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CHAPITRE IV

SYMPTOMATOLOGIE

On pourrait croire a priori qu'une affection aussi curieuse doive être annoncée par de nombreux prodromes : il n’en est rien. La migration du cholélithe dans l'intestin passe inaperçue jusqu'au moment de l'arrêt, cause de l'obstruction. En étudiant les observations, on voit, de temps en temps, qu'il est fait mention d’un passé lithiasique plus ou moins nettement accusé, mais le plus souvent, on ne trouve dans les antécédents pathologiques du malade, rien qui puisse permettre d'affirmer qu'il a eu des coliques hépatiques certaines. Presque toujours cesont des troubles gastrointestinaux peu caractéristiques, des douleurs mal localisées. L'ictère est exceptionnel. Cette absence de commémoratifs lithiasiques est en somme, très explicable, puisque les gros calculs, susceptibles de provoquer un jour l'iléus, remplissant exactement la vésicule, y sont tout à fait immobiles et ne provoquent pas de réaction de la part du réservoir biliaire. Lobstein ne relève d'accidents vésiculaires que 9 fois sur 92 cas. Naunyn, au contraire, dans 40 cas, prétend avoir trouvé 26 fois un passé lithiasique.

Selon l'intensité des premiers symptômes observés, les Auteurs ont décrit deux formes, l’une chronique, l'autre aigüe. Les avis différent en ce qui concerne leur fréquence relative : pour Dagron ct Kirmisson, c'est la forme lente qui serait la plus commune ; Korte, Naunyn, Lane et, d'une façon générale, ceux qui se sont occupés le plus récemment de la question, pensent le contraire.

A notre avis, la forme lente semble beaucoup plus commune que l’autre ; encore est-il nombre de cas qu'il est dif-

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ficile de classer nettement dans l’une ou dans l’autre catégorie, faute de connaître le moment précis du début des accidents.

Le plus souvent, il s'agit de femmes jusque là bien portantes, accusant quelquefois des digestions pénibles, de la constipation, qui sont prises un jour de nausées, puis de vomissements. Les aliments sont rejetés peu après leur ingestion. Presque en même temps apparaissent des douleurs abdominales dont l'intensité et le siège peuvent être très variables. Tantôt ce sont de simples coliques, sourdes, diffuses, sans localisations précises, présentant des paroxysmes entrecoupés de rémissions ; tantôt, au contraire, elles sont violentes, arrachant des cris aux malades, siègent nettement dans l’hypocondre droit ou dans la région périombilicale, s'irradient quelquefois vers la poitrine, les lombes, l'épaule et la cuisse droites. Les vomissements, d'abord seulement alimentaires, deviennent bilieux et quelquefois fécaloïdes, La constipation devient complète : ni selles ni gaz par l'anus. Nous sommes à la période d'état. Parfois la malade a encore quelques selles pendant un jour ou deux, surtout grâce aux lavements : c'est le boutinférieur de l'intestin qui se vide.

L'examen du ventre fournit les renseignements les plus variés et ceci s'explique suivant le siège de l'obstacle. Si le calcul est très haut, l'abdomen n'est nullement météorisé, la paroi est flasque, le tympanisme faible ou nul, S'il siège à la fin de l'iléon ou dans le côlon, le ventre peut être ballonné ; ceci est tout à fait logique et correspond aux données de la clinique. À ce point de vue, nous ne nous rangeons pas à l'avis de Payan qui dit:«le ventre se ballonne avec une grande rapidité, »

L'anorexie est complète, la langue sèche, les urines se ruréfient ; la soif est vive, mais l'intolérance gastrique est complète et les liquides ingérés sont aussitôt rendus. Le pouls et la respiration s’accélérent ; peu ou pas de fièvre ;

bref, le tableau clinique de l'occlusion intestinale s'installe au complet,

Dans la forme aigüe, seul le début est différent. Les phénomènes douloureux apparaissent brusquement et ont d'emblée toute leur intensité [peu ou pas de rémissions ; les vomissements deviennent vite bilieux puis fécaloïdes ; les urines sont rares et chargées.

La palpation de l'abdomen provoque une exagération des troubles douloureux au lieu où siège l'occlusion, Arrêt des matières et des gaz, l'intestin ne vide pas son bout inférieur. Le visage s'altère, le facies est grippé, les yeux cernés, le pouls misérable ; le malade se refroidit et la mort survient rapidement. On peut quelquefois, durant l’évolution de la maladie, assister à des périodes d'accalmie : les différents symptômes s'amendent pour reprendre ensuite avec une intensité plus grande. La constipation seule, reste la plupart du temps, complète. Il a été signalé, cependant un très petit nombre de cas dans lesquels on a pu assister à une série de cerises successives, d'iléus par étages, dus à la mobilisation et à l'arrêt, plusieurs fois répétés du cholélithe.

L'affection se termine toujours par la mort si le calcul n'est pas expulsé ; mais si la pierre biliaire est évacuée, la convalescenceet la guérison interviennent très rapidement.

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