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L'XE VOIX CRIE DAXS EOLIE

Tous les merles sifflaient au bois, les palombes roucoulaient : seul, l'aimable pipeau se taisait, le cœur de Sylvan était resté sur la rive sombre. Et des jours succédèrent aux jours ; l'août sec, altéré, vibra d'ors et de faux. Dans les soirs électriques, les âpres sauterelles grincèrent, stridentes comme des cistres. Un accablement pantela. l'effroi lourd des choses inconnues. Et seulement la flûte, son cri funèbre et voluptueux était mort. Or Elée un soir, avec des paroles tendres, l'entraîna. Ils s'assirent au bord des eaux ; et tous deux maintenant auraient voulu entendre la voix qui les avait délicieusement torturés. Ils étaient sans courage et pleurèrent. « O Sylvan ! dit Elée, je sais à présent qu'elle nous parlait de la Mort. Moi-même

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j'ai été morte tout un temps ; c'était alors un soir en moi comme maintenant, un soir surnaturel entre deux abîmes. » Soudain Sylvan tressaille : « Elée! Elée! N'as-tu rien entendu? » Elle retient son haleine, l'inten-oge. « La flûte, ami? » — « Non, mais une voix qui pleurait comme elle... O cieux ! quelqu'un vers nous a crié dans les bois ! »

Ils demeurent oppressés d'attente, d'angoisse. La nue magnétique vibre en leur sang. Mais la voix ne s'est plus fait entendre; une pesante léthargie enchaîne les airs. « Et cependant, dit-il. ]e t'assure, petite Elée, c'était bien là le cri de la douleur. » Ils ne se parlent plus, ils se sentent la chair froide dans cette nuit de mystère et d'effroi. « Ce n'était que l'orage, dit enfin Elée. Entends sourdement marcher un pas derrière la nue. » — « Un pas, certes, s'écrie Sylvan, mais non celui d'un dieu là-haut, si toutefois un homme peut d'une telle force fouler la terre. Voici qu'il approche, Elée ! Et l'air gémit comme autour du flanc d'un taureau furieux, comme autour de la barque quand nous accrochons la voile sonore... Mais oh ! oh ! encore une fois le pas s'est éloigné... J'entends au loin mugir la voix... Ou si c'est le tonnerre, chère Elée ? » — « Fuyons, fuyons.

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