Plin., op. cit., XXIX
3. Cf. Saalfeld, der Ilellenismus in Latium, Wolfenbûttel, 1883, p. 228. — M. Albert, les Médecins grecs à Rome, Paris, 1894.
4. Gato Ma.i., cité par Plin., op. cit., XXIX, 1 (7) : Quandoque ista gens (scilicet Graeci) suas lilteras dabit omnia conrumpet , tum etiam magis si medicos suos hoc millet. Jurarunf inter se harbaros necare omnes medicina, sed hoc ipsum mercede faciunt, ut fides lis sit et facile disperdant. Nos quoque dictilant barbaros et spurcius nos quam alios 'Ottixwv appellalione fœdant. Interdixi tibi de medicis.
tâche exclusive. La médecine ne serait pas possible sans médecins. Rome dut en posséder bien avant l'arrivée d'Arcliagatos. Les mots mcdeor^ medicuf.^ medicina, ne sont pas tirés du grec. Si l'art de guérir n'était à Rome, comme le culte d'Asklépios, qu'une importation hellénique, les termes qui le concernent ne seraient eux aussi que des mots grecs latinisés. De même qu'Asklépios s'est appelé Mscidapim^ la médecine se nommerait iatrica. Il n'en est rien, Les Romains ont en cette matière un vocabulaire qui leur est propre et qui dérive de racines purement italiques' : preuve certaine qu'ils possédèrent très tôt une médecine nationale et des médecins de leur race. Mais ils n'avaient guère de dispositions naturelles pour les études scientifiques. Les recettes que Pline nous a transmises- et celles que nous cite Caton dans son de Re ritstica^ nous montrent que la vieille médecine romaine était singulièrement inférieure à celle des Grecs. Pur assemblage de superstitions grossières, de formules étranges ou saugrenues, elle n'était fondée ni sur l'observation exacte et patiente des maladies ni sur la recherche raisonnée de remèdes efficaces. Elle recommandait le chou, par exemple, comme une panacée universelle'*, et attribuait à certains chiff'res, à certains enchantements une valeur magique''. 11 est impossible enfin de la comparer à la science sérieuse des Asklépiades laïques, ni même à l'art empirique dont les prêtres d'Asklépios conservaient le dépôt. On comprend que son insuffisance ait très vite décidé les Romains à se mettre à l'école de la Grèce.
Les divinités médicales des Romains. — Meditrina. — Parmi les très nombreuses divinités qu'on honorait à Rome avant la
1. D' BiuAu, Introduclion de la médecine dans le Lalium et à Home, Rev. archéoL, 1885, t. I, p. 38;); t. II, p. 192. — M. Briau rapproche le mot medicus (le la locution osque meddix tuticus, qu'il traduit par curator publiciis. Les Romains auraient été initiés très anciennement à la médecine, probablement par les Etrusques, qui jouissaient d'une civilisation plus avancée. A Rome, conmie en Grèce, les premiers médecins durent être des prêtres ; les haruspices, dont le collège était lui-même d'origine étrusque, furent amenés, par la nature de leurs fonctions, à s'occuper d'anatomie, de chirurgie; on leur doit les dénominations anatomiques {fémur, tibia, duodénum, renés, etc.) et pathologiques [fussis, fractura, ftstula, etc.) du vocabulaire médical des Latins; tous ces mots ont été créés en Italie et ne viennent pas du grec.