‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 87 sur 237 · Liv., X, 47, cité plus haut, p · texte numérisé non relu

Liv., X, 47, cité plus haut, p

2. Liv., XI, Epit. : Cum pestilenlia civilas laboraret, missi legati ut Msculapii signum Romam ah Epidauro transferrent anguem, qui se in navem eorum contulerat, in quo ipsum numen esse constabat, deportaverunt ; eoque in insulam Tiberis egresso, eodem loco sedes ALsculapio constituta est.

3. Val. Max., I, 8, 2 : Sed ut ceterorum quoque deorum propensum huic urbi numen exsequamur, triennio continuo vexata pestilentiel civitas nostra, cum finetn tanti et tam diutini malt neque divinu misericordia neque humano auxilio imponi viderat, cura sacerdotum inspectis Sibyllinis libris animadvertit non aliter pristinam recuperari salubritalem passe quam si ab Epidauro jEsculapius esset arcessitus . Ilaque eo legatis missis unicurn fatalis remedii opem auctoritale sua, quae jam in terris erat ampiissima, impetruturam se credidil. Neque eam opinio decepit. Pari namque studio petitum ac promissum est praesidium, e vesligioque Epidauri Romanorum legatos in templum JËsculapii, quod ab eorum urbe V passuum distat, perductos ut quidquid inde salubre patriœ laluros se existimassent pro suo jure sumerent benignissime invilaverunt. Quorum tam promplam indulgentiam numen ipsius dei subsecutum verba viortalium caelesti obsequio comprobavit : si quidem is anguis, quem. Epidauri raro sed nunquam sine magno ipsorum bono visum in modum Aisculapii venerati fuerunl, per urbis celeberrimas partes mitibus oculis et leni tractu labi cœpit, triduoque interreligiosam omniiim admirationem conspeclus haud dubiam prœ se adpetilœ clarioris sedis alacritatem ferens, ad triremem romunam perrexit^paventibusque inusilato speclaculo nantis eo conscendit , ubi Q. Ogulni legati tabernaculum erat, inque multiplicem orbem per summam quietem est convolutus. Tum legati perinde algue exoptalœ rei compotes expleta gratiarum aclione cultuque anguis a peritis excepto, laeti inde solverunt, ac prosperam emensi navigationem postquain Antium appulerunt, anguis, qui ubique in navigio remanserat, prolapsus in vestibulo œdis /Escu-

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ment (lu livre perdu de Tite-Live ou des sources utilisées par celui-ci pour le rédiger. La peste, dit-il, durait déjà depuis trois ans lorsqu'on eut recours aux Livres Sibyllins. Il no parle pas de Toracle rendu par les Livres dès le début de l'épidémie ni de la supplicatio adressée alors à Esculape. Mais cette omission s'explique sans peine et ne permet nullement de contester les assertions de Tite-Live. L'ouvrage de Valère Maxime n'est pas une histoire suivie, renfermant un exposé complet par ordre chronologique ; c'est un recueil d'anecdotes groupées d'après leur nature sous certaines rubriques générales : de religione, de patientia^ etc. Valère Maxime s'est proposé ici, il le déclare lui-même, de faire connaître à ses lecteurs les témoignages de particulière bienveillance prodigués par les dieux aux Romains ; la venue miraculeuse du serpent d'Esculape l'intéresse seule ; il avait le droit de ne pas tenir compte des dernières lignes du livre X de Tite-Live. En revanche, il ajoute au sommaire du livre XI quelques indications précieuses. Il insiste sur l'accueil favorable ({ue les habitants d'Epidaure firent aux envoyés romains. Ils les conduisirent sans délai au temple d'Esculape, situé à cinq milles de leur ville 1, et les invitèrent à prendre dans le sanctuaire tout ce qui pourrait servir au salut de Rome. Le dieu ne se montra pas moins bien disposé que les hommes. Le serpent sacré, en qui les Epidauriens adoraient Esculape lui-môme et qui leur apparaissait à de rares intervalles comme un signe d'heureux présage, sortit du temple et parcourut la ville pendant trois jours. Le troisième jour, il s'embarqua sur le vaisseau dos ambassadeurs et pénétra jusqu'à la chambre de l'un d'entre eux, Q. Ogulnius, où il se roula paisiblement dans un coin. Les Romains le reçurent avec joie et s'informèrent auprès des prêtres du culte qu'il fallait lui rendre. Ils mirent ensuite à la voile. La traversée se poursuivit sans incident jusqu'à Antium. Il y avait dans cette ville un temple d'Esculape; le serpent y descendit et resta trois jours à la cime

lapïi iiiurlo freqiientibus ramis diffusae superimminentein excelsse altitudinis palmam circmndedit, perque très dies, posilis quitus vesci solebat, non sine magno metu legalorum ne inde in triremem reverti nollet, Anliensis lempli hospilio usus, urbi se nostrse advefiendum restiluit, atque, in ripam Tiberis egressislegaiis, ininsulam, ubi templum dicatus est, tranavit, adventuque suo lempestatein, cui remedio qusesitus eral, dispulit.

l. Détail donné aussi par Pausan., II, 27 et par Liv., XLV, 28. Les fouilles récentes d'Epidaure Tont confirmé.

d'un palmier, auprès d'un myrte touffu. Il reprit ensuite sa place sur le navire. A peine les ambassadeurs eurent-ils débarqué à Rome qu'il traversa le Tibre pour gagner l'ile. Son arrivée mit fin au fléau.

