DIAGNOSTIC
« La fausse mémoire, dit M. Dugas (1894 p. 40) est une erreur totale, incompréhensible pour celui qu’il l’éprouve, et que la réflexion ne peut corriger ni réduire. » On peut donc poser avec certitude le diagnostic de fausse reconnaissance, lorsque, éiant donné un état de conscience que l’on a toutes lêiS raisons logiques de croire nouveau, ce sujet sent, quelle que soit l’évidence de ces raisons, qu’il ressent cet état de conscience pour la seconde fois.
Mais les choses ne se présentent pas toujours avec une pareille netteté.
I. —Il n’est d’abord pas toujours invraisemblable que l’évènement actuel ne soit que la répétition d’un évènement antérieur. M. Zola notamment nous dit que dans tous les cas dont il a gardé le souvenir, il n’y avait jamais impossibilité absolue. Dans des cas de ce genre, nous ne pouvons faire le diagnostic qu’en nous fondant sur le fait de la vivacité et la spontanéité de l’impression, tout à fait en désaccord avec la banalité des circonslances.
En effet, comme je le fais remarquer, il y a des faits
qui se répètent tous les jours, dans les mêmes circonstances, et cependant nous n’éprouvons à l’occasion de ces faits aucune impr^s^ion spéciale La présence d’une impression spéciale d^ connaissanc^se produisant à l’occasion de faits de ce genre, permettra d’affirmer qu’il y a fausse reconnaissance.
Ce sera donc, dans une certaine mesure, le sujet luimême, qui fera le diagnostic, et l’on peut être à peu près certain qu’il ne trompera pas, si c’est un sujet ayant eu déjà à plusieurs reprises des cas de fausse-reconnaissance nets.
II. — Il est en tout cas beaucoup plus rare de voir un pareil sujet prendre pour fausse-reconnaissance, ce qui n’en est pas, que d’observer le cas contraire, c’est-à-dire un sujet peu accoutumé au phénomène, (ou simplement mauvais observateur) méconnaître une fausse reconnaissance réelle, et la prendre pour tout autre chose, pour une prévision réalisée par exemple (cf. chap. V). Tels sont par exemple les cas de A. A. et de C. F. cités au chapitre précédent.
Les prétendues prévisions réalisées identiquement de point en point sont presque toujours de fausses reconnaissances méconnues.
III. — C’est en somme Vaspect de reproduction identique qui constitue le meilleur critérium permettant de reconnaître si l’on a affaire à une fausse reconnaissance, ou à une simple erreur de mémoire, mais il est indispensable de se rendre compte de ce que les sujets considèrent comme reproduction identique.
Envisageons par exemple une fausse reconnaissance de Leroy 5