‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 80 sur 237 · Gell., I · texte numérisé non relu

Gell., I

4. Devenus eux-mêmes plus tard les quindecemviri sacris faciundis. Cf. Bouché-Leclercq, llist. de la divination, Paris, 1879-1882, t. HI, p. 286-317; — Mauquardï-Mom.msen, op. cit., t. Xlll, le Culte, II, p. 43.

vieille religion nationale tout entière. Les cultes étrangers adoptés par les Romains, sacra peregrina, relevaient des decemviri sacris facundis^. L'attachement traditionnel des Romains à leurs dieux propres ne les empêchait pas de faire bon accueil à ceux qui venaient du dehors, pourvu toutefois qu'ils fussent reconnus officiellement par l'Etat^. Les décemvirs proposaient au peuple d'admettre de nouvelles divinités en s'inspirant des indications prophétiques que leur donnaient les Livres Sibyllins. On consultait les Livres dans les circonstances graves et menaçantes ; on leur demandait de faire savoir à quels dieux étrangers il fallait recourir pour délivrer la cité des périls que les dieux nationaux étaient incapables de conjurer''. La religion hellénique s'ajoutait à la religion romaine comme un complément salutaire. En 258/496, pendant une famine, les Livres Sibyllins conseillèrent d'élever un temple à Cérès, c'est-à-dire à Déméter, la déesse grecque de l'agriculture et de l'abondance^; le temple fut construit près du cirque Maxime, en dehors du potnerii/m'^. Si l'on invoquait l'intervention des dieux grecs pour mettre un terme aux famines, il était naturel qu'on l'invoquât aussi pour mettre un terme aux épidémies. Lors de la peste de 318/436 les Romains firent une obsecratio solennelle afin d'obtenir la cessation du mal. Tite-Live, qui nous rapporte ce fait, ne nous dit pas les noms des dieux qu'on implora; ils devaient être, en tout cas, pérégrins : la cérémonie était prescrite et présidée par des duumviï'i sacris faciundis^. En 321/433 la peste désola de

1. On opposait les dieux nouveaux importés du dehors, dii novensides, aux dieux indigènes, dii indigetes. — Cf. Wissowa, de Dis Romanorum indigetibus et novensidibus dispulatio, Marburg, 1893.

2. Cic, de Leg., II, 8 : Separalim nemo habessit deos : neve novos sive advenus nisi publiée adscitos privatim colunto. — Cf. E. Ant. Lewald, de Religionibus peregrinis apud veteves Romanos paulalim introductis, Heidelberg,

3. DioxYS., IV, 62 : "Onsp où Ttpo; ôXi'yov xatpbv, àX/.'s!; ôtTrav-ra tov pi'ov TtoXXây.t;, aùxYiv £aw<T£v èx jJ.£YàXwv xaxwv... j(pcovTat c'ayToïç, oxav r\ j3ouXï) •^r^a^iar^za.i ardtcrewç xaTaXaêoycrr,; ty-jV ttôXiv v^ 6yoTU)^taç Tivbc \^.z^^'x\r^^ a-j\i/KZ(T0-j<7-t]% xax-à 7iô),s[xov, r, Tepàrwv xal cpavracrixiToiv |X£yâ).tov xal Syasupétwv a-jToï; çavévTwv, ota 7io)>),àxt; a-jv£Sri. — De tout temps les Romains avaient pensé que le meilleur moyen de combattre les fléaux était de s'en remettre aux dieux ; cf. Liv., 11, 31 : Unam opem segris corporibus relictam si pax veniaque ab dits impetrata esset.

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