Aurelius Victor, Orose, etc. — Les quelques lignes qu'Aurelius Victor a consacrées à la fondation du temple d'Esculape nous apprennent que les ambassadeurs romains étaient au nombre de dix, détail que Valère Maxime, avait omis de nous transmettre 1. De même que Valère Maxime, Aurelius Victor, nomme l'un de ces ambassadeurs, Ogulnius, qui serait d'après lui le chef de la mission^; il rappelle aussi le séjour qu'aurait fait le serpent sacré dans le temple d'Esculape à Antium.

D'après Orose, les ambassadeurs ramenèrent à Rome avec le serpent une pierre, emblème du dieu 3. Il est seul à parler de ce lapis /Esctdapi. On sait que les Romains adoraient au Palatin, dans le sanctuaire de Cybèle, la pierre noire de Pessinonte. Nulle part il n'est question d'une pierre d'Epidaure conservée dans l'île tibérine. Il n'est pas vraisemblable qu'il faille voir en ces mots d'Orose une allusion à Voinphalos^ attribut d'Esculape aussi bien que d'Apollon^. Preller estime que le texte est corrompu. JEscuiapi lapide serait une dittographie ; il faudrait effacer lapide ; il y aurait eu primi-

\. AuKEL. ViCT., de Vir. illuslr.. 22 : Romani oh peslilentium, responso monente, ad Ai.iculnpium Epidauro arcessendum decem ler/ulos, principe Q. Ogulnio, miserunt. Qui cum eo venissent, et simulacrum ingens miraventur, anguis e sedibus ejus elapsus, venerabilis non horribilis, per mediam urbem cum admiralione omnium ad navem romanam perrexit, et se in Ogulnii labernaculo conspirait. Legali deum vehentes Antium pervecti siint. Ubi per malaciam maris anguis proximum Aisculapii funum petiit et per paucos dies ad navem rediit ; et cum adverso Tiberi subveherelur in proximam insulam desiluit : ubi femplum ei conslitulum et pestilentia mira celeritate sedata est.

2. SciiLUETER (op. cit., p. 6) se demande pourquoi les modernes considèrent Ogulnius comme le chef de la mission. Ils y sont autorisés par le texte formel (lu de Viris illustribus.

3. Ohos ., III, 22 : Nam tanta ac lam inlolerabilis pestilentia tune corrtpuit civilalem ut propler eam quacumque ratione sedandam lihros Sibgllinos consulendos pufarint horrendumque illum colubrum cum ipso ^Esculapi lapide advexerint : quasi vero pestilentia aut ante sedata non sit aut post orta non f'uerit .

4. Vomphalos est figuré à côté d'Esculape sur la statue du musée de Naples, trouvée dans l'Ile tibérine ; voir plus loin, p. 193. Peut-être est-il représenté aussi sur certaines monnaies des génies Rubria et Eppia; voir plus loin, p. 16o.

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tivement : coluhrum cum ipso .^sculapio advexerint* . Une autre correction, qui ne supprime aucun mot, pourrait être aussi proposée. On lit dans VEpitome du livre XI de Tite- Live : anguem... in quo ipsu/n numen esse constahat. Orose n'aurait-il pas écrit : coluhrum cum ipso .^sculapi numine? La substitution de lapide à numine, s'explique par le voisina<^e des dernières syllabes d\Esculaj)i. En tout cas, le texte des manuscrits ne saurait être maintenu; le lapis JEsculapi n'a pas existé.

Strabon nomme Asklépios parmi les dieux étrangers accueillis et adoptés par les Romains : ils ont été chercher à Pessinonte la Mère des dieux, de même qu'ils avaient été chercher à Epidaure Asklépios^. Pline l'Ancien rappelle d'un mot l'arrivée à Rome du serpent épidaurien-^ Claudien^, saint Augustin ^'', Lactance'', Arnobe", font allusion à l'événement. D'aucun de ces textes il n'y a rien à tirer pour compléter Valère Maxime et suppléer aux lacunes de Tite-Live.

Ovide. — Ovide, au contraire, a longuement raconté la métamorphose d'Esculape en serpent et sa venue par mer d'Epi-

1. Pheller, der Stein des Aisculup^ dans VArchàolog. Zeif. de 1858, réimprimé dans ses Ausgewàhlie Aufsàtze, Berlin, 1864, p. 308.

2. Strabo, XII, p. 567; les Romains ont fait venir d'Asie remblènie de la Magna Mater, sur l'ordre donné par les Livres Sibj'llins, comme ils avaient fait venir d'Epidaure l'emblème d'Esculape : 'A;pi5pu[Aa È'vÔevSs -rf,; Ôiov [jL£Tairc|xt^ifJLEvot y.a-rà to-jç •:•?,; ili6"j)v),r,ç j(pr|(T[J.où; xaÔâTrep xa't toû 'A(TxXr,7rioy toû àv 'ETTtSaûpw.

3. Plix., IHst. nat., XXIX, 4, (22) : Anguis JEscidapius Epidauro Romam advecius est.

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