‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 99 sur 237 · Pausan., II, 28; — ^Elian., de Nat. animal., VIII · texte numérisé non relu

Pausan., II, 28; — ^Elian., de Nat. animal., VIII

l'arrivée dd serpent d'épidaure 169

lo donnant à Q. Ogiilnius et ;i ses compaj^nons, ne faisaient que se conformer à un antique usage. C'est de leur ville que paraît s'être répandue par toute la Grèce, avec le culte du dieu médecin, la coutume de vénérer le serpent comme sa vivante incarnation. Souvent quand on fondait un temple on tenait à }' amener l'un d(>s opi/.cv-:sç sacrés ; le dieu venait prendre ainsi possession de son nouveau domicile. On racontait qu'il avait été conduit à Sicyone en grande pompe, métamorphosé on serpenta Limera en Péloponèse, colonie d'Epidaure , devait sa fondation à un opâ/,(.)v d'Asklépios qui s'écliai)pa d'un navire envoyé par les Epidauriens à Cos et descendit sur le rivage de Laconie; l'endroit où il s'était réfugié n'avait-il pas été choisi ainsi par le dieu pour devenir l'emplacement d'une ville et d'un autel qui lui seraient dédiés ~? L'aventure de ce serpent de Limera ressemble tout à fait à l'histoire de celui queQ. Ogulnius conduisit à Rome; de part et d'autre le reptile abandonne spontanément le navire qui le porte, descend à terre, fixe lui-même le lieu oîi l'on viendra désormais adorer Asklépios. Les faits que rapporte Valère Maxime, s'ils surprennent les modernes, n'avaient pour les anciens rien d'extraordinaire ni d'insolite.

L'épisode d'Antium. — A deux reprises le serpent sacré aurait quitté le vaisseau d'Ogulnius. Avant de débarquer dans l'ile tibérine, il serait demeuré trois jours à Antium dans le temple d'Ésculape. Valère Maxime et Aurelius Victor l'affirment ; ils reproduisent certainement la tradition primitive, dont s'est écarté Ovide, qui remplace à tort le nom du dieu médecin par celui d'Apollon. Au if siècle avant l'ère chrétienne, d'après Tite-Live, il y avait à Antium un temple d'Esculape ^ Aurait-il existé dès l'année 463/291 ? Les Antiates étaient primitivement de hardis navigateurs ; de bonne heure leurs vaisseaux avaient sillonné la Méditerranée avec ceux des Etrusques. Dans

Page 1