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surtout de serendre au lieu de son travail, oùsescompagnons, ne soupçonnant pas qu'ils se trouvent en présence d’un véritable infirme, ne savent pas cacher leur dégoût. Alors, par impulsion personnelle et par gêne professionnelle, il abandonne son travail. Ainsi se forme une dépression mentale encoreaiguisée par l'inaction où il est condamné, et cette obsession ne lui permet même pas d’entrevoir une porte de secours, à peine existante d’ailleurs, un reclassement professionnel extrêmement diflicile, car très spécial et très limité. Il veut d’ailleurs écarter tout travail pour éviter les mêmes incidents.
Chez les sujets encore jeunes, l'infirmité qu’entraîne la présence de l'anus artificiel est encore, s’il est possible, plus épouvantable, car, faisant impitoyablement écarter toute idée de mariage, elle représente pour ceux qui ne peuvent se résigner à être sans foyer, une véritable interdiction de vivre.
Gêne physique, difficultés professionnelles, isolement volontaire, impossibilité de mener une existence normale, tout cela s’unit pour rendre toujours plus difficile la résignation à la colostomie définitive et s’entrechoque dans l'esprit du malade, créant une obsession permanente, un drame de chaque instant. L’avenir apparaît sous les plus sombres couleurs et la volonté de vivre s’amenuise sans cesse. Alors surgissent des idées de suicide qui deviennent au long des jours, dans l’inaction où s’est réfugié le malade, de plus en plus fréquentes, de plus en plus précises, de plus en plus sollicitées, car si avec la résignation il a perdu la volonté de vivre, il a gagné en revanche celle de mourir qui est plus facile à suivre pour un esprit aussi durement atteint, et qui représente le remèdele plus rapidement capable d’abréger ses maux avec une existence qui lui est intolérabie. C’est ainsi que la malade de M. Bergeret n'hésite pas à affirmer que, bien qu'ayant eu la chance d’avoir un anus artificiel parfaitement continent, elle n'aurait plus envisagé la possibilité de vivre si elle n'avait eu la promes$e formelle que son infirmité serait, dès que possible, supprimée, et elle reconnaît aisément que depuis son opération son état psychique a complètement changé.
Heureusement, en effet, si les cas de suicide chez les porteurs d'anus artificiel ne sont pas rares dans la littérature médicale, beaucoup plus souvent les malades, dans leur désespoir même qui aiguise à l’extrème leur activité mentale, s’accrochent à l’idée que tout dans leur cas n'est peut-être pas dit. C’est alors que le chirurgien les voit venir à sa consultation, le suppliant d'agir coûte que coûte, de tout tenter pour une opération qui existe certainement, — car dans leur esprit il est impossible qu'il en soit autrement, — cette intervention füût-elle la plus dangereuse de toutes. Ils en acceptent d'avance tous les aléas sans aucune réserve, préférant tout risquer à la perspective d'être
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obligés de mener encore longtemps la vie, qui n’en a que le nomr,. des reclus et des parias. Et dès que le praticien leur a dit que cette intervention qu'ils espérèrent avec tant d’ardeur pour revenir à la vie normale existe réellement, ces malades n’ont de cesse et de repos dant qu'il n’a pas entrepris « leur » iléo-colo-rectoplastie.