dès le iv" siècle on n'hésitait pas à piller les édifices des âges antérieurs pour les employer dans des constructions nouvelles. Cf. R. La>ciA.Ni, the Destruction of ancient Rome, Londres, 1899, p. 34. — Parmi les textes épigraphiques recueillis au même endroit, on cite surtout un fragment relatif avix institutions alimentaires de Trajan, et une inscription mentionnant les noms de plusieurs curalores riparum et alvei Tiberis ainsi que les travaux de réparation des rives du fleuve exécutés par eux ex senatus consulte.

1. IluELSEX, d'après Bon.vto, loc. cit. Ces deux auteurs donnent un dessin représentant la disposition des pierres et des crampons.

2. Ces constatations justifient les réserves qui ont été formulées plus haut sur les conjectures de Piranesi au sujet des fondations du pont Fabricius.

il est difficile de se représenter le pont Cestius en son état primitif. Son histoire contraste singulièrement avec celle du pont Fabricius. Des deux bras du Tibre le gauche a toujours été le moins important, le moins troublé par les crues et les inondations; aussi le pont Fabricius s'est-il conservé à peu près intact. Le bras droit au contraire n'a pas cessé, depuis l'antiquité, d'être le chenal principal, par où la masse des eaux se précipite avec le plus de violence, et la systématisation récente du fleuve, bien loin de lui enlever ce caractère, n'a fait que l'accentuer encore : le pont Cestius a beaucoup souffert du temps et du courant; il a fallu très souvent le réparer, et deux fois le reconstruire. Du premier pont de pierre établi entre l'île tibérine et le Transtévère il ne subsiste plus rien, sauf peutêtre une partie des blocs de tuf, de pépérin et de travertin avec lesquels on a refait l'arche centrale du pont San Bartolomeo. Depuis le iv' siècle même il n'en restait que les fondations et quelques matériaux. Tout ce qu'on peut vraisemblablement supposer, c'est que, contemporain du pont Fabricius, il le rappelait et lui ressemblait, par son style, le bel appareil de ses pierres diverses, la sobriété de sa décoration. On a le droit de croire, en outre, que sa forme générale devait être celle que le pont de Gratien avait gardée : celui-ci aura été bâti très probablement, par économie, dans les mômes proportions que le pont Cestius, comme sur les mêmes fondations ; la disposition des troisarches inégales peut être attribuée au curator viariim Cestius. Il n'est pas permis d'en dire davantage sur le monument disparu de l'époque républicaine.

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