‹ L'Iléus BiliaireChapitre 16 sur 28 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Jusqu'à ces dernières années, l'iléus biliaire comportait un pronostic de haute gravité. Les statistiques les plus optimistes ne donnaient que 44 0,0 de guérisons. L'expulsion du calcul par le traitement médical n'était d'ailleurs pas toujours curatrice et Naunyn reconnaît que les malades meurent quelquefois, peu de jours après avoir rendu la pierre, une fois l'occlusion levée.

Il semblait donc que l'occlusion réclamait l'intervention chirurgicale, mais le pronostic opératoire, lui aussi, était très mauvais jusqu'à ces dernières années. Audry, en 1887, cite 6 interventions, toutes mortelles. Gonzalès, dans sa thèse, relate 7 cas tous suivis de mort. Dufourt. en 1889, enregistre une seule guérison sur 9 laparotomies. Kirmisson et Rochard, en 1892, trouvaient seulement 20 0/0 de guérisons après intervention, tandis que sur 80 cas non opérés, 29 avaient guéri. Le désavantage était donc pour la laparotomie.

Mais, si on relit les observations qui ont servi à établir ces statistiques, on verra que les malades ne furent confiès au chirurgien qu'après échec de tous les moyens médicaux, alors que l'occlusion datait quelquetois de 8, 10, 12 jours et plus. On n'opérait que des mourants, ce qui grossissait le chiffre de la mortalité opératoire et allégeait d'autant la gravité de l'occlusion abandonnée à elle-même.

Le pronostic opératoire allait cependant s’améliorant de jour en jour, au fur et à mesure des progrès de la chirurgie abdominale, aussi et surtout depuis que l'on se décidait à

opérer d'une manière plus précoce les malades atteints d'iléus biliaire, C'est ainsi que Gailliard trouvait 33 0/0 de guérisons, Payan 36 0/0, Raymond 64 0/0. Dans la période décennale 1894-1904, Benning donne 67,2 0/0 de succès, En 1909, Leriche faisait remarquer que si on enlevait de la statistique précédente les cas opérés in extremis on trouverait 77,6 0/0 de guérisons.

Donc, le jour où on opèrera systématiquement et de manière précoce tous les malades en état d’occlusion ou seulement d'obstruction à marche lente, forme la plus généralement observée dans l'iléus biliaire, nous croyons que la léthalité opératoire sera très faible. Malheureusement, longtemps encore, il sera donné aux chirurgiens d’intervenir sur des calculeux en état de péritonite, de collapsus et de stercorémie.

Nous reproduisons à la fin de notre travail 30 observations, toutes celles dont nous avons pu nous procurer le texte parmi les 107 dont nous avons relevé les indications bibliographiques à notre index (de 1900 à fin décembre 1919).

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