VIII. — Discours
En réponse au citoyen Gavat^ professeur d’entendement humain aux écoles normales, sur l’existence d’un sens moral, et sur la distinction entre les sensations et la connaissance Ce discours, prononcé à la suite d’une conférence publique du 9 ventôse an III (27 février 1790), se trouve imprimé, dans la collection des Ecoles normales (tome III des Débats), publiée en 1801. La discus sion qui eut lieu entre le professeur et l’élève,dit M. Tourlet dans sa Notice historique sur Saint-Martin « a mis au jour toute la puissance de son adversaire ; il en est résulté que la question la plus abstraite a été traitée à fond ; » et, nous ajoutons, entièrement à l’avantage du sens moral. —
Essai relatif à la question proposée par l’Institut : Déterminer Vinfluence des signes sur la formation des idées, avec l’épigraphe : Nasciintur ideœ, fiant signa. an VII (1799) in S*". Un passage où le professeur soutenait l’antériorité des signes sur les idées, paraît avoir donné naissance à la question de l’Institut, qui suppose cette antériorité, et à laquelle l’auteur répond non moins victorieusement, en traitant la question suivant des formes moitié tliéosophiques, moitié académiques. Dans l’allégorie facétieuse dont nous avons parlé, cet Essai qui s’y trouve intercalé, quoique d’un ton bien difïérent, est censé Touvrage d’un petit cousin de madame Jof (la Foi;, tracé par un Psychographe dans le cabinet de Sédir (le Désir).Ce sontles deux personnages allégoriques principaux du livre qui a pour titre : le Crocodile
ou la Guerre du bien et du mal, arrivée sous le règne de Louis XV, poème épicomagique en 102 chants, etc, en prose mêlée de vers : œuvre posthume d’un amateur de choses cachées, Paris, an VII (1799)? ^
de 4^0 pages.
IX Le ministère de Phomme-esprit,
Paris, Migneret, an XI (1802), in 8, 3 parties: De l’homme \^De la nature; — De la parole. L’objet de ce livre est démontrer comment F homme-esprit (ou excerçant un ministère spirituel) peut s’améliorer, et régénérer lui-même et les autres,en rendantla Parole ouïe Logos (le verbe) à Phomme et à la nature. C’est dans cette parole que Saint-Martin, plein de la doc Irine et des sentiments de Jacob Bœhin, puise la vie dont il anime ici ses raisonnements et son style.
Cependant cet ouvrage, quoique plus clair en général que les précédents, est encore,dans plusieurs endroits, trop éloigné des idées humaines pour-être pleinement conçu et senti. La grande amélioration que le théosophe propose, consiste dane le développement radical de notre essence intime. Tous ses écrits reposent plus ou moins sur cette base: mais enrésumé le iVaiMreZ,établissantpour l’œuvre
de la régénération, la nécessité d’un Réparature, a fait voir la grandeur du sacrifice dans lequel la victime s’est immolée elle-même,au lieu des holocaustes sanglants qui avaient lieu auparavant.
L’Homme de désir a montré que le sang de cette victime étant esprit et vie, la miséricorde se trouvait ainsi réunie à la justice, le Ministère de Vhomme-esprit apprend, enfin à opérer en lui-même l’action du
Réparateur, en s’immolant, à son exemple, pour se séparer du règne matériel, organe du mal : la renaissance de riiomme par cette voie,où Jacob Bœlim est entré si profondément, selon Saint-Martin, étant bien préférable aux voies'qu’ouvrent les visions contemplatives des mystiques,oules manifestations sensibles produites, soit par l’exaltation de l’arae chez Swedenborg, soit par l’assoupissement des sens corporels dans le magnétisme somnambulique.
X. —Traductions d’ouvrages de Jacob Bœhm savoir ; i" Y Aurore naissante ou la Racine de laphilo-
sopùie, etc., contenant une description de la nature
dans son origine,etc. ; trad. sur l’édition allemande de Gichtel, 1682, par le Philosophe inconnu, avec une Notice sur Jacob Bœhm, Paris, an IX ("iBoo;, in 8. Cette nature originelle, que Bœhm appelle l éternelle nature, et dont la nôtre serait une altération, n’est point une nature sans engendrement, puisqu’elle est l’émanation d’un Principe un et indivisible que Bœhm, pour se faire entendre, considère comme trinaire dans son essence, et septénaire dans ses formes ou modes. C’est donc à tort qu’elle a ete confondue, ainsi que sa cause, avec la Substance Principe de Spinosa.
