MôRSBAGHER, lac. cïl., p
l'arrivée du serpent d'ÉPIDAL'RE 153
FEtrurie et les villes grecques de l'Italie méridionale que les autres cultes helléniques ont été introduits à Rome. Celui d'Asklépios au contraire fut apporté directement du Péloponèse. L'assimilation de Zeus au Jupiter des Latins et la dédicace d'un temple à Apollon dans le Champ de Mars avaient eu lieu sans qu'intervinssent Oljmpie ni Delphes. Mais on ne construisit le sanctuaire d'Esculape dans l'île tibérine qu'au retour de l'ambassade envoyée à Epidaurc sur l'ordre des Livres Sibyllins. Au commencement du m'" siècle avant l'ère chrétienne Rome n'était pas encore entrée en relations politiques avec les cités de la Grèce ; elle n'avait pas encore conclu de traités d'alliance avec elles ^ Déjà cependant elle les connaissait de réputation ; par l'entremise des colonies grecques de Campanie, de Grande Grèce, de Sicile, leur civilisation lentement propagée agissait sur elle peu à peu et transformait ses mœurs et ses croyances. L'envoi d'une ambassade à Epidaure pour y implorer Asklépios, qui n'était pourtant qu'une divinité secondaire, témoigne des progrès qu'avaient faits dès cette époque l'influence hellénique. Epidaure était alors le principal centre du culte d'Asklépios ; les temples de Tricca en Thessalie et de l'ile de Cos, qui remontaient à une plus haute antiquité-, n'avaient ni le même renom ni la même force d'expansion. Pausanias nous assure que les Asklôpieia les plus florissants procédaient tous de celui-ci^'*; il cite comme exemples les Asklépieia d'Athènes, de Pergame, de Smyrne, de Balagrai en Cyrénaïque, de Lébéna en Crète, et l'on pourrait ajouter bien des noms à cette liste ^. Le sanctuaire de l'île tibérine doit être considéré lui aussi comme un rejeton de l'Asklépieion d'Epidaure-^.
1. Liv., XXIX, 11 (à propos de l'envoi d'une ambassade à Pessinonte pour en ramener la Mère des dieux) : Nullasdam in Asia civilates socias habebal populus romanus; (amen memores Mscidapium quoque ex Grœcia qiiondam, hauddum ullo fœdere sociata, valetudinis populi causa arcessitum.
2. D'après Herondas, II, 97, le culte d'Asklépios serait venu directement et très anciennement de Tricca à Cos :
X(î)axXr|TctOî Kw; r,),6£v èvOàS'èx Tpty.y.Yj;.
?>. Pai'san., Il, 26, 8-9 : Maptype? 5e [Aot xa'i xôSs àv 'ETviSa-jpii) tôv Oeôv yEvÉaOat 'xà Y^p 'Aay.XriTtt'îta e-jpioxw Ta ÈTtcpaveaTaTa i\ 'EutSaupo-j.
4. Voir Thh.kmer, dans la Real Encyclopàdie de Pauf.y-Wissowa, article Asklépios, t. II, 2, p. 1650-1631; il complète les indications de Pausanias à l'aide de celles qui sont données surtout par Julian., Adv. christ.
5. Julian., Adv. christ, (éd. Neumann), p. 198 : ^ID.Osv et; llépYaiJLov, sî; 'Itovc'av, st; TàpavTa, [jLî-rà taOt'ûaTepov fjXÔEv el; ttjV 'Pa)iAr,v.
Tite-Live. — Le livre où Tite-Live racontait le voyage et le retour des ambassadeurs romains est malheureusement perdu. On sait par les dernières lignes du livre X qu'en 461/293, pendant une nouvelle épidémie de peste, les oracles Sibjdlins invitèrent les Romains à faire venir d'Epidaure le dieu grec Esculape pour qu'il leur rendit la santé. On était alors au plus fort de la troisième guerre samnite. On célébra simplement une sîtpplicatio d'un jour, et l'envoi d'une mission en Grèce pour consulter le dieu dans son temple le plus fameux fut remis à plus tard^ — Nous ne connaissons le livre XI que par un bref Epitome ; l'ambassade y est très sommairement rappelée. La peste n'ayant pas cessé, des ambassadeurs se rendirent à Epidaure pour en ramener l'emblème d'Esculape, signiim JEscidapii ; le serpent, dans lequel résidait la divinité, monta de lui-même sur leur vaisseau; arrivé devant Rome, il se rendit dans l'île tibérine, où l'on éleva ensuite un temple 2.
Valère Maxime. — Valère Maxime entre dans plus de détails que l'auteur anonyme de V Epitome^. Il s'est inspiré certaine-