‹ L'Illinois. Sa position géographique, son etendue, son histoire, ses écoles, ses ressources, son agriculture, et sa grande ville de ChicagoChapitre 15 sur 39 · HORTICULTURE · texte numérisé non relu

HORTICULTURE

Les premiers colons français plantèrent les premiers arbres à fruits dans rillinois à Cahokia et à Kaskaskia, vers la fin du XVIIe siècle. C'étaient des poiriers dont la graine avait été apportée de France. Quelques arbres plantés probablement au commencement du XVIIIe existent encore vigoureux et productifs. Qnelques-uns de ces vieux poiriers sont devenus fameux à cause de leurs dimensions; on dit que l'un d'eux, près de Vincennes en Indiana a rapporté 184 boisseaux de fruit en 1834, et presque autant d'autres années.

Tous les arbres fruitiers cultivés dans l'État jusque vers 1830 provenaient de semis, et beaucoup de vergers plantés avant 1850 ont la même origine. La première société importante pour l'avancement de l'horticulture fut fondée en 1847, sons le nom à^ Association des Fruitiers du Nord- Ouest {NortJi- Western Fruit Growers' Association), et cette même année le premier chemin de fer dans l'Ulinois fut commencé — deux événements qui ont donné en peu d'années un grand impetus à la production et à l'amélioration des fruits. On planta alors dans presque chaque ferme des vergers de pommiers j^ar greffes, et plusieurs personnes dans différentes parties de l'État se vouent exclusivement à l'établissement de pépinières. Il n'y avait probablement pas, avant 1850, un seul fermier qui se consacrât tout entier à aucune branche de l'horticulture pour en faire son gagne-pain. D'après les rapports récents il y avait en 1877 environ 342,682 acres de vergers et de plantations fruitières, soit une augmentation de 16,576 acres en deux ans. La valeur des fruits cueillis en 1877 est estimée à 3,589,672 dollars, soit en moyenne dix dollars et quarante-sept cents (environ 52 francs 35c) par acre. Ces dernières années certains vergers de pommiers ont rapporté dans une seule récolte pour plus de 400 dollars de fruits par acre, et l'on connaît des cas où les petits fruits ont rapporté plus du double de cette somme. .

L'État s'étendant sous cinq degrés et demi en latitude (du 37° au 42° 30'), et ayant une grande variété de sol, il y a natu-

rellement des régions qui conviennent mieux pour certains produits. Par exemple, les pêches pour l'exportation croissent surtout au sud du 32° 30' ou dans l'extrême sud de l'Illinois, en aval de Centralia. Le chemin de fer de l'Illinois Central a transporté, de cette région seulement, 32,356,400 livres de fruits en 1877. Cette grande quantité a été vendue à Chicago principalement, pour être distribuée en partie dans les villes avoisinantes. Les formations alluviennes le long du Mississipi, surtout autour d'Alton, sont devenues fameuses pour leurs fruits. L'on y récolte de grandes quantités de pommes, pêches, poires, petits fruits et légumes qui se répandent pour la plupart dans les marchés du nord.

Quoique la grande région des prairies soit très-fertile et facile à cultiver, l'horticulture y est encore peu développée, probablement parceque d'autres intérêts agricoles ont trop complètement absorbé l'attention des habitants. La vigne réussit également bien dans toutes les parties de l'État où le sol et le drainage sont favorables. Les raisins sont si abondants qu'ils se vendent ordinairement de trois à quatre sous la livre, et quelquefois pour faire du vin à raison de trente dollars la tonne (environ 1,000 kilos.), L'on ne fait d'ailleurs que fort peu de vin dans le pays. Les fraises, les framboises et les mûres sont les plus importants des petits fruits ; ce sont toutes, avec la groseille cultivée, des. variétés domestiques d'espèces natives; il y a très peu de plants d'origine étrangère et quelques hybrides. En dehors des serres et des jardins, l'on n'a pas de plants de vigne purement européens.

Autrefois l'Illinois était célèbre pour ses savanes ou prairies, vastes plaines sans arbres qui formaient une grande partie de sa surface. Par habitude et aussi par nécessité, les premiers colons s'arrêtèrent d'abord dans les parties boisées, le long des cours d'eau. Les abattis pour la construction des fermes et clôtures, et quelque prodigalité dans l'emploi du bois, réduisirent bientôt d'une manière considérable la quantité de bois utilisable. Mais la construction des chemins de fers causa tout de suite l'occupation des prairies, et donna les moyens d'importer de grande quantités de bois de pin pour la bâtisse; les mines de charbon furent mises en exploitation, et elles produisent maintenant des quantités immenses de houille. L'on a aussi planté des bosquets et des ceintures d'arbres dans les nouvelles fermes, et ils ont crû avec une rapidité surprenante; les bois durs par semis atteignent une hauteur de quinze à vingt pieds en huit ans, et les bois tendres souvent le double de cela. Ces causes, combinées avec d'autres, ont tellement diminué la consommation du bois (le noyer

