‹ L'ILÉO-COLO-RECTOPLASTIEChapitre 20 sur 24 · PAT; DR · texte numérisé non relu

PAT; DR

moiïde par exemple, et atteignent secondairement les tuniques externes du côlon, avec refoulement de la muqueuse, que cette tumeur soit bénigne ou maligne (cette dernière possibilité provoque le cas de mésosigmoïdite péri-diverticulaire, opérée par Okinezyc en janvier 1935). Notons aussi les cas de tumeurs génitales de la femme s'étendant au sigmoïde et au rectum. Plus fréquemment, ce seront des tumeurs malignes développées aux dépens des tissus du côlon luüimême qui, par l’importante résection qu'ils exigent, feront préconiser l’iléo-colo-rectoplastie réparatrice. Ces cancers siègent le plus souvent sur le sigmoïde : c'est le cas des sept observations que nous avons vues. Dans la pratique habituelle, ces tumeurs importantes sont extirpées par l'opération d'Hartmann complétée par un anus artificiel. Désormais, grâce à la plastie intestinale, la colostomie ne sera que temporaire et la continuité colique pourra être rétablie.

Mais ces rétrécissements de la lumière intestinale pourront aussi être le fait d’un processus pathologique de la muqueuse elle-même (inflammation vénérienne du rectum, colite amibienne ou dysentériforme, côlite mercurielle) ou la suite d’un accident (sténose cicatricielle par lavement trop chaud ou renfermant un produit caustique), cette dérnière catégorie étant infiniment plus rare que la précédente. Par contre, les rétrécissements sont fréquents, et le seront encore davantage maintenant que la guerre vient de se terminer et que les prisonniers et les déportés rentrent en France. Ils ont subi en effet de très graves crises de dysenterie, qu'elle soit bacillaire ou amibienne, chez les déportés surtout qui n'ont cessé d'avoir pendant toute leur détention, en raison de la nourriture et de l'hygiène infectes des camps, une dysenterie chronique grave et sans rémission, ayant irrémédiablement abîimé la muqueuse colique. Peut-être la thérapeutique ordinaire pourra-t-elle enrayer la progression de leur sclérose intestinale ; mais dans bien des cas, elle devra très probablement s'avouer impuissante et céder la place à la résection.Celle-ci, étant donné l'étendue des lésions, exigera une importance considérable. D'autre part, la diminution de la vitalité des segments sus et sous-jacents obligera à les soustraire, plus rigoureusement encore que dans tout autre cas, à des tiraillements et des élongations éventuels, et s’alliera à l'étendue de la-résection pour rendre impossible au chirurgien toute tentative de rétablir la continuité intestinale par raccordement direct. C'est dans ces cas que l'on se verra contraint de pratiquer une entéroplastie, qui se révèlera comme l'unique moyen de sauver le malade.

Plus raies sont les cas de gangrène du côlon gauche, mais en revanche, ils ont ün pronostic vital immédiat beaucoup plus grave que les tumeurs. Cette gangrène sera déterminée par un manque

d'irrigation du côlon, qui peut être provoqué de deux manières distinctes : l'oblitération artérielle directe par embolie d’une ramification -de la mésentérique inférieure, l’oblitération artérielle indirecte cau- -sée par un volvulus colique. L'ischémie par oblitération interne peut être un facteur fréquent si l’on se souvient de la mauvaise irrigation du côlon par la rareté de ses vaisseaux nourriciers et par le manque -de suppléance, ce qui cause une ischémie, toujours très étendue, du côlon gauche. On en a un bel exemple dans le cas que Faltin d'Helsinski opéra en 1910, et qui lui révéla à l'intervention une gangrène de tout le côlon descendant, l’angle splénique et l'S iliaque étant également atteints. La gangrène par volvulus ne le lui cède pas en fréquence quelle que soit la cause de ce volvulus, puisque, comme le faisait dès 1907 remarquer Guibé, que cite Mondor, schématiquement sur 10 volvulus intestinaux diagnostiqués, la moitié siège sur le côlon pelvien, alors que 4 seulement frappent le grêle, le dernier étant le fait du cæcum. Mais quelle que soit la cause de l’oblitération vasculaire, le segment colique frappé par la gangrène atteindra généralement des dimensions considérables et la résection qui en résultera sera importante. Devant l'irrigation déficiente de la région, encore plus précaire ici où les vaisseaux intestinaux avoisinants peuvent être également suspects de thrombose ultérieure ou être lésés à un moindre degré par le volvulus, — déficience dont l'ischémieinitiale a été l'avertissement, — on ne se risquera pas à une suture directe des segments coliques, qui pourrait élonguer les vaisseaux. Ici encore la solution de beaucoup la plus prudente sera l’iléo-colo-rectoplastie.

Ce qui dans le domaine de la chirurgie plastique intestinale suit en fréquence les sténoses, ce sont les perforations coliques. Dans la pratique civile, il s'agit dans l'immense majorité des cas de perforations d’origine interne, dénoncées par des signes alarmants de péritonite, réclamant une intervention d'extrême urgence. Nous n'insisterons pas sur les causes qui sont nombreuses : perforation pendant une dysenterie amibienne, ulcère simple du côlon qui très souvent aboutit à la perforation (E. Quenu et P. Duval, que cite encore H. Mondor, avaient constaté 19 cas de péritonite par perforation sur 27 ulcères simples du côlon), — perforation au niveau d’un diverticule d’un côlon (les 2 cas que nous avons cités relèvent l’une et l'autre de cette étiologie), — perforation par suite de la chute d'un placard de sphacèle provoqué par une contusion de l'abdomen, — perforation par des parasites intestinaux et, — éventualité fréquente, les perforations intestinales au niveau d’un cancer du rectum ou du sigmoïde. Mettons à part les ruptures recto-coliques dues à l'air comprimé, dont a parlé Lenormant, accidents du travail provoquant des lésions multiples sur le sigmoïde. A l'exception de cet

Page 1