‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 75 sur 237 · Liv., 11, 10; — PoLYB., VI · texte numérisé non relu

Liv., 11, 10; — PoLYB., VI

132 LES PONTS DE l'iLE TIBÉRINE

les Etrusques, débouchant par le pont Sublicius en dehors do la ville eussent été arrêtés à coup sûr par le mur d'enceinte. On comprend que sur un médaillon d'Antonin le Pieux représentant Horatius Coclès à la nage devant le pont rompu l'ile ne soit pas figurée^; elle n'est point mêlée à cette aventure.

Conclusion. — 11 nous est impossible de nous rallier à la théorie de M. Mommsen et d'admettre les hasardeuses attributions de noms qu'il propose. Ses conjectures sont séduisantes sans doute, mais trop aventureuses et contraires à la vraisemblance^. Le premier pont de l'île fut bâti du côté de la rive gauche vers le temps où se fonda le temple d'Esculape, au m* siècle avant l'ère chrétienne ; celui de la rive droite fut bâti un peu plus tard. Les seuls noms qu'aient portés les ponts de pierre qui succédèrent à ces ponts de bois furent ceux de pont Cestius et de pont Fabricius, tirés du nom même des magistrats chargés de les construire.

1. Cohen, Monnaies de l'Empire roinain, 2° éd., ï'aris, 1880-1886, t. II, p. 283; — Frôhner, les Médaillons de VEmpire romain, Paris, 1878, p. 60-61. — Cf. JoiiDAx, op. cit., t. I, 1, p. 406, en note.

2. Mayehhofer, die Briicken im Allen Rom, Erlangen, 1884, p. 23-47, a repris à son compte la théorie de M. Mommsen, en la modifiant; mais les corrections qu'il y introduit ne la rendent pas plus acceptable. Il essaie d'établir que le pont Sublicius était situé un peu plus en aval que ne le croyait M. Mommsen, à l'extrémité méridionale de l'ile. Sur le médaillon d'Antonin où l'on voit représentée l'arrivée du serpent d'Esculape à Rome (Fkôuneh, op. cit., p. 51-53 ; cf. ci-dessous, p. 176), la galère du dieu passe entre les arcades d'un pont; ce pont serait le pont Sublicius; le pont iEmilius était trop loin de l'île pour qu'on l'eût figuré si près d'elle, et en 161/293, il n'existait pas encore. Mais on peut objecter que l'artiste qui a gravé le médaillon n'était pas tenu à une exactitude rigoureuse ; il a pu se permettre de reproduire sur son œuvre le pont /Emilius qui n'était pas construit lors de l'arrivée du serpent sacré, et de le mettre plus près de l'ile qu'il n'était en réalité. — A propos du pont emilius, et pour concilier l'opinion la plus répandue et les exigences des textes avec les assertions de M. Mommsen, M. Mayerhofer {op. cit., p. 47-76), distingue un pont .flmilius proprement dit {ponte roUo actuel) et un pont F"abricius-/Emilius. C'est com|jlif[iier inutilement la question. Il n'y eut qu'un seul pont Jiluiilius et l'on a raison d'en chercher la place à la place môme du ponle rolto.

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