noir, juglans nigra, excepté), que les forêts n'ont pas décru pendant les deux dernières décades ; le prix du bois à brûler et à bâtir est plutôt plus bas qu'autrefois. L'on s'est beaucoup préoccupé depuis dix ou douze ans de la plantation de forêts pour l'usage futur et en vue de l'amélioration probable du climat. A l'exception des espèces d'ornement, le mélèze d'Europe est la seule essence ainsi plantée qui ne soit pas indigène, et encore cet arbre n'est-il plus aussi estimé qu'autrefois. Le frêne blanc, l'érable, le noyer noir et, au sud du 40""^ parallèle, l'oranger des Osages (Maclura aurantiaca) et le catalpa sont les espèces que l'on plante habituellement. L'attention s'est beaucoup portée dernièrement sur le catalpa, à cause de sa croissance rapide et de la grande durabilité de son bois, mais sa valeur dans les plantations artificielles est encore une question à décider par l'expérience. L'oranger des Osages qui joint une plus grande dureté aux bonnes qualités du catalpa est recherché surtout pour la charronnerie. Cette espèce est maintenant presque la seule dont on fasse les haies, et elle donne, à cause de cela, un aspect particulier au pays.

La culture des plantes et des fleurs d'ornement a été tout-à-fait négligée jusqu'il ces dernières années. Les prairies étaient ellesmêmes d'immenses parterres; mais à mesure que le défrichement les a fait disparaître, les plate-bandes sont devenues plus nombreuses autour des fermes et dans les parcs des grandes villes. Dans presque toutes les villes de cinq mille habitants et au-dessus, il y a plusieurs établissements d'horticulteurs fleuristes, avec serres et orangeries pour les plantes exotiques et pour l'hiver. Des maraîchers approvisionnent les villes avec de grandes quantités de légumes frais.

OHAPITEE TIII.

INDUSTRIE MANUFACTURIERE.

L'État a fait de grands progrès dans les manufactures depuis le recensement de 1870, surtout à Chicago et dans les autres villes. L'on a de bonnes raisons de croire que les statistiques manufacturières de notre pays, toujours si difficiles à réunir et souvent seulement approximatives, sont représentées d'une manière bien imparfaite dans le neuvième recensement; toutefois ce sont les données les plus complètes et les plus récentes que nous ayons à notre disposition. En 1870, il y avait en Illinois 12,597 établissements manufacturiers, se servant de 2,330 machines à vapeur représentant 73,091 chevauxvapeur, et utilisant 528 roues à eau d'une force de 12,953 chevauxvapeur; 82,979 personnes y étaient occupées, dont 73,045 hommes, 6,717 femmes, 3,217 enfants. Ces manufactures roulaient sur un capital de 94,368,057 dollars; les gages et salaires payés se montaient à 31,100,244 dollars; les matières premières ont coûté 127,600,077 dollars, et les produits de l'année valaient 205,620,672 dollars.

Les moulins à farine (681) tiennent le premier rang. Personnes occupées, 3,581 ; capital, 12,931,600 ; salaires et gages, 1,704,778 dollars. Matières premières 32,090,825 dollars; farines, etc., 39,413,618 dollars. Puis vient le porc salé et autre viandes fumées — 33 établissements, 2,236 ouvriers, un capital de 6,921,000 dollars; gages payés, 448,560 dollars; matières premières, 16,836,541, et viandes produites, 19,818,851 dollars. Les rapports publiés à Chicago en janvier 1873, montrent que pour cette ville seulement les produits de cette branche d'industrie s'élevaient à 19,153,851 dollars. Comme il y a en outre beaucoup de petites villes qui font le même métier, il est clair que le volume d'affaires avait grandement augmenté ou bien que les rapports du recensement étaient beaucoup au-dessous de la vérité.

Nous avons au troisième rang la production de la bière et des esprits (alcohol et whisky), occupant 193 établissements avec 1,955 ouvriers et un capital de 7,397,900 dollars. Les salaires et gages payés représentent 1,031,142 dollars, les matières premières, 6,898,377 dol-

lars, et les produits obtenus, 12,042,975 dollars. Le commerce des bois sciés et en planches suit de près, puisque 410 établissements ont produit 11,382,649 dollars. Puis viennent les fabriques d'instruments agricoles; 294 maisons ont vendu pour 8,880,390 dollars de leurs produits. La table suivante donne une idée claire de la variété et de l'importance des différentes autres industries :

Nombre Valeur des

d'établissements. produits.

f Dollars.

Objets en fer 130 7,738,443

Vêtements (confection) 458 8,407,005

Chars et voitures 1,165 6,019,291

Machines de toutes sortes 131 6,398,794

Tabacs 274 4,319,716

Cuirs 97 4,148,163

Lainages 85 2,725,690

Imprimeries (livres, etc.) 129 2,727,549

Meubles • 371 2,982,52"2

Tonnellerie 391 2,501,531

Chaussures 88 2,298,136

Huiles, animales et végétales 17 2,642,733

Harnais, selles, etc 687 2,581,416

Menuiserie (portes fenêtres, etc.) 94 2,316,320

Ferblanterie et chaudronnerie 478 2,1 94,812

Confiserie 24 1,948,710

Boulangerie 128 1,732,885

Fours à briques 240 1,638,764

Marbrerie 122 2,098,209

Savons et chandelles 24 1,250,930

Graisses et suifs 5 1,412,900

Papier 16 1,188,400

Wagons de chemins de fer 5 1,010,007

Les autres manufactures quoique produisant aussi pour une forte somme, tombent, chacune séparément, au-dessous d'un million de dollars.

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