Un pcccis de l’origine et des suites de Falteralion de cette nature, suivant Jacob Bœhm, donne dans le Ministère de Vhomme-esprit (page, 28-3i), montre comment, en voulant dominer par le feu, dans le premier Principe, au lieu de régner par Vamour le second, l’esprit prévaricateur entraîna dans sa
chute l’homme, qui lui avait été opposé ; comment homme ayant etc absorbe dans sa forme g'rossière l’amour divin voulut lui présenter son modèle, pour • lui faire recouvrer sa ressemblance par son union avec son type. Les points, en général, n’ont rien sans doute que de biblique mais, dans l’énoncé des formes des Trois Principes, les expressions des diverses propriétés de l’Ètre qui tendent à comprimer, attirer, émouvoir,(formes essentielles du premier Principe^ ; celles de même qui en sont la manifestation, et qui consistent à échauffer, éclairer, produire, et opérer (formes appartenant au second et au troisième Principe), peuvent sembler, en partie, extraites des qualités de l’ordre sensible : cependant malgré les termes de physique ou de chimie, trop souvent mêlés à l’expression des notions les plus élevées, c’est toujours dans un sens immatériel et spirituel qne Hoehm veut qu on l’entende ^ et c’est aussi dans ses propres aperçus, sans rien emprunter à Paracelse, qu’il a puisé les notions, qui sont la base de sa philosophie.
Saint-Martin avoue au reste, avec Poiret, que l’auteur est a la fois sublime et obscur, et qu’en particulier son Aurore est chaos, mais qu’elle contient tous les germes développés dans ses Trois Principes et dans les productions subséquentes, sur lesquelles nous ferons peu de remarques. — a”. Les Trois Principes de l’Essence divine, Paris, an X ( i 8 o 2),2 vol. in 8. Cet ouvrage,composé sept ans après tAurore naissante , est bien moins informe ; et l’on peut le regarder comme un tableau complet de la doctrine de l’auteur, sauf les éclaircissements etles nouvelles explications que présentent les
ouvrages suivants,quoiqu’ils ne forment encore qu’une portion de ses œuvres : mais elle est suffisante pour en donner idée ; et l’œuvre entière ne satisferait pas ceux des lecteurs qui n’auraient pu comprendre les mêmes choses répétées et expliquées souvent jusqu’à satiété par l’auteur même.
De la triple vie de Vhomme, édit, revue par M. Gilbert, Paris, Migneret, J 809, in 8^ C’est sur la manifestation de l’origine, de l’essence et de la fin des choses suivant les Trois Principes qu’est établie cette Triple vie comprenant la vie extérieure et cor- Aporelle, la vie propre et interne, et la vie divine, où àme entre par une nouvelle naissance, et pénètre dans l’esprit du Christ. —
^^Qaarante questions sur Vâme etc. suivies de Six points et des neuf Textes, éd. revue par le même,Paris, 1807, in 8. Ces questions qui roulent sur la nature et les propriétés de l’âme, avaient été proposées à l’auteur, par un amateur de théosophie, son maître en chimie, le docteur Balthazar Walter. Les réponses sont annoncées comme n’étant point selon la raison extérieure, mais selon l’esprit de la connaissance, d’après les principes dont l’auteur a donné les bases, et dont elles sont une récapitulation.
Ces diverses traductions forment à peu près le tiers des Œuvres de Bœhm, dont il n’y avait que deux ouvrages traduits jusqu’alors, en vieux langage : le la Signatura rerura, imprimé à Francfort, en 1664, sous le nom de Miroir temporel de VEternité et la seconde à Berlin, 1722, in 12, intitulé le Chemin pour aller à Christ.
Œuvres Posthumes de Saint-Martin.
2 vol. in 8 Tours 1807.
Un choix de Pensées de Saint-Martin par M.
Fournier.
2° Un journal depuis 1782, de ses relations, de ses entretiens et sous le titre de Portrait de Saint-Martin lait par lui-même (Portrait historique.)
3 *^ Plusieurs questions et fragments de littérature de morale et de philosophie, entre autres,divers morceaux sur la Poésie prophétique, sur Vadmiration^ sur les Voies de la Sagesse et les Lois de la justice divine.
4 ^^ Des poésies où comme on le pense bien, l’auteur s’attache plus au fond qu’à la forme ; cependant on trouve -dans le Cimetière d Amboise et surtout dans les stances sur Z Destination de l homme,
des pensées profondes exprimées avec sentiment et avec énergie.
Enfin des méditations et des prières où se peint véritablement l’homme de désir, qui forme des vœux pour que ses semblables recherchent les vraies connaissances, les jouissances pures de l'esprit en puisant dans leur propre centre et en s’élevant de là vers la source de la lumière, après laquelle il n’avait cessé de soupirer.
A cette énumération il faut ajouter, d’après celle de Matter.
Traité des nombres — Lithographié à 100 exemplaires par M. Léon Chauvin en les soins de M. Schauer avec préface de M. Matter.
Correspondance de Saint-Martin avec Kircberger Lettres à Willermoz (Publiées dans le présent vo. lume.)
Inédits
Divers traités d’occulte faisant partie des archives de l’ordre Martiniste.
M. Matter cite un certain LwreRouge qu’il nous a été impossible de retrouver. A notre avis il doit y avoir une erreur à ce sujet.